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01.12.2008

La France qui Turf

451865285.jpg(Photo : Catherine Balet)

À l’origine, fin octobre, ils étaient douze – les douze titres de la Presse Quotidienne Nationale (d’ailleurs ils s’appellent eux-mêmes « le groupement PQN 12 »). Leur objectif : récupérer les annonceurs qui ne sauront plus où habiter quand les chaînes publiques n’auront plus le droit de diffuser leurs pages de publicité après 20h00. L’argument de « PQN 12 », qui sort une campagne pour l’occasion, revient à démontrer la parfaite ressemblance entre le public de France Télévisions et celui des journaux quotidiens – qui représentent onze millions de lecteurs. Mais voilà. Depuis quelques jours, ils sont treize quotidiens dans le club, puisque Paris Turf (éditions France Libre) les a rejoints. D’où ma question : que le public de Clara Sheller (France 2) ressemble à celui de Ouest-France, admettons (il doit sûrement exister des bretonnes pénibles…), mais quel est le rapport entre le lecteur de la page Analyse de la huitième à Vincennes (Paris Turf) avec mon comptable qui lit Le Monde avant de se coucher ? Je n’en vois qu’un. Leur pouvoir d’achat – L’Équipe, par exemple, touche depuis longtemps les mêmes CSP+ (abréviation économico-publicitaire pour désigner des consommateurs crédibles auprès de leur banque) que Le Figaro (qui a tendance à beaucoup aimer les sports pointus genre voile ou golf – et, disons-le, une certaine équitation). En d’autres termes, Paris Turf (qui certes arrive, en nombre de lecteurs, avant La Tribune ou L’Humanité) vend une population de « parieurs supérieurs », seuls susceptibles d’attirer des annonceurs. Mais que devient, dans ce cas, la population traditionnelle du tiercé dominical ? Et bien, comme nous le montre la dernière campagne PMU, elle joue au tabac de son village – tabac devenant par la même occasion le dernier « lieu social » du bled, vu qu’il n’y a même plus un bureau de poste. La population, populaire et rurale, se voit ainsi condamnée à une presse régionale… Même chez les parieurs, donc, il y a deux mondes. Les villes du « luxe », la campagne du « vide » (dont pourtant la nature a horreur). Pourtant, ces « petits parieurs » – comme « petits actionnaires » ? – vont continuer de s’informer, et surtout de parier. En ligne. Alors dans l’hypothèse où Paris Turf tiendrait celui de garder le bon public pour ses annonceurs et laisserait partir le mauvais vers le web, je ne miserai pas gros sur son titre. Sans compter qu’il porte dorénavant le N°13…

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Commentaires

'est terrible ton blog, toujours aussi inteessant! :)

Ecrit par : cyclopio | 27.12.2008

Merci pour ce clin d'œil Cyclopio...

Ecrit par : HyppoBlogueur | 27.12.2008

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