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01.07.2009

Message du ministère de l’Endurance nationale

En plus de la très possible grogne générée par la suppression de 16 000 postes à la rentrée prochaine, ce qui ne va pas être pour déplaire à mon fils qui rêve d’intégrer une école de design en banderoles post-révolutionnaires, notre nouveau ministre de l’Éducation nationale, Luc Chatel, va également devoir faire face à Jean-Louis Leclerc, hyper-sélectionneur de l’endurance équestre française. Quel rapport entre ces deux services d’État vous demandez-vous. Y en a-t-il un, seulement, arguez-vous en plissant les sourcils, vous inquiétant très urbainement de l’état de santé de mes neurones surchauffés. Il y en a un je vous rassure… Au lendemain de la course de Compiègne, fin mai, M. Leclerc invitait, sine die (sans date précise pour les non latinistes, dont l’intégralité des copains de mon fils), ses « jeunes cavaliers » au stage annuel « Haut Niveau Juniors 2009 Endurance », présélection obligée des membres à venir de l’équipe de France junior. Fin juin, les « jeunes cavaliers » recevaient enfin leur invitation pour les 6, 7, 8 et 9 juillet. C’est-à-dire en plein pendant les résultats du Bac. Or qui dit « jeune » dit souvent « me parle pas j’passe le Bac c’est trop flippant ». Sans compter les cessions de rattrapage, qui ont lieu globalement la semaine qui suit lesdits résultats. Du coup, certains candidats à l’inestimable – mais payante faute de budget – présélection ont répondu « non le Bac d’abord ». (Je leur présenterai mon fils en temps utile…) La souplesse administrative voudrait, dans ce cas précis, que les instances dirigeantes de l’endurance française déplacent la date du stage, ne serait-ce que d’une semaine – le temps de réviser rapide les algorithmes inversés de Foucault pour la cession de rattrapage et s’offrir une mention c’est bon vous pouvez y aller. Mais on a la souplesse de ses artères, comme disent les vieux singes pétris de cholestérol. Et la chose semble impossible – je cite un mail des services secrets de M. Leclerc : « Le planning  très chargé du mois de juillet mais également le positionnement de ce stage entre les épreuves de sélection et le stage de sélection définitif des 4 et 5 août ne permet aucune autre alternative pour la date ce stage de préparation. » Aussi, devant un planning aussi « chargé », j’ai cru comprendre que Jean-Louis Leclerc devait se rendre en juillet au Brésil pour conférencer sur le futur de la discipline, je suggère que les dates officielles du Bac soient tout simplement déplacées afin qu’elles s’adaptent à celles de l’Endurance nationale.

The best french championship in the World

680976836.jpgCertes, mon cheval parlant très peu la langue de Molière, lisant uniquement la presse italienne, et moi-même restant concentré sur des affaires hautement stratégiques concernant une semaine de vacances en Espagne, l’« événement » nous a échappé. Il faut dire, aussi, que ledit « événement » a su rester discret, relativisant ainsi le chauvinisme dont nos voisins jaloux nous affublent honteusement. Donc, les 17 et 18 juillet prochains auront lieu, à Montluçon, capitale de la cédille, les « Championnats de France d’Endurance Équestre ». Une spécialité naissante pour les organisateurs, qui géraient déjà, l’année dernière, cette fête nationale. Une aubaine pour Joël Liconnet, président du T.C.O, l’organisateur donc, qui ne se prive pas, dans son édito sur endurancemontlucon.com, car Internet n’aime pas les cédilles, de remercier chaleureusement la FFE. Qui, visiblement, même pour le rendez-vous annuel de l'endurance Française, n’a pas (non plus) les moyens d’investir dans une communication, pourtant possiblement peu coûteuse, indispensable à une discipline mal connue du grand public et à la motivation des cavaliers – malgré les « généreuses récompenses » annoncées par M. Liconnet. Mais ne boudons pas notre plaisir, et allons nombreux soutenir notre championnat. D’autant que c’est écrit sur l’affiche : « entrée gratuite ». Ce qui n’est pas forcément bon signe pour la prochaine édition…

La danseuse du PMU

146218414.jpg(Le "All Black Bike" by Hublot)

Depuis vingt ans le PMU pédale dans la foule du Tour de France – qui, ceci explique sans doute cela, représente sociologiquement son fond de commerce. (Ce n’est pas la seule enseigne à suivre la grande boucle, puisque les magasins Champion portaient jusque l’année dernière, remplacés en 2009 par Carrefour, le maillot à pois du « meilleur grimpeur », célèbre pour l’insu du plein gré de son plus illustre représentant national. Passer du « champion » au « carrefour », d’ailleurs, pourrait bien représenter une volonté, consciente ou non, sémantique en tout cas, d’un passage de témoin entre ceux qui veulent gagner à tout prix et ceux qui ont le choix de perdre. Une nouvelle pas forcément positive pour le spectacle toujours hallucinant des épreuves de montagne.) Pour célébrer ses vingt ans de maillot vert du « meilleur sprinteur », donc, le PMU, qui court plus vite que son ombre, « enrichit son dispositif » par l’apposition de son logo sur les dossards, qui pourtant n’en manquent pas, une animation galopante de six mille points de vente, et surtout un site, sprintgagnant.com, en construction à l’heure torride de ces lignes, afin de lancer un « concours de pronostic ». Comme si le PMU voulait s’entraîner aux paris en ligne…

26.06.2009

Le prix de Diana

Pizza tapas

Que ceux d’entre vous qui ne sont pas, là tout de suite, à Madrid faute de savoir qu’il s’y passe autre chose que des corridas, se rassurent : ils pourront, à leurs frais, dès le week-end prochain, se rendre à Gubbio, au sud de l’Italie du Nord, où se déroulera, le week-end prochain, une CEIO*** valant pour la Nations Cup 2009 – et, accessoirement ne soyons pas chauvins, pour le championnat d’Italie. Cerise sur le tiramisu, le cavalier le plus « combatif sur la dernière boucle » (si quelqu’un a une meilleure traduction qu’il n’hésite pas à m’envoyer sa méthode Assimil) recevra le Prix Faris Jabar International, à savoir un trophée original spécialement créé par un artiste italo-espagnol, Alba Gonzales. Comme quoi tout se recoupe.
Pour réviser votre italien équestre, ici : www.faulaarabs.com

Cro-Magnon de la libération

1951722971.jpg(Photo : Ryan McGinley pour Wrangler)

Voici un an l’animalité parcourait déjà les pistes sauvages de ce blog en faisant référence à la campagne de communication Wrangler, signée par l'agence Fred & Farid, qui replaçait l’Homme dans sa dimension primitive de bête à poils – d’où son nom de code : We are animals. Aujourd’hui, cette approche post-rousseauiste de l’humanité se voit récompensée par un Grand Prix au 56ème Festival International de la publicité, qui vient de s’achever à Cannes. Une tendance aux sources qui vient confirmer le revival préhistorique ambiant, à une époque où nous préférons manger un poireau vivant plutôt qu’un poisson mort. Un retour avant le déluge qui, sans aucun doute, nous rappelle au bon souvenir de notre instinct (symbole oublié d’une liberté sans aucune contingence à part les tyrannosaures voraces et les voisins cannibales). Instinct contre lequel, justement, nous essayons quotidiennement de lutter au volant d’un cheval affolé par la première tondeuse à gazon à l’affût derrière une haie. Paradoxe. Nous cherchons à retrouver notre nature tout en continuant à tenter de maîtriser celle de ceux qui l’ont gardée intacte – malgré un contact millénaire avec nous les Hommes qui le valons bien. Mais peut-être ceci explique-t-il le fait que nous continuons, sans raison raisonnable, de monter à cheval.

24.06.2009

Débat de l’eau

1493082664.jpg(Photo : Cédric Delsaux)

S’il est un sujet vital, pourtant rarement abordé ici mea culpa, c’est bien celui de l’eau. L’eau. « Ce liquide incolore qui trouble le Ricard » – j’emprunte cette phrase à un lycéen désespéré devant son interro de chimie voici quelques années. L’eau. Enjeu stratégique majeur et ligne de fracture politique du côté de la mer morte. L’eau. Élément indispensable à la vie, à la douche, à Cologne, au Pape le dimanche, à la piscine des Tourelles, aux crapauds, aux Canadairs, aux cucurbitacées de tout poil, à ma fille après une glace au chocolat, aux Karcher, au delà… L’eau. Indispensable également à l’endurance, car sans elle pas de récupération (je rappelle aux débutants que durant une course, pour faire très vite redescendre son rythme cardiaque, il faut déverser sur un cheval l’équivalent de deux ou trois baignoires – pas d’un coup, le cheval n’ayant jamais été, même à l’époque des dinosaures à poils durs, un mammifère marin). Sans compter que, hormis le mien qui a des cousins polonais, à la différence de nous les Hommes, le cheval ne boit jamais de champagne, à cause des bulles et des associations de lutte contre le dopage. L’eau, donc, pose aujourd’hui à nos surconsommantes consciences la question universelle de notre essence : pas d’eau, pas d’vie. Il nous faut la protéger. Y compris sur une course d’endurance, épreuve d’harmonie entre l’Homme, l’animal et la nature. Pourtant, souvent, les cavaliers gaspillent des quantités diluviennes de cette flotte royale, formant dans le sol ramolli des lacs sans fond de boue inutile. Floc Floc. Que faire alors pour limiter ces pertes ? Légiférer – ajouter un article aux dix-huit tomes de l’annuaire juridique FEI ? Convaincre les cavaliers et leurs assistances – offrir un DVD de Home à chaque participant ? Inventer puis imposer un matériel intelligent – brumisateur géant, bassines à couvercle, jets d’eau à pompe cardiomètrée ? La question se pose. Ce qui est déjà bien en soi. Reste à trouver, ensemble, une réponse adaptée. Autour d’une coupe de champagne, s’il le faut…

Brèves de Qatar

1891420713.jpg(Photo : Oliver Kühl)

Lundi dernier la Garde républicaine accueillait à cheval cheikh Hamad ben Khalifa Al-Thani, plus connu sous l’appellation « émir du Qatar », par ailleurs passionné de chevaux arabes. Accueil très cavalier de l’Élysée, donc, où la pratique de l’équitation pèserait peut-être, enfin, sur certaines approches protocolaires. Enfin l’hypothèse reste à démontrer… Objectif annoncé de ce voyage très officiel, « renforcer le partenariat stratégique entre les deux pays ». Soit, en langage très officieux, vendre quelques Airbus et une usine pour en fabriquer les roues de secours. Pendant ce temps-là, à Doha, capitale ultra-innovante du Qatar, Robert Ménard, fondateur pit-bull de Reporters sans frontières, annonçait sa démission de la direction du Centre de Doha pour la liberté d'information, créé en 2007 sous l’impulsion gracieuse de cheikha Mozah bint Nasser al-Masnad, épouse de l’émir. Une initiative courageuse et intelligente dans une région qui hésite entre les maillots de bain Gucci et la burqa. Mais une entreprise bloquée, d’après M. Ménard, par des grains de sable volontairement jetés dans les rouages. « Aujourd'hui, le Centre est asphyxié. Nous n'avons plus ni la liberté ni les moyens de travailler. Certains responsables qataris n'ont jamais voulu d'un Centre indépendant, libre de s'exprimer en dehors de toute considération politique ou diplomatique, libre de critiquer le Qatar lui-même : or, comment être crédible si l'on passe sous silence les problèmes dans le pays qui vous accueille ? » Rappelons au passage que le président du Centre en question, cheikh Hamad ben Thamer Al Thani, est également à la tête de la chaîne Al-Jazeera. Ceci expliquerait peut-être cela, ce qui serait grave, voire prouverait le contraire, ce qui serait pire. Quoi qu’il en soit, les cavaliers que nous sommes, surtout vous, pouvons jouer un rôle, modeste sûrement mais qu’importe, dans cette lutte sourde contre la liberté d’expression au sein d’un pays qui aime nos chevaux. Car le cheval, à l’instar des souris avec les studios Walt Disney, créé un lien entre eux et nous, et le cheval représente universellement un symbole de liberté – sinon j’aurais continué le ping-pong. À nous, donc, qui en avons l’occasion, d’entretenir ce pont de liberté qui nous unit (un pont à quatre voies, si possible). Une théorie qui s’adresse bien plus encore aux amateurs d’Akal Téké, dont le berceau se trouve du côté de l’Iran…

CSO leader

Le résultat relève suffisamment de l’exploit pour être surligné en jaune : la victoire, vendredi dernier à Rotterdam, dans l’autre pays du fromage, de l’équipe de France de CSO à la Coupe des Nations. Un exploit d’autant plus remarquable que depuis 2005 nos chevaux semblaient avoir oublié qu’il faut passer par-dessus les barres… Une victoire acquise notamment grâce à Pénélope Leprévost, étoile brillante et bondissante du saut français, dont Laurent Elias, entraîneur national de son état, pense le plus grand bien. « Pénélope a signé un barrage magnifique. Jubilée d’Ouilly, son cheval est une vraie fusée. Tous les deux ont battu l’un des meilleurs couples au monde. Cela fait très plaisir de gagner de cette façon, surtout après l’humiliation de Saint-Gall ». Saint-Gall, sale goût… Mais une victoire peut en cacher une autre, comme on dit parfois à la SNCF. Car c’est bel et bien une équipe qui a gagné. Une équipe qui depuis plusieurs années faisait faux-bond, si j’ose dire, à notre représentation nationale de saut. D’ailleurs M. Elias, successeur du regretté Gilles Bertran de Balanda, accidentellement limogé dans le Poitou par la FFE, semble découvrir ou redécouvrir l’importance de la « solidarité » entre les membres d’un groupe. En endurance aussi, l’équipe de France doit s’imprégner du mot « solidaire ». Quelqu’un veut-il faire une rime en « r » ?

22.06.2009

Cheval journal

709886147.jpg(Illustration : Container)

Nous évoquions ici même, voici peu de temps, les difficultés du magazine Cheval Attitude, contraint de trouver, donc de chercher, quelque soutien financier auprès des « particuliers » (c’est-à-dire nous). Mais une journaliste professionnelle dont je préfère garder secrète l’identité pour des raisons de sécurité intérieure me fait part des résultats de son enquête discrète et minutieuse concernant l’état général de la presse écrite équestre. Je sais, les trois mots précédents sont durs à dire. Si je reprends telles quelles les conclusions de mon enquêtrice, le tableau s’avère plus sombre encore que celui devant lequel un vieux professeur de latin, champion de lutte gréco-romaine, me torturait à coups de clé de bras au nom de la défense des déclinaisons mortes. Oui, en cette année de croissance négative la presse grimpe la descente à l’envers. Cheval arabe sport, La revue technique du cheval, Journal de l’équitation et Les cahiers de l'âne : disparus en mer. Corps et biens. Courses hippiques Magazine et Chevaux&Poneys Magazine : morts au combat – dans le cas du second, les anciens combattants ont pu se recycler dans le virtuel et créer cheval-savoir.com. Randonner à cheval : était censé réapparaître en avril après une fugue de plusieurs mois – si quelqu’un l’a vu, merci de prévenir les autorités. Les cahiers du cheval arabe : disparu des kiosques depuis un moment. Endurance Équestre : n’est plus – mais tel un Phénix qui ne se contente pas d’un pavillon, LE magazine de l’endurance équestre d’où son nom devrait prochainement renaître de ses cendres, sous un autre plumage, car pour ceux d’entre vous qui n’ont jamais fait de latin avec un bras attaché dans le dos, le Phénix est une sorte de poule géante qui repousse quand on a fini d’en grignoter l’os de la cuisse.

Triste réalité d’une crise mondiale en France sauf à Neuilly. Mais pour ne pas finir de nuit dans le brouillard, je rappelle que certains supports vivent toujours, comme L’Éperon, Cheval Magazine ou Le Cheval – que ceux que j’oublie n’hésite pas à m’appeler. Enfin, j’ai le plaisir d’annoncer la parution du N°2 de Cheval Arabe News. Qu’on peut lire même sans avoir vu le premier. On ne peut pas en dire autant de Harry Potter.

 

Erratum en série. Parce qu’il n’y a pas que l’ours dont on ne doit pas jeter la peau avant de l’avoir amadoué avec un emprunt national à 5% de taux d’intérêt, je découvre que le cuir du cheval possède la même résistance que celui du rhinocéros ougandais – celui-là même que Tintin tentait de disperser façon puzzle à la dynamite. En effet, les représentants de plusieurs journaux cités plus haut ont réagi avec la plus grande célérité sur leur état de santé. Je corrige donc le diagnostic. Sont en pleine forme : Grand Prix magazine, Randonner à cheval, Les Cahiers de l'Âne (dont le N° 33 sort le 1er juillet à 8h00), Les Cahiers du cheval arabe et Cheval Pratique (qui boucle actuellement son 233ème numéro). En espérant que les rédactions concernées n’en voudront pas trop à mon vieux professeur de latin...