01.09.2010
Du Monde au balcon
À moins d’être surentraîné il fallait y aller doucement sur le schnaps, le week-end dernier à Frankfort (Allemagne). Parce que ça peut surprendre, un tigre géant qui saute d’un immeuble à l’autre… Happening assez délirant, donc, d’un point de vue technologique (animation vidéo mise en scène par l’agence Gelée Royale). L’action est signée WWF, qui veut « nous sensibiliser au sort du félin menacé d’extinction ». Résultat fulgurant puisque la page Facebook dédiée à la pétition Tu’s für den Tiger ! – Fais-le pour le tigre ! (l’opération étant gérée par WWF Allemagne, ceci explique cela) – compte déjà près de 23 000 fans. Pendant ce temps-là, décidément très active, la fondation World Wide lançait, en France cette fois, une campagne pour nous convaincre d’utiliser des emballages respectueux de l’environnement – en l’occurrence des boîtes Tetra Pak. Une campagne beaucoup plus classique. Comme si aujourd’hui en France on préférait mettre un sanglier dans son duvet qu’un tigre dans son moteur. C’est déjà ça…


28.08.2010
JEM, JEM pas
« L’équipe sera construite autour d’une solide ossature d’habitués des échéances internationales. On retrouve trois des couples du dernier championnat d’Europe, ainsi que Virginie Atger présente en Italie, mais avec une nouvelle monture, Azim de Florival. La provençale avait remporté l’argent individuel et l’or par équipe aux JEM d’Aix-la-Chapelle. Elle est la seule rescapée d’Aix-la-Chapelle mais Jean-Philippe Frances et Hanaba du Bois étaient champions d’Europe en 2007. Blessée lors du championnat d’Europe 2009, la fille de Persik a depuis retrouvé toute sa forme et remporté le CEI *** de sélection de Compiègne. »
(Site cavadeos.com)
« En individuel, lors des derniers JEM, Virginie Atger et Élodie le Labourier avaient respectivement remporté l’argent et le bronze. À Lexington, les Bleus auront donc des médailles à défendre, dans une discipline qu’ils dominent depuis de nombreuses années. »
(Site grandprix-replay.com)
Depuis hier matin la presse web spécialisée se fait l’écho du communiqué lapidaire de la Fédération Française d’Équitation (FFE) annonçant la sélection officielle de l’équipe d’Endurance qui participera aux Jeux Équestres Mondiaux (JEM) de Lexington (Kentucky – USA).

Fin de communication.
Libre à nous, dans ces conditions pour le moins laconiques, de tenter d’extrapoler afin de comprendre cette sélection-là – dont la qualité reste indéniable. La question étant de comprendre pourquoi ces couples-ci plutôt que les autres.
Côté résultats, cette sélection définitive s’appuie sur deux piliers. Virginie Atger, championne du Monde par équipe en titre et vice-championne en individuel, vainqueur cette année avec Azim du Florival de la CEI*** de Rambouillet, et Jean-Philippe Frances, champion du Monde par équipe 2002, champion de France 2006 avec Hanaba du Bois, champion d’Europe 2007 et, toujours avec son cheval fétiche, victorieux en 2010 sur la CEIO*** de Compiègne. Ce qu’on appelle le gratin… Viennent ensuite deux cavalières confirmées. Avec Gwellik du Parc, Caroline Denayer Gad a plusieurs fois brillé à Compiègne, où elle gagne en 2007, puis en 2009 par équipe. Toujours en 2009, la jeune femme participe au Championnat d’Europe d’Assise (Italie). Cette année, elle termine 8ème sur la CEIO*** de Compiègne et participe à Lexington au pré-ride. Bénédicte Santisteva quant à elle finit, avec Djour de Bozouls, 8ème en 2008 sur la CEI*** de Montcuq, 9ème en 2009 sur la CEIO*** de Compiègne, participe cette même année au Championnat d’Europe d’Assise, puis, toujours à Compiègne, se classe 16ème en 2010. Enfin, Sarah Chakil, la cadette de l’équipe, se classe cette année avec Sakalia sur deux courses de sélection à ces JEM – Tartas (CEI**), où elle termine 3ème, et la CEIO*** de Compiègne, où la jeune fille prend la 5ème place. Et elle participe, elle aussi, au pré-ride, à Lexington.
Côté cavalerie, le choix semble s’être détourné des préceptes initiaux du sélectionneur national, Jean-Louis Leclerc, pour qui les chevaux de huit ans, qui « ont beaucoup de fraîcheur », sont ceux « qui nous ont fait gagner aux derniers Jeux Mondiaux ». Or, si sur la liste des onze chevaux présélectionnés figuraient cinq « 8 ans », seuls deux d’entre eux sont retenus – Azim du Florival (Virginie Atger), 2ème au Mondial des 7 ans 2009 à Compiègne, et Sakalia (Sarah Chakil). Djour de Bozouls (Bénédicte Santisteva) a 12 ans, Hanaba du Bois (Jean-Philippe Frances) en a 15, et Gwellik du Parc (Caroline Denayer-Gad) 16. Si la valeur ne compte pas le nombre des années, la « fraîcheur » n’est visiblement pas la caractéristique première de cette short list. Comment interpréter ce changement de cap ? Éventuellement par une stratégie déterminée. On peut ainsi supposer que l’un des deux « 8 ans » représente la chance française d’un classement individuel. Virginie Atger se trouve la mieux placée pour tenter sa chance. Auquel cas Jean-Philippe Frances prendrait la direction des opérations pour le classement par équipe. À moins que Jean-Philippe ne joue lui-même la carte de la victoire, laissant les filles courir en équipe sous l’égide de Virginie. Toute autre équation semble, sur le papier du moins, difficilement envisageable – ou, du moins, paraîtrait imprudente (même si la prudence ne rime pas forcément avec le succès)…
Reste donc maintenant la question de savoir pourquoi cette short list plutôt qu’une autre.
Un jour ma grand-mère offre à mon grand-père deux cravates, une rouge une bleue. Mon grand-père essaye la rouge, et ma grand-mère de rétorquer « tu n’aimes pas la bleue ? ». Petite parabole récréative pour insister sur un point d’évidence : une sélection, par définition, sélectionne. Tautologie qui implique d’éliminer des candidats. C’est la tâche compliquée du sélectionneur. Néanmoins, en l’occurrence certaines décisions restent quelque peu opaques. Parmi les « 8 ans » possibles de la long list, par exemple, figuraient notamment Easy Fontnoire et Odyssée de Crouz. Deux chevaux de premier ordre montés par un couple de cavaliers au top de la discipline, Cécile Miletto et Laurent Mosti – qui à eux deux ont dû courir l’équivalent d’un Paris-Melbourne (aller-retour). Techniquement et stratégiquement, rien ne peut expliquer de façon cohérente leur absence. Tout du moins rien de tangible au regard de ce que le public en connaît. Difficile, alors, pour ce public, de comprendre les choix d’une sélection, de cette sélection, et d’en accepter telle quelle la composition.
Au risque de s’interroger sur les méandres de sa genèse. Car si Jean-Louis Leclerc agit très certainement en son âme et conscience de sélectionneur national et de vétérinaire, il doit également agir, n’en doutons pas non plus, sous la contrainte d’un phénomène qu’en politique on appelle « les intérêts vitaux de la Nation ». Plus modestement, un sélectionneur doit conjuguer avec les intérêts d’une fédération elle-même en butte à ceux de « l’équitation nationale » – subtil équilibre entre les nombreux éléments de son organigramme et les différents acteurs extérieurs. Dans les pays anglo-saxons les experts appellent ça du lobbying. Il s’avère alors délicat, voire impossible pour le sélectionneur de commenter ses décisions. Idem, a fortiori, pour la FFE. Ce qui explique, toujours sans aucun doute, pourquoi la fédération ne communique pas la moindre information superflue sur ses décisions, reflet opérationnel de son mode de fonctionnement interne, notamment à l’heure où ses décisions s’avèrent de première importance – la gestion d’un événement mondial par exemple…
Mais la situation n’est pas pire, comme on dit à Madagascar. D’abord parce que, sur le terrain, ce sont les cavaliers qui tiennent les rênes, et ils donneront tout ce qu’ils auront – eux et leur monture bien sûr. Et ensuite parce que ces Jeux Équestres Mondiaux génèrent déjà un mouvement positif. En effet, d’après la Fédération Équestre Internationale (FEI) qui vient de communiquer la liste des engagements définitifs, si seuls quatre pays (Australie, Canada, Allemagne, USA) sont inscrits dans les huit disciplines au programme, toutes les nations présentes à Lexington aligneront une équipe sur l’épreuve d’Endurance – démonstration de la popularité de cette discipline… Ce qui annonce, espérons-le, un grand spectacle, et promet une sévère concurrence. C’est pourquoi il va nous falloir ici, quoi qu’il en soit, supporter le bleu et oublier le rouge.
Rendez-vous le 26 septembre.
12:39 Publié dans Équitation d'Endurance | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : sélection endurance équestre jem 2010, endurance aux jem lexington, composition de l'équipe de france endurance aux jem 2010, sélection officielle ffe aux jem, jem 2010, jem, endurance équestre, sélection officielle endurance jem 2010
Un ange parmi les roses
– Allo chéri, tu peux venir couper la ficelle du ballot de paille je suis dans l’écurie…
– Quoi ? Mais je suis à la cave… T’as encore perdu ton couteau ?
– Pas du tout, je l’avais posé dans la cuisine et il a disparu…
Là, messieurs, en général vous regrettez 1/ d’avoir construit l’écurie à 600 mètres de la cave et 2/ d’avoir emprunté le couteau de votre femme pour couper le jambon planqué au grenier. Que tout le monde se rassure, ce temps-là est définitivement révolu. Le site hoofprints.com propose depuis peu un couteau spécial écurie très particulier : il est rose. Oui, rose – bien que pliant, en « aluminium anodisé » (plus dur, donc, que le titanium expansé cher à Wonderwoman qui s’en fait des soutien-gorge pare-balles), d’une taille « adaptée » (4 pouces fermé, 7 pouces ouvert – attention, donc, à ne pas vous couper), et bien entendu équipé d’une « encoche à lame protégée qui vous permet de couper les ficelles de foin en un tournemain ». Bref, un vrai couteau d’homme pour vous les femmes que, théoriquement, aucun homme ne vous volera au prétexte que sortir de sa poche un couteau rose en plein pique-nique avec les voisins ça fait désordre. Et au cas, mesdames, où votre entourage masculin serait majoritairement daltonien, il existe un modèle de luxe, toujours aussi rose, portant l’inscription métaphysique suivante : Never ride faster than your gardian angel can fly – Ne cours jamais plus vite que ton ange gardien peut voler. Ne vous restera plus qu’à entraîner votre ange pour sa prochaine CEI… Prix catalogue (hors frais de port) : 14,95$ le modèle standard, 19,95$ la version philosophique.

11:34 Publié dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : couteau d'écurie pour femme, hoofsprint, couteau d'écurie rose
Médor dîne
Tandis qu’une ménagère britannique fait l’objet d’une chasse à l’homme sur Facebook pour avoir enfermé un chat dans une poubelle, un automobiliste américain se fait arrêté avec « un chat vivant, salé, mariné dans l’huile et couvert de piments », prêt à cuire donc, dans le coffre de sa voiture. Deux faits-divers qui soulèvent, au-delà des interrogations existentielles sur les affres de la psychologie humaine, quelques questions relatives à la protection animale, notamment d’un point de vue juridique. Dans le cas du chat dans la poubelle, Mary Bale, 45 ans, a expliqué au journal The Sun qu’il s’agissait d’une « blague », ajoutant atterrée qu’elle ne comprenait pas « pourquoi cette histoire faisait tant de bruit ». « C’est juste un chat ! » lui faisant office de conclusion. Certes, ce n’est jamais que ça, un chat, et un chat ça ne parle pas. Et celui-ci pas plus qu’un autre. Par contre, la caméra de surveillance installée devant la poubelle (très prudents, les Anglais…), elle, dévoile tout. Et c’est par ce biais que les propriétaires du chat concerné, via la mise en ligne de cette vidéo, ont décidé de démasquer la coupable. Dans les 24 heures, le groupe Facebook « Pour que la Britannique soit enfermée pour avoir jeté le chat Lola dans une poubelle » comptait 4 000 fans. Pourtant, en termes de droit Mme. Bale n’a commis aucune infraction – d’autant que « Lola » (a priori une femelle, donc) s’en est tirée saine et sauve après 15 heures dans les ordures. Seule la société royale de protection des animaux (RSPCA), qui a « lancé une enquête », prévoit d’interroger la fautive. Aux États-Unis, en revanche, la loi s’avère beaucoup plus stricte. Gary Korkuc, poursuivi pour cruauté envers les animaux, risque davantage que son homologue britannique – même s’il explique la présence d’un chat en sauce dans son coffre par le fait que son félin, « possessif, gourmand et gaspilleur », mérite d’être mangé. Intrigué par le cas, le site slate.fr a tenté de faire le point sur le droit, ou non, de manger nos animaux domestiques. « Existe-t-il un moyen légal de cuisiner et de manger son chat ? » Après tout, un chien sur le divan ou un coq dans le poulailler sont autant l’un que l’autre des animaux domestiqués… Synthétiquement, l’article précise que la loi américaine (du moins en Californie), si elle permet sans le dire de consommer son chien, en « interdit la possession du cadavre ». Interdisant du même coup tout éventuel commerce – la transaction commerciale restant outre-Atlantique la base de la relation sociale, donc du rapport juridique aux autres. Illustration éclairante de l’esprit de la loi américain, qui vaut bien le nôtre, irrémédiablement axé sur la propriété privée. D’ailleurs, quelle est la situation en Europe ? « En France, aucune loi n’interdit spécifiquement de manger un chat ou un chien. En cas de fringale ou d’invités impromptus, théoriquement vous ne risquez rien d’autre à passer Félix au barbecue que la rancune de vos enfants et la gratitude éternelle de leurs futurs psys. » La morale semble bien notre seul interdit en la matière… L’article indique néanmoins que « tout dépendra en fait de votre méthode d’abattage de l’animal. Il est en effet prévu par la loi que des particuliers puissent tuer les poulets ou lapins qu’ils élèvent pour leur consommation personnelle. Mais dans tous les cas, la méthode d’abattage doit respecter certaines règles, notamment l’étourdissement avant la mise à mort. Il convient donc de tuer son chat ou son chien sans cruauté et en respectant les principes d’hygiène de l’abattage. » Quelques conseils, cependant, à ceux qui voudraient se lancer dans la cuisine domestique : il est interdit de vendre de la viande de chien ou de chat dans un restaurant. Ni à la télé puisque, « en février dernier, en Italie, un chef animant une célèbre émission de cuisine a dispensé des conseils sur la façon d’accommoder la viande de chat, ce qui lui a valu d’être renvoyé illico presto par la chaîne ». Une exception, la Suisse Romande, où « il n’est pas si rare de consommer de la viande de chat, surnommé autrefois le lapin des toits dans les campagnes, souvenir des époques de pénurie alimentaire. Il paraît même que c’est très bon. » Médor et Félina ont décidément intérêt à bien observer le taux de remplissage du frigo de leur maître. Quant à Sultan l’étalon, il peut garder la tête froide, il ne tient ni dans une poubelle, ni dans un coffre.
11:27 Publié dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : britannique jette un chat dans une poubelle, chat à la poubelle, video youtube une femme jette un chat dans une poubelle, mary bale, rscpa, manger un chat, droit relatif à la consommation d'animaux domestiques, peut-on manger un chat ou un chien en france, slate.fr, droit des animaux
26.08.2010
La bataille de Compiègne
Déjà remarquable en 2009 pour sa position très pointue sur la tenue réglementaire des cavaliers, la Fédération Équestre Internationale (FEI), à travers son responsable des « sports non olympiques » et plus spécifiquement de l’Endurance, Ian Williams, s’en est pris cette année à la « mauvaise gestion de course » de quelques cavaliers, à l’occasion du Mondial jeunes chevaux de Compiègne, le week-end dernier. Les cartons rouges ont volé, avec des mois de suspension à la clé. Mais sachant que les cavaliers en question formaient le podium de cette course, que leur reprochait exactement M. Williams ? Et bien tout simplement de ne pas arriver au sprint, n’offrant ainsi pas le moindre spectacle que semble mériter l’événement. Et il est vrai que Melody Theolissat, sur Padichah du Paon, a remporté la victoire des « 7 ans » au pas – malgré une tentative de petit trot très mal vécue par son cheval. Il faut dire, aussi, que l’épreuve en a été une pour ces jeunes montures, qui couraient pour la première fois, à cause d’un règlement pour le moins inadapté, une « 130Km », de surcroît sous un soleil comme les touristes aimeraient en voir plus souvent… 38 chevaux sur la ligne de départ, 18 à l’arrivée. Et une arrivée très largement marquée par des « 7 ans » lessivés – l’un d’eux, éliminé juste après, s’écroulant même sur la glissière de l’hippodrome, pour être porté à bout de bras musclés jusque sous la douche. Une situation plutôt dramatique due également à un départ canon de quelques jeunes cavaliers dont la plupart, les statistiques ne mentent jamais, ne sont finalement pas allés loin. Difficile donc, dans ces conditions, de sprinter à l’arrivée. Heureusement, deux heures plus tard, pour l’arrivée des « 8 ans », qui eux comme ils sont grands couraient une « 160Km », le public a repris du poil de la bête avec la très souriante Cécile Totain et Aljay des Agachiols, au grand galop, poursuivis par Sébastien Valerio sur Ainhoa le Fol – qui malheureusement ne passera pas le dernier vetgate. Pourtant, la prestation des deux cavaliers n’allait pas calmer les nerfs de M. Williams qui, le lendemain pendant le Trophée des Sponsors (130Km), collait un nouveau carton rouge à Philippe Tomas qui, en tête, passait pourtant la ligne sur un Bamboulla au grand galop. Mais Philippe est comme ça, démonstratif et généreux. Aussi était-il assis à l’envers sur sa selle, saluant le public depuis la queue de son cheval… M. Williams a sans doute vu là une sorte de sacrilège. Sauf que l’abus de pouvoir et le tatillonage administratif ont toujours été en France un point de ralliement pour les citoyens révoltés. Échaudés par les blâmes de la veille, puis par le refus adressé à l’équipe du Qatar de participer à l’épreuve en raison d’une « inscription tardive », les cavaliers, soutenus par les vétérinaires eux-mêmes très agacés par les conditions de course de la veille, ont su faire pression sur Denis Letartre, président du jury. Qui, prenant ses responsabilités, a su convaincre Ian Williams de remettre ses cartons dans le coffre de sa Jaguar. Une sage décision qui a calmé tout le monde. Enfin presque puisque les Qataris, pendant ce temps-là, levaient le camp, sans oublier de réclamer, de bonne foi, le remboursement du montant de leurs engagements ainsi, semble-t-il, que l’argent de leur participation à l’organisation… Une édition 2010 du Mondial jeunes chevaux décidément très difficile pour son organisateur, qui déjà avait dû faire face au retrait de Dubaï, son principal sponsor. Une série noire qui pose une question : le « Mondial des 7 ans » a-t-il vraiment, dans ces conditions, une raison d’être ?
17:20 Publié dans Équitation d'Endurance | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : fei, fédération équestre internationale, ian williams, mondial jeunes chevaux endurance, endurance compiègne, chmpionnat du monde endurance 7 ans, melody theolissat, cecile totain, sebastien valerio, trophee des sponsors compiègne, trophée des sponsors 2010, philippe tomas
Macadam cow-boy
La parabole est limpide : la ville enferme, la nature libère. Une réflexion « tendance » au regard du prochain roman de Michel Houellebecq, La carte et le territoire (parution le 8 septembre), qui met Jean-Pierre Pernaut (présentateur à terroir du JT de 13h00 sur TF1) au Panthéon des visionnaires – comme quoi écrire peut s’avérer dangereux pour la santé mentale… Aujourd’hui c’est donc au tour de la chanteuse Camélia Jordana, dans son dernier clip Calamity Jane, de nous rappeler que la campagne est au bout du bitume et qu’il suffit de suivre les quais de Seine pour arriver au Paradis des amoureux de la liberté. Partant à cheval de la Place des Invalides (75007 Paris) et en respectant les feux rouges (peut-être une recommandation de la Sécurité Routière), la chanteuse part pour un voyage quasiment initiatique vers les verts pâturages d’une destination symbolique au milieu des pâquerettes. Si musicalement le rythme est légèrement mou, ce qui explique sans doute le cardiaque visiblement très bas du Pinto de Camélia, l’ensemble nous rappelle que dorénavant les cow-boys ne grillent plus les stops. Et que les chevaux préfèrent la verdure au Pont Alexandre III. Un hymne à un retour aux sources donc, un appel à la résistance au progrès et aux selles plates. D’ailleurs la chanson figure sur un album au titre révolutionnaire : Non non non. Si.
ERRATUM. Le Pinto de Camélia serait en fait un Appaloosa. Toutes mes excuses pour cette confusion qui fait de moi le dernier des cow-boys. Je pars immédiatement suivre un stage à la fondation John Wayne… Et merci à E. Larcade pour son attention particulière.
07:36 Publié dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (5) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : michel houellebecq, la carte er le territoire, camélia jordana, calamity jane, clip camélia jordana, clip cheval à paris, cheval à paris, cheval, pinto, album non non non
25.08.2010
Bulletin météo : Show
Éleveurs et esthètes randonneurs, sortez vos agendas. Le 21 octobre prochain se tient, au Salon du Cheval d’El Jadida (au Maroc, donc, pour ceux qui auraient oublié leur GPS dans la voiture), le Concours International de Chevaux Pur Sang Arabe. Un concours « modèles et allures » de catégorie « International C Show ». C comme crème. Les principaux chevaux du moment seront là… Attention néanmoins si vous souhaitez inscrire Sultan au tableau : 1/ les pré-engagements seront clos le 16 Septembre 2010 à minuit (si vous n’avez pas de clocher dans le voisinage, programmez votre iPhone) et 2/ le nombre de participants est limité – à douze chevaux dans le cas de la France. Une décision prise par l’Association Royale Marocaine des Éleveurs de Chevaux Arabes, qui organisation l’événement. Qui représente une bonne occasion pour les touristes de faire durer leurs vacances, et aux autres de réviser leurs fiches avant le Championnat du Monde du Cheval Arabe, qui se tiendra quant à lui pendant le Salon du Cheval de Paris-Villepinte, le 12 décembre pour être précis.
18:49 Publié dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : concours international de chevaux pur sang arabe, show maroc, modèles et allures el jadida maroc, show, concours modèles et allures, championnat du monde du cheval arabe, salon du cheval paris 2010, international c show maroc
Philosophie du droit fédéral
(Photo : Albert Bauer Studios)
Co-directeur de l’association Sport et Citoyenneté, un think-tank européen qui a «pour ambition l’étude et la promotion des valeurs fondamentales du sport afin de les mettre au service de la société», Colin Miège s’interrogeait dernièrement sur la question, épineuse en France, de la « modernisation de la gouvernance publique du sport ». En effet, «l’originalité du modèle français est de considérer que le développement du sport est une mission de service public, et d’y associer les fédérations sportives qu’il aura préalablement agréées». Et «cette construction juridique confère un rôle central à l’État, car elle permet au ministre chargé des sports d’exercer une tutelle sur le fonctionnement des fédérations, tandis que les conventions d’objectifs qu’il établit avec elles lui donnent la possibilité d’orienter leur action, tout en leur attribuant des subventions» – quand subventions il y a… « Ce mode d’organisation, qui a longtemps fait l’objet d’un consensus au-delà des politiques successives, est aujourd’hui remis en cause, car il ne paraît plus en phase avec la réalité, du fait de la réduction du rôle de l’État, des progrès de la décentralisation et du poids accru des intérêts économiques dans le sport. Même s’il ne constitue qu’un épiphénomène, le fiasco de l’équipe de France enregistré lors du dernier Championnat du monde de football en a accentué la perception. » Aussi M. Miège propose-t-il deux grandes lignes de réflexion. Redéfinir l’intérêt général et la mission de service public attachés au sport, et normaliser les relations entre l’État et le mouvement sportif. Rappelant que les derniers « États généraux du sport » (2002) ont principalement réaffirmé le « maintien de l’unité du sport et de la nécessaire solidarité entre le sport amateur et le sport professionnel », le co-directeur de Sport et Citoyenneté note que « l’accent a surtout été mis sur la levée des obstacles susceptibles d’entraver la compétitivité du sport national, et sur la mise en conformité de la loi française avec le droit communautaire, accentuant de fait la libéralisation du secteur sportif professionnel ». En d’autres termes les fédérations, perdant de fait leur influence sur les Pros, devraient se concentrer sur leurs seuls Amateurs – à moins, comme la Fédération Française d’Équitation (FFE), pour des raisons financières, de cliver ses « Amateurs » en créant parmi eux une ligne à part de « Pros », qui sont parfois, mais parfois seulement, effectivement des professionnels. « S’agissant du sport professionnel, l’État pourrait ne plus conserver qu’une mission de contrôle du respect de la légalité dans un secteur d’activités qui ne relève pas de l’intérêt général stricto sensu. » À son corps défendant, la FFE, pour rester sur le même exemple, agit pour développer l’équitation. Nous abordons ici le problème de l’image puisque, s’agissant bien d’un « service public », la fédération est tenue de remplir cette fonction-là – dernier exemple en date, l’organisation de la Journée du Cheval, le 12 septembre prochain. Reste à savoir ce qui se passe réellement derrière l’écran… Concernant la normalisation des relations entre l’État et le mouvement sportif, Colin Miège souligne un bien étrange paradigme. « La loi sur le sport affirme la tutelle de l’État sur les fédérations sportives, tout en indiquant de façon antinomique qu'elles exercent leur activité en toute indépendance. » Une situation qui place la France en porte-à-faux vis-à-vis de l’Europe, son mode d’organisation confinant « à une forme d’interventionnisme étatique qui n’a quasiment plus d’équivalent parmi les États membres de l’Union », et pouvant ainsi « prêter à critique au regard des préconisations de l’Union européenne, mais aussi du Conseil de l’Europe, sans parler des revendications récurrentes du mouvement sportif international quant au respect de son autonomie ». Les fédérations sportives françaises sont ainsi attaquables, donc fragiles, voire vides de sens… « Il convient de s’interroger en particulier sur la pertinence du maintien de la délégation ministérielle, fiction juridique permettant à l’État d’assurer une tutelle largement formelle sur les fédérations délégataires. Sa suppression ne changerait quasiment rien à la réalité du fonctionnement et des missions des fédérations dites dirigeantes, qui tirent avant tout leur reconnaissance et leurs capacités de la fédération internationale à laquelle elles sont rattachées. » Les fédérations nationales dépendent donc, juridiquement, de leur maison mère internationale. Dans le cas, toujours exemplaire, de la FFE, c’est donc bien à la Fédération Équestre Internationale (FEI) que revient la charge réglementaire. Limitant les initiatives nationales à des mesures locales ponctuelles, mais jamais définitives. Idem pour la toute nouvelle European Equestrian Federation (EEF), qui espère peser sur une situation qui lui échappe de droit. Cependant, une fédération internationale dépend de ses représentants, élus parmi les instances nationales. Aussi doit-elle conjuguer avec les forces en présence, et réciproquement. La FEI présente ainsi un intérêt, celui de mondialiser le regard sur une discipline qui, plus encore que le football ou le curling, vit en Occident. Et si les Amateurs profitent peu de cette situation-là, les Pros peuvent, à juste titre, en tirer partie. À la FFE, donc, de gérer ce conflit en fonction des directions législatives de l’UE et des positions réglementaires de la FEI, mais en agissant également dans l’intérêt général des cavaliers. Au risque de devoir répondre un jour, à Bruxelles ou à Lausanne, d’un éventuel conflit d’intérêt. Reste à la FEI, et aux fédérations internationales en général, de ne pas s’empêtrer, par diplomatie démesurée ou excès de zèle, dans d’imbitables circonvolutions administratives. Au risque, cette fois, de voir les circuits se professionnaliser définitivement, et de disparaître à leur tour…
13:05 Publié dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (3) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : association sport et citoyenneté, think tank sport, colin miège, modernisation de la gouvernance publique du sport, système fédératif, fédérations nationales, ffe, fei, eef, european equestrian federation, politiques du sport en europe, fédération équitation
24.08.2010
Kung-Shu Panda
Si vous comptiez prendre cette année un mois de congés sans solde pour visiter le bas-Larzac, ou si votre usine de sèche-cheveux vient de fermer pour se relocaliser au Kazakhstan, et bien entendu si vous aimez suffisamment les pandas pour passer un mois avec eux à sucer des bambous, cette campagne de recrutement est pour vous… En partenariat avec le WWF (le plus grand fan-club de pandas au monde), Chengdu Panda Base, qui « lutte pour la préservation de l’espèce », propose six postes (en CDD) de « Pambassador » – stage d’un mois obligatoire à Chengdu, province du Sichuan, Chine. Jonglant allègrement avec le vocabulaire clinquant de la communication ressources humaines, l’association sait mettre en avant les caractéristiques alléchantes du job. « [Nous sommes] à la recherche de six passionnés de Panda désireux de s’engager dans l’aventure d’une vie qui les mènera dans les montagnes luxuriantes du bassin du Sichuan. » Tout de suite, une remarque. D’après le site Wikipedia, « le Sichuan est une région très montagneuse, et l’accès à cette province a toujours été difficile. Ses sommets hauts de 6 000, voire 7 000 mètres, plus anciens que ceux de l’Himalaya tout proche, émergent d’une couche brumeuse et humide qui favorise le développement d’une végétation particulièrement épaisse. » Un célèbre proverbe fait d’ailleurs « allusion au temps constamment nuageux de cette province : Au pays de Shu, le chien aboie quand le soleil apparaît. » Proverbe repris d’ailleurs par certains marins dépressifs du Havre. Pour devenir « Pambassador », il vous faudra donc supporter les pentes à 70%, résister à un taux d’humidité proche de celui de la piscine des Tourelles, et avant tout réussir une batterie de tests car, précise la chargée de recrutement de Chengdu Panda Base, « un processus rigoureux sélectionnera les participants les plus créatifs et engagés qui, pendant un an, seront les porte-parole des pandas géants ». En effet, après ce mois de formation au pays de Shu, où « vous agirez en tant que photographe, vidéaste, journaliste et chercheur » en replaçant des pandas géants captifs dans leur environnement naturel, vous deviendrez pour une année leur représentant VIP à travers le Monde. Un poste effectivement taillé pour des passionnés, qui auront bien mérité, après tout ça, qu’on les écoute.
Pour les plus courageux, tous les renseignements ici : www.pandahome.com
18:03 Publié dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : panda, protection des pandas, wwf, chengdu panda base, campagne protection pandas, job pandas, job en chine, job pour sauver les pandas, panda project, pambassador
20.08.2010
Avant le Kentucky, la Virginie
Puisque tout ce qui est rare est cher, ce reportage-là de la chaîne Equidia vaut son pesant de médailles d’or. Un portrait de Virginie Atger, cavalière (française) d’Endurance présélectionnée cette année pour les Jeux Équestres Mondiaux de Lexington (Kentucky, USA), qui commencent dans un mois. Des JEM qui présentent au moins ce mérite : médiatiser une discipline qui l’est peu – l’émission Jump, seul programme dédié aux sports équestres de « la chaîne du cheval », se concentrant généralement sur les disciplines olympiques, et par là même grand public. Mais, lentement, Equidia se penche sur l’Endurance, qui talonne en France le CSO et s’avère une « grande pourvoyeuse de médailles ». D’où ce portrait bien mené d’une figure de la discipline – fille d’une grande cavalière et d’un éleveur impliqué, jeune femme intelligente, championne authentique et personnalité attachante. Sans oublier un CV à faire pâlir un polytechnicien… Débuts dans la discipline en 2001, alors que la jeune fille sautait toujours des barres, et premiers résultats en 2002 – une victoire à Uzès, sur la finale SHF des 6 ans (90Km). Pareil en 2003 sur la finale des 5 ans (60Km). En 2004 on passe aux choses sérieuses. Une CEI** à Rambouillet, où Virginie finit 15ème, et une excursion à Gubbio (Italie) pour la première CEIO*** (160Km) de sa carrière. En 2005, après une 6ème place sur la CEI** (120Km) de Compiègne, une seconde au Championnat de France Pro Elite, à Ribiers. Et en 2006 on passe dans une autre dimension : Virginie devient championne du Monde par équipe à l'occasion des précédents JEM, à Aix-la-Chapelle (Allemagne), où accessoirement elle prend la seconde place du classement individuel. Puis les courses s’enchaînent, avec plus ou moins de bonheur. Mais avec une motivation et une régularité toujours professionnelles. Jusqu’à remporter, cette année, la CEI *** de Rambouillet, sur Azim du Florival – et c’est ce couple, justement, qui fait partie de la long list du sélectionneur national pour les JEM de Lexington. Alors, histoire de soulager nos nerfs cinq minutes en attendant la sélection définitive, immergeons-nous dans l’univers de la cavalière, qui pourrait devenir la première à figurer sur une autre liste, celle des portraits de l’Endurance française sur Equidia. Et cette liste-là aussi, est longue.
11:23 Publié dans Équitation d'Endurance | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : portrait virginie atger sur equidia, virginie atger endurance équestre, equidia, endurance équestre sur equidia, sélection endurance jem 2010, jem lexington, résultats virginie atger










