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13.08.2008
Blog out
(Illustration : Lehel Kovacs)
Trois psychologues allemands, Norbert Hagemann, Bernd Strauss et Jan Leibing, de l'Université de Münster affirment, dans une étude parue dans le dernier Psychological Science, que les arbitres et autres juges du sport « favoriseraient inconsciemment les équipes sportives portant du rouge ». Or la Chine du plus célèbre petit livre du monde collectionne les médailles. Un rapport ? Néanmoins, à Hong Kong, à deux mille kilomètres de Pékin, l’ambiance reste plus que molle – deux ou trois panneaux d’affichage sur les murs du Musée d'Art Moderne et une poignée d’animations pour les enfants (quelques baptêmes de poney, après des mois à distribuer dans les écoles des dépliants pédagogiques sur les « subtilités des trois épreuves olympiques »). L’organisation mondiale du commerce des JO gère décidemment mal une équitation décidemment européenne. Je pars faire une enquête. Et dès septembre je monte un cheval rouge made in New Dehli.
See you.
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05.08.2008
Et la souris endura
Une équipe américaine de chercheurs menée par le docteur Ronald Evans, du Salk Institute de Californie, vient d’annoncer, dans le très scientifique journal Cell, la mise au point effective d’un produit détonant, l’Aicar, aujourd’hui fourni sous forme de pilule, capable de transformer une souris sous-alimentée en cycliste italien. Le produit génère une augmentation de l'endurance musculaire et, « après un traitement de quatre semaines, un programme d'exercice régulier et 50 minutes de course quotidienne sur une roue, les souris se sont transformées en athlètes accomplis. Leur endurance s'est améliorée de 77% par rapport à des rongeurs qui n'ont pas pris le médicament. »
Le secret de la potion magique : une pincée de GW1516 – à mi-cuisson. Mais très éthiquement, l’équipe de scientifiques a parallèlement développé une série de tests à même de détecter l’Aicar dans l'urine et dans le sang – au cas où on vendrait des contrefaçons à Pékin ?
NB. Y aurait-il un rapport entre Cell, l’endurance et les lapins roses d’une célèbre marque de piles ?
16:56 Publié dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (3) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : cell, aicar, endurance
HK est grand
(Illustration : Gary Bryan)
À l’heure où le monde entier sauf Reporters sans Frontières se concentre sur Pékin et ses stades en dentelle on peut se poser une question à condition de ne pas la relayer sur Internet mais tant pis j’ai prévenu mon avocat : pourquoi les épreuves d’équitation se déroulent-elles à Hong Kong ? Et bien j’ai trouvé la réponse dans un article du Figaro, que l’on peut estimer très objectif vis-à-vis des autorités, chinoises en l’occurrence. Dès le début, Arnaud de la Grange (envoyé spécial du Figaro à Hong Kong) pose l’équation initiale : « Au-delà des raisons techniques, le gouvernement central avait un intérêt politique à héberger les courses de chevaux dans l'ancienne colonie britannique. » Oui mais encore… « Du temps de la tutelle britannique, on aimait dire que Hongkong était dirigée par le Jockey Club, le mythique groupe Jardine Matheson et le gouverneur. En insistant sur cet ordre. C'est dire si l'institution hippique pesait lourd dans l'ancienne colonie, et le retour dans le giron de la mère patrie chinoise n'a guère rebattu les cartes. »
« Le Hongkong Jockey Club a le monopole des courses, et les paris brassent chaque année plus de 100 milliards de dollars hongkongais (près de 9 milliards d'euros) ! Cette histoire, cette expertise aussi dans le monde du cheval, prédisposait naturellement Hongkong à héberger la partie équestre des Jeux olympiques. La crainte des risques sanitaires pour les chevaux sur le continent a été déterminante. Les délais courts pour construire des installations ex-nihilo à Shanghaï ou ailleurs ont fait le reste. Car si les chevaux ont été les meilleurs compagnons des conquérants mongols ou mandchous, l'équitation ne fait guère vibrer le quelque 1,3 milliard de Chinois. »
Ah, dialectique historique quand tu nous tiens…
Néanmoins, revenons à l’actualité.
[D’après Joseph Cheung, professeur de science politique à la City University de Hong Kong], « le gouvernement central est à l'évidence content de montrer que Hongkong est parfaitement intégrée, que son statut spécial ne l'exclut en rien d'un grand événement comme les JO, et que la ville n'est pas fâchée non plus de participer à ce moment de mobilisation nationale. » Bien vu Joseph… Et Arnaud de la Grange d’ajouter : « Même si l'équitation n'est pas le cœur battant des JO, l'opération de communication est toujours bonne à prendre. Hongkong garde un œil vigilant sur ses rivales émergentes, Shanghaï, Canton ou Shenzhen. »
Moralité : si vous aviez l’intention d’ouvrir un club équestre au Pays du Soleil levant, recouchez-vous. Mais continuons notre lecture.
« Le moral des 7 millions de Hongkongais n'est pas si mauvais, cependant. Après un passage à vide, de la crise financière asiatique de 1997 à la tragique épidémie de pneumonie atypique (Sras) de 2003, la Région administrative spéciale a retrouvé les saines couleurs de la croissance. La machine chinoise lancée à pleine vapeur profite à Hongkong. Forte de son indépendance fiscale, monétaire et douanière, et de son expertise dans tous ces domaines, elle reste une plate-forme essentielle des échanges commerciaux et financiers de la Chine. »
Donc tout ceci serait une simple histoire de dollars à dix-sept zéros. Incroyable.
Mais que fait la police politique ?
« Le fait que Hongkong ait une justice indépendante, une presse libre et jouisse d'une liberté de manifestation – singularité libérale garantie jusqu'en 2047 – n'autorisera pas de laisser-aller pendant les Jeux. Les autorités locales ont d'ailleurs prévenu que les règles de Pékin, sur la discrétion des bannières par exemple, s'appliqueraient aux sites sportifs de Hongkong. »
Je me permets une petite incision dans le texte – une considération très politiquement technique qui pourrait déstabiliser les plus sensibles d’entre vous…
Donc : […]
« Venu inspecter les installations olympiques au début du mois, le vice-président Xi Jinping, désormais en charge du dossier Hongkong à Pékin, en a profité pour rappeler qui était le patron. L'homme, qui fait figure de possible successeur du président Hu Jintao et qui effectuait sa première visite dans la ville, a donné l'impression de faire la leçon au chef de l'exécutif Donald Tsang, en l'incitant à gouverner de manière sensible et raisonnable. […] En attendant, à six jours de la cérémonie d'ouverture et même si l'engouement pour les JO est certain, les rues de Hongkong n'affichent pas le même matraquage publicitaire olympique qu'à Pékin. La mise en circulation d'une série limitée de billets de 20 dollars hong-kongais à l'effigie des JO a provoqué de jolies files d'attente devant la Bank of China. Mais cette excitation devait sans doute autant à la valeur numismatique future qu'à l'enthousiasme olympique. »
Bien. Nous voilà fixés sur l’amour chinois des chevaux.
Merci au Figaro.
16:48 Publié dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : gary bryan, pékin, reporters sans frontières, équitation olympique, hogkong
Chienne de vie
L’animal est vue de l’esprit. Idole ici, danger là-bas, symbole, bestiole, demi-dieu, demi-poulet mayonnaise. Tout est question de rapport. Par exemple, à Riyad, en Arabie Saoudite, la police religieuse vient d’interdire la vente des chats et des chiens, au prétexte (et c’est vrai en plus…) que ces animaux de compagnie peuvent donner lieu à des rencontres hétérosexuelles malvenues – en d’autres termes, nos animaux à poils (cela dit j’ignore ce qui se passe dans les aquariums publics) permettent de draguer, à l’heure de leur pipi en bas de l’immeuble ou dans le bois de Boulogne à celle du jogging. « Toute personne rencontrée dans les rues escortée d'un caniche, labrador ou autre animal de compagnie se le fera confisquer par les agents de la Commission pour la Promotion de la vertu et la prévention du vice. » Bigre. Va falloir qu’elles se retiennent les pauvres bêtes… Par contre, les cinq chevaux olympiques français, qui volaient la semaine dernière vers Hong Kong via Amsterdam, ont voyagé dans des conteneurs grands comme le rayon lessive de mon supermarché avec chacun un vétérinaire et un groom. Qui, eux, ont voyagé sur des chaises – j’espère quand même qu’il y avait des toilettes à bord…
16:39 Publié dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : seregel, riyad, animaux de compagnie, chevaux olympiques français
La crinière de Samson
Meisho Samson et Admire Jupiter, deux pur-sang japonais de cinq ans, vont participer au Qatar Prix de l’Arc de Triomphe, à Longchamp le 5 octobre prochain – course qui désignera le champion du monde des galopeurs. On n’avait pas vu de cheval japonais à Paris depuis 2006, où Deep Impact, poulain de 4 ans, avait terminé troisième, puis été disqualifié pour « prise de produit prohibé » (du saké probablement, mais c’est strictement interdit à tout mammifère marchant régulièrement sur quatre pattes). Yoshio Matsumoto, le propriétaire de Meisho Samson, voulait déjà faire courir son cheval l’année dernière, mais le malheureux était alors malade. Je parle du cheval. Alors cette fois c’est la bonne. Aussi, pour être au top, le jeune pur-sang (je parle toujours du cheval) est inscrit à une petite course de mise en jambe, le Prix Foy, le 14 septembre, toujours à Longchamp. En cas de problème qu’on ne vienne pas me dire que le cheval a pris Foy. Je n’y croirai pas.
16:32 Publié dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : meisho samson, admire jupiter, quatar prix de l'arc de triomphe, deep impact, prix foy, longchamp
02.08.2008
Du coq à l’âne
(Photo : Staudinger+Franke pour Nike)
Tandis qu’Adidas prévoit de délocaliser son usine chinoise de production vers des contrées meilleur marché (Inde, Laos, Cambodge, Vietnam et Europe de l'est – vu que « en Chine les salaires fixés par le gouvernement sont progressivement devenus trop élevés », dixit Herbert Hainer, le chef des trois bandes), le Coq Sportif investit les Jeux Olympiques. Le 8 août, jour J des JO, la Gaule sportive lancera une série de dix-huit mini-films web : Le coq loves China. Titre qui vient confirmer, remarquez bien, cet amour des Français pour la basse-cour laquée – de Belleville à la Porte d’Italie. Personnellement je préfère les travers de porc poivre et sel ou le Bô Boun. Mais là n’est pas le sujet je vous l’accorde. Le Coq Sportif, donc, va tenter de surfer sur la vague olympique. La houle, plutôt. Je cite le représentant de la marque : « La Chine n’a certainement pas besoin du soutien du Coq Sportif mais, après les turbulences liées au passage de la flamme à Paris, la marque française a pensé que prendre le contre-pied de la tendance réactionnaire nationale serait son humble contribution afin de modérer le comportement bas du front de certains de ses compatriotes. » Bas du front toi-même. Mais, toujours objectif, je pense que le principe général de la série peut donner quelques films drôles, puisqu’il s’agit d’un journaliste (français bien sûr, joué par Julien Cazarre – Action Discrète, Canal Plus) qui, n’ayant pas reçu son accréditation de la part des autorités chinoises (ah bon pourquoi ?), décide de réaliser ses sujets dans le XIIIème arrondissement (surnommé le China Town parisien j’y ai mangé un excellent Bô Boun la semaine dernière – il n’y avait pas de travers de porc). Bien entendu tout ça étant de la comm’, l’objectif reste de créer du buzz – qu’on en cause un max, donc. Aussi la marque au coq et son grand reporter parisien ont-ils l’appui de quelques noms sportifs comme Yannick et Joakim Noah, Frédéric Michalak tout seul et Potito Starace. Qui joue au tennis. Vous remarquerez l’absence de tout représentant de l’équitation, qui pourtant devrait nous rapporter des médailles… Enfin bon, le marketing a ses raisons que la raison ignore.
Et si tout ceci (l’omni-communication, les omni-Jeux Olympiques, les omnivores…) vous agace, vient de paraître un site de réseau antisocial, Hatebook, sur lequel, comme son nom l’indique, vous détestez qui vous voulez. Je vais de ce pas, avec mon cheval, créer le groupe « J’ai la haine des barrières métalliques de la forêt de Rambouillet ».
Ici : http://www.lecoqloveschina.com/
Ou là : http://www.hatebook.org/
11:38 Publié dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : nike, adidas, le coq sportif, le coq loves china, jo, action discrète, noah



