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18.12.2008

Ceci n’est pas un footballeur

1366820614.jpg(Photo : Pauce / SPORT)

Christian Ahlmann (médaille de bronze par équipes en 2004 à Athènes, alors beaucoup plus calme que ces derniers jours, et membre émérite de l'équipe allemande d'équitation), vient de s’acheter un cheval, « un hongre alezan qui a beaucoup de talent et un énorme potentiel ». Très bien. Mais quand on décide de posséder un cheval, ou un canari, la première mission du propriétaire est de lui attribuer un nom – tous les canaris s’appellent Titi, par exemple. Celui qu’a choisi Christian Ahlmann pour son « hongre alezan plein de talent et de potentiel » s’avère bien plus original. Ribéry. Le nom du footballeur chaotique. Explication du cavalier-poète : « le cheval devait porter un nom avec R comme son père, le nom de Ribéry s'est imposé ». Heureusement que ledit cheval n’est pas le fils de Bellino II, il aurait fallu le tondre, lui faire porter des gants de gardien de but et le déplacer en Porsche…

Phénoménologie de la crampe

Plus grave que le symptôme de la « femme fontaine » (équivalent féminin plus ou moins disproportionné et souvent incontrôlable de l’éjaculation masculine, dangereux surtout pour le lino de la cuisine), celui, décrit pour la première fois en 2001, de l’« excitation génitale persistante » (équivalent féminin plus ou moins disproportionné et toujours incontrôlable du priapisme), susceptible de conduire tout droit à la dépression. Et bien mesdames, et messieurs le cas échéant, rassurez-vous, The Journal of Sexual Medicine vient de lever le mystère de cet excitant symptôme – appelé Psas dans la langue de Shakespeare. En effet, le neuropsychiatre Marcel Waldinger, de l’Université d'Utrecht aux Pays-Bas, après avoir étudié 18 hollandaises de braise (car comme disait Jacques Villeret « Seule une hollandaise peut avoir comme vous des yeux de braise… ») a découvert le pot-aux-roses : « le Psas serait une forme génitale du syndrome des jambes sans repos ». Vous attendez une explication la voici. « Le syndrome des jambes sans repos se caractérise par des impatiences ou des douleurs dans les jambes, le soir ou la nuit, et des mouvements involontaires au cours du sommeil. » Sauf que là, donc, ce n’est pas la jambe qui titille. Bien. Mais si cette indispensable découverte peut soulager la douleur pénible que chacun peut aisément imaginer, notamment dans le cas des cavalières, elle interdit du même coup un éventuel fantasme masculin. Rassurez-vous messieurs, et mesdames le cas échéant, car la marque Burger King vient de lancer Flame, un parfum pour hommes aux senteurs de viande. Si. Je souhaiterais, à ce stade de la rédaction, trouver un lien entre ces deux informations. Malheureusement j’ai un rendez-vous professionnel dans dix minutes…

17.12.2008

Shoppons virtuel

706953699.jpg(Photo : Andrea Martin & Peter Frey pour Fashiontainment)

Vous l’aurez probablement constaté en cherchant désespérément LE tapis de selle qui ne grattera pas les reins de votre cheval trop chatouilleux ou LA selle qui fera de vous le Nicolas Touzaint de Saint-Ulm-sur-la-Thièze : le marché de l’offre en matière d’équipement équestre reste complètement explosé. C’est a priori la raison pour laquelle la société Equirodi, déjà célèbre pour son site éponyme, vient de lancer un portail multimarques, equishopping.com. Rodolphe Sellier (j’ai connu un boulanger qui s’appelait Midepain, alors…), fondateur de la chose, s’explique. « Nous sommes partis du constat qu’il y a beaucoup trop de boutiques qui vendent du matériel d’équitation pour que l’internaute les visite une à une, et comme aucun site de ce genre n’existait sur le web francophone, nous avons pensé qu’il serait judicieux de permettre aux passionnés de cheval de trouver sur un même site les offres d’un grand nombre de selleries. La majorité des marchands ont été séduits par le projet, ce qui nous a permis de proposer plus de 15 000 articles dès le lancement du site. » Merci Rodolphe. Mais comme je suis curieux, et que moi aussi je vise le championnat de Saint-Ulm-sur-la-Thièze, je suis allé faire un tour sur equishopping. Et si tout n’y figure pas, ce qui s’avère tout à fait normal au regard d’un marché artisanal encore très présent, on y trouve l’essentiel – du matériel de qualités différentes pour des prix montant crescendo. Ce qu’on appelle une offre de masse. Le plus étonnant, c’est que j’y ai trouvé plusieurs articles que je connais bien pour les avoir achetés ailleurs (dans un magasin en dur), à des prix inférieurs – notamment ma selle, de cinquante euros moins chère. Certes, sur le prix d’achat final ça reste minime, mais quand même… Une différence de prix qui, comme partout sur le web, découle d’un coût de fonctionnement moindre lié notamment à un personnel très limité. Et pour ceux qui argueraient du fait que c’est le conseil qui fait la différence dans les magasins pour de vrai, je répondrai que bof, qui a besoin d’aide pour choisir la couleur de son filet-licol ?

16.12.2008

Si vous voulez bien passer au petit salon…

1181774121.jpg(Photo : Frank Meyl)

Nous sommes mardi. Nous sommes mardi mais depuis dimanche je cherche quoi dire du Salon du Cheval – où j’ai pourtant quasiment habité toute la semaine dernière…

Lundi, j’y étais pour raisons professionnelles. Joker.

Mardi, j’assistais à une conférence consacrée aux « entreprises équestres », qui ont du mouron à se faire si j’en crois quelques-uns des intervenants – et j’ai tendance à les croire, quand ils parlent d’« incapacité » (je pense qu’ils pensaient « volonté contraire ») de l’État à développer un marché pourtant très motivé. Refroidi, je suis allé me réchauffer en buvant une coupe de Champagne Normand (pour plus de renseignements demandez conseil à votre caviste habituel), à l’occasion de la remise des Stylos d’Or, organisée par l’Association de la Presse Équestre Française (l’APEF, donc). Parmi les lauréats (pour une fois je ne vais pas être objectif), le magazine Endurance Équestre. Si.

Mercredi, j’y ai croisé un cheval.

Jeudi, j’y ai déjeuné (moyennement mal) avec mes camarades de l’association Enduro Cheval, qui m’ont présenté (il faut dire que nous étions installés à la table voisine) le staff au grand complet de la FFE. Échanges très officiels. Mais nous ne savons toujours pas pourquoi Compiègne en 2009 remplacera Rambouillet en tant qu’épreuve sélective au Championnat du Monde des jeunes chevaux d’endurance. (Encore un mystère pour Scoubidou et sa bande de lycéens militants…)

Vendredi, je me suis perdu sur le parking – une dalle grande comme le désert de Gobi, les bédouins en moins…

Samedi, j’y ai fait des courses. Des étriers Gaston Mercier (qui m’a par ailleurs montré quelques prototypes, j’attends…). Des gants molletonnés Roeckl contre l’hiver mongol des Yvelines au petit matin. Un pantalon Stud One contre l’hiver mongol ah non je l’ai déjà dit pardon. Et je suis resté une heure durant assis sur une selle Antarès, elle-même sur le stand Equi-Bride – merci à Sébastien pour sa patience, mais acheter une selle représente pour moi un acte hautement philosophique, sans parler du reste (placé un peu plus bas que la conscience). J’ai tripoté une autre (très belle) selle pendant qu’un militaire très civil me vantait les mérites du sur-mesure – spécificité de la marque Belloir. Je crains néanmoins que mes arguments philosophiques n’aient pas totalement convaincu l’adjudant-chef…

Dimanche, j’ai assisté depuis les petits-fours de la tribune VIP à la finale du Championnat du Monde du Cheval Arabe. Championnat d’un autre monde. Proche de celui de la finance. À ceci près qu'ici le bénéfice est rarement aléatoire. Une dizaine de chevaux par catégories, quatre catégories, mais toujours six zéros par cheval. J’y ai croisé une Bentley hollandaise, un Valentino australien, une tabatière en or allemand, Charlie Watts (des Rolling Stones), Simon MacCorkindale (alias Manimal), et quelques Princes orientaux pleurant de joie à la victoire de leur poulain (comme quoi il n’y a pas que les Rolex dans la vie…).

Nous sommes mardi et je ne vois pas ce que je pourrais dire de ce Salon-là. L’année prochaine j’irai au Salon de l’Agriculture. Mais, si j’en crois les bruits d’allées, je ferai alors d’une pierre deux coups…

05.12.2008

Jolly Jumper est mort

Ruinés par la crise, les cow-boys laissent mourir leurs chevaux. C’est le titre d’un article, signé Armelle Vincent, paru hier dans Rue89. La journaliste, qui vit du côté de Los Angeles, dans la Californie des Western, constate une réalité nouvelle, celle des chevaux abandonnés à leur sort au milieu de déserts à côté desquels le camp de Guantanamo fait figure de gîte rural. Deux raisons à cette situation qui ferait frissonner le pacemaker de Brigitte Bardot. La crise bien sûr, qui jette pas mal de propriétaires à la rue – difficile de faire la manche avec un cheval assis sur ses genoux. Et la fermeture, imposée voici quelques années par des défenseurs de la race équine, des abattoirs, qui interdit du même coup à tous les cow-boys amateurs d’offrir une fin rapide à leur mustang, symbole de l’Amérique des conquérants. Certes, ce ne sont (malheureusement) pas les premiers chevaux à mourir à cause de nous les Hommes. Mais cette fois les associations locales de défense des animaux (les mêmes qui ont fait interdire les abattoirs, donc) ont bien du mal à en sauver quelques-uns… Pourtant, il est difficile de reprocher aux Américains des champs (très touchés par les subprimes) de posséder un cheval, premier objet culturel (avec le Smith & Wesson) de l’histoire américaine. Néanmoins, cette tragédie-là nous rappelle que l’American way of life ne se fait plus à cheval, ni même en Dodge 4x4, mais à pied avec des Nike achetées à crédit. Chez nous c’est entièrement différent. On est plutôt Adidas.

Pour lire l'article de Rue89 (et ses commentaires), ici

03.12.2008

Lad et Jockey sont dans un bateau…

607485254.jpgLe problème, quand on monte à cheval régulièrement, c’est qu’une fois descendu il reste peu de temps pour agir en être civilisé, et aller au cinéma. Or, aujourd’hui sort discrètement un film qu’il va s’avérer très pénible de rater. Lads & Jockeys, de Benjamin Marquet. Un documentaire sur l’entraînement de quelques adolescents dont le rêve est de devenir jockey. Je ne l’ai pas vu, donc, puisque je descends de cheval et qu’il faut bien travailler pour régler la note du maréchal-ferrant, mais je fais entièrement confiance à critikat.com, mon site de critique cinéma. Et, exceptionnellement, plutôt que de faire une synthèse de l’article, je vous invite à le lire en entier, ici : http://www.critikat.com/Lads-Jockeys.html


PS. Vu le temps d’Épagneul breton qui tombe sur l’Europe, je pense que vous pouvez aller voir le film dès ce soir – personnellement je ne pourrai pas, j’ai un séminaire sur le couscous brochette…

01.12.2008

Parigot tête de CSO

1126076559.2.jpg(Photo : Andreas Teichmann)

Ne plus sauter n’est pas une fatalité. Non, je ne tente pas une seconde par cette introduction lapidaire de réconforter les nombreux célibataires de la capitale, je souhaite simplement soulever un problème qui, bien qu’il me concerne peu en tant que cavalier (j’ai déjà bien assez à faire avec les affres organisationnelles de l’endurance), m’interpelle en tant que parisien. Il n’y aura pas, ni cette année ni la prochaine, la moindre compétition internationale de CSO à Paris – puisque Bercy, début 2008, n’a pas eu lieu faute de la trésorerie nécessaire, et parce que le CSI de la Porte de Versailles, qui devait se tenir là, pendant le Salon du Cheval, vient d’être annulé.

(Arrêtons-nous huit lignes sur cette dernière annulation. Il manque 1,3M€, dont un tiers de la somme pour la location des halls et leur installation au « standing cinq étoiles ». Certes, l’organisateur du Salon, Comexposium, propose déjà plusieurs concours, dont le Championnat du Monde de Show (qui génère à lui seul un chiffre d’affaires assez cavalier). Certes, Comexposium est une société privée, elle doit faire des bénéfices. Néanmoins, n’aurait-elle pas intérêt, à long terme, à faciliter l’organisation du dernier CSI parisien – d’autant que le CSO attire toujours un public considérable, et donc la télévision qui, même publique, serait prête à investir dans une captation génératrice d’audience ?)

Donc, plus de CSI à Paris. Du moins éventuellement jusqu’en 2010, puisque Pierre Durand (champion olympique de la discipline en 1988 à Séoul) évoque sans respirer son projet de « compétition internationale du plus haut niveau au Grand Palais à Paris fin mars début avril 2010 sur une formule inédite ». Personnellement je vote complètement pour – ne serait-ce que pour entendre des chevaux dans l’un des plus extravagants bâtiments parisiens (dentelle dehors, immense dedans). Du verre et du vide. De la lumière et de l’écho. Toujours dixit Pierre Durand (qui rappelle au passage que le Grand Palais a déjà accueilli des concours hippiques – entre 1901 et 1957), il ne manque plus à ce projet que la « validation du concept par la Fédération Équestre Internationale ». Et un petit million d’euros. C’est peu pour sauter au top, quand on y pense…

Sinon se tenait, dimanche dernier à Bruxelles, la finale du Top 10, CSI cinq étoiles réunissant les dix meilleurs cavaliers du monde. C’est un Français, Michel Robert, qui a gagné. Les 150000 dollars de dotation.

Planeteattitudantesque

Depuis que les médias nous parlent d’environnement virtuel, il fallait que ça arrive : l’ouverture du premier réseau virtuel sur l’environnement. Lancé par WWF France, l’objectif, humble, de ce « lieu d'échange, d'actualité et de débat autour de l'écologie et du développement », est de devenir en France la première plateforme sociale dédiée à tout ce qui peut sentir la chlorophylle. Je ne ferai ici aucun commentaire sur le nom du site, probablement adopté sous un abracadabrantesque quinquennat…
Ici : http://www.planete-attitude.fr/

La France qui Turf

451865285.jpg(Photo : Catherine Balet)

À l’origine, fin octobre, ils étaient douze – les douze titres de la Presse Quotidienne Nationale (d’ailleurs ils s’appellent eux-mêmes « le groupement PQN 12 »). Leur objectif : récupérer les annonceurs qui ne sauront plus où habiter quand les chaînes publiques n’auront plus le droit de diffuser leurs pages de publicité après 20h00. L’argument de « PQN 12 », qui sort une campagne pour l’occasion, revient à démontrer la parfaite ressemblance entre le public de France Télévisions et celui des journaux quotidiens – qui représentent onze millions de lecteurs. Mais voilà. Depuis quelques jours, ils sont treize quotidiens dans le club, puisque Paris Turf (éditions France Libre) les a rejoints. D’où ma question : que le public de Clara Sheller (France 2) ressemble à celui de Ouest-France, admettons (il doit sûrement exister des bretonnes pénibles…), mais quel est le rapport entre le lecteur de la page Analyse de la huitième à Vincennes (Paris Turf) avec mon comptable qui lit Le Monde avant de se coucher ? Je n’en vois qu’un. Leur pouvoir d’achat – L’Équipe, par exemple, touche depuis longtemps les mêmes CSP+ (abréviation économico-publicitaire pour désigner des consommateurs crédibles auprès de leur banque) que Le Figaro (qui a tendance à beaucoup aimer les sports pointus genre voile ou golf – et, disons-le, une certaine équitation). En d’autres termes, Paris Turf (qui certes arrive, en nombre de lecteurs, avant La Tribune ou L’Humanité) vend une population de « parieurs supérieurs », seuls susceptibles d’attirer des annonceurs. Mais que devient, dans ce cas, la population traditionnelle du tiercé dominical ? Et bien, comme nous le montre la dernière campagne PMU, elle joue au tabac de son village – tabac devenant par la même occasion le dernier « lieu social » du bled, vu qu’il n’y a même plus un bureau de poste. La population, populaire et rurale, se voit ainsi condamnée à une presse régionale… Même chez les parieurs, donc, il y a deux mondes. Les villes du « luxe », la campagne du « vide » (dont pourtant la nature a horreur). Pourtant, ces « petits parieurs » – comme « petits actionnaires » ? – vont continuer de s’informer, et surtout de parier. En ligne. Alors dans l’hypothèse où Paris Turf tiendrait celui de garder le bon public pour ses annonceurs et laisserait partir le mauvais vers le web, je ne miserai pas gros sur son titre. Sans compter qu’il porte dorénavant le N°13…

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