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29.04.2009

Un nuage de lait dans votre Quinté ?

1557988711.jpg(Photo : Thomas Paquet pour Leg Paris)

Dans un laïus qui mériterait la mention « bien » s’il s’agissait d’une thèse de philosophie du droit, daté du 13 mars, en ligne sur femmechevalpassion.com, Dominique de Bellaigue, président du Cheval Français, structure dédiée au bon trottinement des trotteurs de l’hexagone, défend le principe de la mutualisation des paris sportifs contre celui, very british, des « paris à côte fixe », qui s’apparentent selon lui au délit d’initié bien connu des traders malhonnêtes – si jamais il en existait… Certes, les paris servent, et doivent continuer de servir le secteur équestre. Certes, le système mutualiste, parce qu’il permet ce flux dynamique entre les courses et l’économie, doit demeurer. Certes, la régulation d’un marché livré à lui-même s’avère indispensable (dans tous les secteurs). Mais si l’objectif de cette synthèse est de sauver la machine PMU, plutôt que le système mutuel en général, M. de Bellaigue semble ignorer, volontairement, qu’il est possible d’organiser un nouveau système, ouvert à tous les opérateurs, dans ce cadre réglementé. Alors pourquoi pourrait-on, comme il le fait, imaginer un PMU européen (j’applaudis à deux mains je n’en ai que deux), mais pas un système mutualiste de paris en ligne ? Après tout, quoi de plus virtuel qu’un pari ?

27.04.2009

Yes we Cannes

1713833319.jpg(Photo : Erwin Olaf)

À défaut de monter l’escalier doré de Cannes et ses fantasmes, je suggère une séance de répétition collective autour d’une approche visiblement (je n’ai pas testé) très intuitive de l’équitation : « l’Actors Cheval ». J’utilise le terme « approche » plutôt que « méthode » car d’après sa fondatrice, Martine Bergay, il s’agit davantage d’une application « de connaissances et d’expériences – car si la méthode représente un repère apaisant pour les humains, elle empêche souvent la vision complète du cheval ». Une hypothèse qui peut s’appliquer par exemple à la méthode Coué… Quoi qu’il en soit, « l’Actors Cheval », le réseau des nouveaux rôles du cheval, utilise, j’ignore encore comment, « les talents d'acteurs des chevaux ». Ainsi placé « au centre de la démarche », l’acteur cheval, au-delà de nous apprendre à mieux le connaître (pratiques équestres ou éthologie), « met en évidence nos automatismes ». Attention, je ne parle pas de nos réflexes pavloviens (du type : dès que je bois une gorgée de Pastis j’avale une cacahuète), mais de la mise en abîme de notre personnalité, de la mise en scène de notre comportement sociétal. C’est donc beaucoup plus que d’essayer de monter à cheval. D’ailleurs les stages de Martine Bergay s’adressent à tout le monde – non cavaliers (c’est quoi un cheval ?), cavaliers débutants (comment approcher un cheval ?), cavaliers (comment vivre mon cheval ?), moniteurs d’équitation (comment apprendre mon cheval aux autres ?), ou encore cadres dirigeants de la Société Générale (comment gérer mon stress devant mon cheval qui vient de dépenser ses dernières économies quand je vais lui annoncer le montant de mes stock-options ?). Si je comprends bien la démarche, l’exercice consiste donc à se voir soi-même par le prisme du cheval qui lui-même nous regarde comme nous sommes. À nous, ensuite, de nous adapter, en évoluant vers l’animal, vers l’autre, vers soi. Prochaine session le 5 mai. Le 6, j’envoie mon CV à Tarantino. 
Pour en savoir plus – ou pour tout reprendre depuis le début : www.martinebergay.com

Passion neutre

« Hormis les chevaux, parmi lesquels on trouve les immenses Shires – dont la hauteur au garrot avoisine les deux mètres et qui peut peser quelque 1 200 kilos, le double d'un cheval de taille normale ! – on peut également voir deux Irish Wolfhounds, le plus grand chien du monde (80 cm au garrot pour, souvent, plus de 50 kilos), ainsi que des faucons et des aigles qui ont une envergure de 2,70m ! » Alors ? Vous pensez à quoi ? Un cirque italien ? Un zoo russe ? Un concours polonais ? Un loto marseillais ? Et bien pas du tout. Il s’agit de « Apassionata », le spectacle équestre conduit par Christophe Hasta-Luego.
Les 2 et 3 mai prochains, à l’Arena de Genève, en Suisse – l’autre pays des Rolex.

 

 

Écho système

Attention je ne suis ni technicien ni gynécologue ni vétérinaire ni douanier mais je sens que cette invention-là pourrait intéresser de nombreux cavaliers. Il s’agit d’un appareil émetteur d'ultrasons, « de la taille d'un gros stylo », capable de réaliser une échographie, et d’en transmettre l'image, via une connexion USB, par exemple vers un téléphone. A priori le principe d’échographe portable existe déjà, mais celui-ci s’avère beaucoup plus petit, et à terme beaucoup moins cher (200$ au lieu de 2000). Et si ses créateurs, William Richard et David Zar de la Washington University, l’ont pensé pour nous les Hommes, son application sur le cheval est largement imaginable. « Si ce petit engin portatif ne rivalise pas avec les appareils utilisés à l'hôpital (les images sont moins bien définies et de petite taille), il tient dans la main et se connecte, non plus à un ordinateur portable, mais à un téléphone mobile ou à un PDA (Personal Digital Assistant), à condition que son logiciel système soit Windows Mobile. L'appareil fait ainsi l'économie de l'écran et des fonctions d'affichage. Avec un téléphone, il est en plus possible d'expédier les données, par exemple pour qu'elles soient examinées plus précisément ou stockées sur un serveur. »
Plus de détails (ou plutôt des détails), ici : www.futura-sciences.com

24.04.2009

Un week-end avant le week-end

893144711.jpg(Peinture : William Blake - « Hécate » ou « La Nuit de joie d’Enitharmon »)

Si vous ne vendez pas de muguet, si vous ne faîtes pas partie des traditionnels manifestants du 1er mai, si vous n’êtes ni CRS ni espion à la DGSE, le week-end prochain sera calme. Aussi, pour faire une moyenne et alléger votre conscience de ponteur, vous pouvez exploser votre quota d’activités ce week-end ci, riche en émotions et en kilomètres. Le Vigan d’abord, course internationale (CEI***, c’est-à-dire 160Km sans feu rouge) que s’arrachent tous les grands de l’endurance – une fois de plus, mon cheval, en pleine convalescence psychomotricienne, doit rester au paddock et faire des séries de pompes. Le « Cap Hunter » ensuite, à Tremblay-en-France, dont nous parlions ici même, à l’instar de la « fête équestre » d’Aurillac organisée par le magazine Cheval Attitude. Mais si vous n’avez pas de voiture puisque vous habitez Paris, vous pouvez vous faire tirer par deux Brabançons Belges sous les jupes de la Tour Eiffel avant son lifting géant – information signée Yaaah. Et, puisque de toute façon la France va se trouver plongée dans la torpeur d’une réminiscence automnale en matière de météo j’espère que vous n’avez pas rangé votre imper à la cave, vous faire déposer devant le Petit Palais, qui expose « le génie visionnaire du romantisme anglais » alias William Blake, peintre et poète conceptuel du XVIIIème (siècle) qui a inspiré des furieux comme Allen Ginsberg, William Burroughs, André Breton, Patti Smith ou Jim Jarmusch (excellente occasion pour revoir Dead Man, surtout par un dimanche pluvieux, ça soulage). Sinon, pour les très forts dans leur tête, Michel Drucker reçoit David Pujadas sur France2.

22.04.2009

Demain et après-demain, temps Mitidja

1974880984.jpg(Photo : Björn Keller)

C’est une première. Le club hippique de la Mitidja, à Blida (Algérie), humblement surnommée la ville des roses, un peu comme Toulouse donc mais sans la file d’attente chez Airbus, organise ces jeudi et vendredi le « premier championnat maghrébin équestre d’endurance ». Peu d’informations sur l’événement. Deux courses de 80Km au programme – l’une réservée aux coureurs africains (algériens, tunisiens, libyens, égyptiens) pour le « titre », et une autre, internationale, avec des allemands des anglais des français des italiens des suisses, et des américains. Pour rappel, ce sont les cavaliers algériens qui ont remporté la médaille d’or des Jeux africains d’Alger en 2007.
À défaut de site dédié (et là je dis ça craint), une adresse : Le Petit Bleu, rue Muller à Paris (XVIII). Vous demandez Anouar. Il ne saura rien de la course, mais il s’agit, à mon avis, du meilleur couscous de Paris.

Concours droit dans le mur ?

GuineaPigGames2009WallCalendar.jpg(Photo tirée du Guinea Pig Games 2009 - Wall calendar)

Vient de se créer sur Facebook, premier réseau social au Monde après le Fonds Monétaire International et les restaurants chinois, un groupe dont la dénomination en dit long sur notre équitation de crise : L’endurance va mal… Et d’ajouter, pour mieux présenter une situation nationale effectivement compliquée : « Pour tous ceux qui en ont marre que les courses tombent les unes après les autres ! Manque de financement, problèmes d'autorisations préfectorales, communes qui ne veulent pas qu'on passe sur leurs chemins !!! Ça devient du Grand n'importe quoi et cela ne s'applique pas à une seule région mais à beaucoup trop ! Même les nationales ont du mal à s'organiser ! » En d’autres termes, le local a des problèmes avec le global – pour synthétiser un précédent post. Les communes ne jouent pas le jeu parce que l’incidence de l’événement que représente une course d’endurance, quelle que soit son importance, reste souvent insuffisante à leurs yeux. Pourquoi se fatiguer à organiser un machin dont on ne parlera que sur la commune ? Imaginons maintenant ce même événement très local relayé (voire soutenu) par le département. D’abord, les élus seront beaucoup plus motivés (les maires ont besoin de leurs députés – et réciproquement), donc beaucoup plus ouverts à la coopération. Ensuite, le public, prévenu par une presse régionale qui ne demande que ça, viendra plus nombreux. Enfin, le département, dynamisé par le re-dimensionnement de l’événement, profitera d’un contexte économique et sportif plus large, se fera une place dans un secteur d’activité porteur dont plusieurs régions tentent aujourd’hui de devenir le leader – un exemple : la Basse-Normandie, qui a tout fait (et bien fait) pour remporter l’organisation des Jeux Équestres Mondiaux de 2014. Une boucle. Un cercle vertueux, comme disait un candidat malheureux à la présidence du Sénat. Mais, pour en revenir à l’endurance qui va mal, n’oublions pas que c’est l’équitation française dans son ensemble qui traverse une « crise ». « Organisationnelle » d’abord (la FFE, par exemple, ne reconnaît pas l’endurance, où pourtant les cavaliers français font partie de l’élite mondiale, en tant que sport mais comme une discipline touristique), « économique » ensuite (le RIDE 2009, par exemple, organisé par une entreprise privée, vient d’être annulé pour manque prévisible de rentabilité). Que faire, alors ? Réformer l’actuelle organisation fédératrice dans son « action », et gagner en autonomie – une remarque assez libérale j’en conviens. Fédérer (nous sommes là pour ça) une communauté élargie à l’ensemble des cavaliers, pratiquants et non pratiquants – attisant ainsi le dynamisme des autorités locales. Intégrer l’équitation dans un tout qui a du sens. Évidemment, tout ceci va demander pas mal d’endurance aux organisateurs de concours équestres…

Miami Vice

1846917261.jpg(Photo : Tony Kelly)

Dimanche dernier, au Polo Club International de Palm Beach (célèbre pour ses génériques de feuilleton), devait avoir lieu une manche de l’US Open Championship (un tournoi visiblement américain, plein de champions et très ouvert), opposant l’équipe de New York, le Bridgehampton Polo Club, à l’équipe de Caracas, LeChuza. Prononcez LeChuza. « Devait avoir lieu », car tous les chevaux de l’équipe vénézuelienne étaient morts quand les grooms ont ouvert leur camion – devant un public un rien effaré, on comprend. Vingt-et-un chevaux précisément. Que s’est-il passé ? Le Shérif du comté de Palm Beach l’ignore. Pour l’instant, il se concentre sur les deux grooms vénézuéliens qui ont rapidement disparu après le drame, évoque à demi-mot (à moins que ce soit un problème d’articulation à cause de son chewing-gum) un empoisonnement – soit, en langage plus technique, « une réaction négative à des drogues ou des produits toxiques ». Prudent et visiblement accablé (certains de ses chevaux valaient 200 000$), Victor Vargas, propriétaire du Team vénézuélien et ami proche du président Chavez, a très vite regagné Caracas en attendant le résultat des autopsies. Dans l'édition d’hier du Palm Beach Post, Neil Hirsch, co-propriétaire du club new-yorkais, estimait que « le moment est venu de faire passer des examens anti-dopage aux chevaux de polo ». C’est probable.

20.04.2009

Les grands hommes verts

333394040.jpg(Illustration : Olaf Hajek)

L’affaire mérite une analyse des plus délicates et une attention des plus soutenues. C’est pourquoi je vais écrire lentement. Le 6 avril, Serge Lecomte, toujours président de la FFE, organisait une conférence de presse « privée » sur la situation du sport équestre de haut niveau, dont les journalistes, triés sur le volet 12 alinéa 3, avaient tous reçu leur invitation – comme pour un 14 juillet rue Saint-Honoré. Parmi les non-invités figurait Dominique Mars, gourou français de l’audit stratégique (Cabinet Mars & Co), propriétaire du magazine L’Éperon et de deux champions internationaux (je parle de chevaux bien entendu). Soupçonné par M. lecomte, pendant la séance des questions-réponses (exercice obligatoire pendant une conférence de presse sinon pourquoi inviter des journalistes ?), de décliner volontairement les invitations de la FFE, M. Mars envoyait au président de la FFE, le 14 avril, un mail public – relayé sur cavadeos.com. Synthétiquement, il stipule que c’est M. Lecomte qui a toujours refusé de le rencontrer, relève le catastrophique bilan sportif de la FFE, qui mène l’équitation française à sa perte, et se demande pourquoi payer 2000€ de l’heure un avocat dans le cadre d’une mise en examen qui n’aurait aucun sens ? Intense, le mail, donc. Le 16 avril, Serge Lecomte répondait à son tour, toujours par mail, que non il disait vrai le 6, que ses multiples invitations étaient restées sans réponse mais que la famille Mars s’avère incontournable je vous invite à déjeuner quand vous voulez. Sympa. Le 17 avril (j’ai bien fait d’acheter un calendrier PTT, moi…), Dominique Mars contre-attaquait dans un style très littéraire (utilisant des substantifs sémantiquement à la pointe – « esbrouffe », « mensonges », « bidonnage », « manœuvres grossières »), pour un message non moins pesé : « vacuité sidérale du bilan sportif [de la FFE] », « ghettoïsation du sport équestre », plus une petite piqûre de rappel concernant les honoraires toujours faramineux de son illustre avocat mais c’est qui qui paye ? Les hommes ont la rancune tenace. Mais comme un homme n’est que la moitié de lui-même sans une femme, et inversement, l’épouse de Dominique Mars, Danièle, lançait, du 17 au 19 avril, l’opération « Brassard Orange ». Une couleur annoncée par Mme Mars (de concert, notamment, avec l’ACSOF) dans un mail bien résumé. « Les cavaliers, les organisateurs, les chefs de pistes, les éleveurs, les juges et les propriétaires doivent s’unir pour dire NON à cette dictature basée sur le mépris et le mensonge. Il est plus que temps d’en venir à des actions visibles. […] Que tous les acteurs mécontents de la politique sportive de la FFE portent un brassard ou un signe distinctif orange à partir des compétitions du week-end du 17-19 Avril. Que nous soyons à pied ou a cheval, nous devons montrer notre désaccord avec le fond et la forme de la politique fédérale relative au sport. » NON. Un mot d’avenir. D’autant que le 27 août prochain, à minuit trente, la planète Mars sera exceptionnellement proche de la Terre, à tel point que nous aurons l’impression de voir deux Lunes. Ou deux Mars…

Like a virgin

894895319.jpg(Photo : Craig Orsini)

Parce qu’elle galopait du côté de New York les yeux fermés crinière au vent concentrée sur sa prochaine tournée mondiale universelle intersidérale, fredonnant tagada tagada, et qu’une meute affamée de paparazzi a surgi de l’ombre de la nuit des fourrés environnants, Madonna est tombée de cheval. « Blessures mineures et ecchymoses », nous rassure son attachée de presse après quelques heures d’angoisse (pour le public) à l'hôpital. Ne riez pas. La chanteuse aime l’équitation. Et elle progresse. La preuve, sa dernière chute lui avait coûté deux côtes et une clavicule. Depuis, tous les paparazzi du Monde en ont après sa clavicule.

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