22.11.2009
Dans ta Facebook
Le terme « unfriend », que l’on pourrait traduire par « désamicaliser », vient d’être élu mot de l’année 2009 par le New Oxford American Dictionary – le Petit Robert made in USA. Pourtant, « unfriend » s’utilise uniquement sur Facebook. Il s’agit d’une application qui permet d’effacer un « friend » de sa liste d’amis. Ce qui fait dire à quelques penseurs que la mode pourrait s’orienter vers une réalitification de ses connaissances, qui représente un non-sens pour un réseau virtuel dont le but est justement de pouvoir faire se rencontrer un cow-boy Bulgare émigré au Pérou (c’est un exemple) avec un étudiant qui écrit sa thèse sur l’influence de John Wayne dans la culture post-soviétique (c’est un autre exemple). Dans l’incontournable web-mag Influencia, Isabelle Musnik prend deux exemples pour démontrer que les marques ont bien pris conscience de notre tendance à « sacrifier nos friends sur la Toile ». En janvier dernier, aux États-Unis, où les double cheese mayonnaise sont servis gros comme des ballots de paille, « Burger King s'engageait à donner un Whopper gratuit à tous ceux qui se séparaient de 10 amis Facebook sur leur site. Le succès a été phénoménal : 234000 utilisateurs ont été radiés des listes de contacts en échange de quelque 23000 hamburgers. Plus récemment c'était au tour de 13ème rue en France de nous proposer de choisir un tueur à gages, et de lui donner un contrat pour tuer virtuellement un ami de notre choix. » Un phénomène qui vient relativiser les liens entretenus « virtuellement ». Qui pourtant peuvent s’avérer sincères. J’ai rencontré sur Facebook des gens, souvent cavaliers, qui méritaient de l’être, mais que je n’aurais probablement jamais croisés en vrai – à moins d’aller passer un Galop 9 à Gif-sur-Yvette ou suivre un stage de voltige à Phnom Penh, ce qui s’avère même plus qu’improbable. Des cavaliers qui peut-être disent la même chose de moi. Car sur Facebook nous nous ressemblons tous, comme les deux premiers morts de la première guerre mondiale, qui s’entretuèrent, se ressemblaient au point de porter le même nom alsacien. Sauf que la vocation d’un réseau social est de rassembler par affinités, pas d’attiser les conflits au point de nous unfriendiser à coups de baïonnette virtuelle. Alors je me demande si ce ne sont pas les réseaux sociaux eux-mêmes qui parfois nous trompent en proposant un service, certes souvent gratuit, suivi d’un autre qui vient annuler le premier. On ne crée pas un monde pour le détruire ensuite avec ses habitants. N’est pas Dieu qui veut. On n’offre pas un livre pour le brûler juste après. Ne devient pas Grand Inquisiteur qui ne veut pas l’être. Aussi je tiens ici à m’excuser auprès de mes friends sur Facebook d’avoir disparu du jour au lendemain. Même si je n’y peux rien puisque, comme l’Abbé Pierre toutes proportions gardées, j’en ai été radié – sans raison apparente, mais nous ne sommes que de simples mortels. Tués virtuellement. Heureusement, il y a des mondes parallèles. Aussi je vous donne rendez-vous sur Twitter.
PS. Si les cow-boys sont solitaires les blogueurs sont solidaires, aussi je tiens à souligner (aujourd’hui – une semaine après ces lignes) le post de mon camarade François Laurent, le Bruce Lee du Web 2.0 qui, sur son blog Marketing Is Dead, analyse avec brio, partant de mon modeste cas, les dérives autocratiques de Facebook. Qui a tendance à devenir le parfait contre-exemple du « marketing responsable »…
12:11 Publié dans Communication | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : unfriend, désamicaliser, mot de l'année 2009, influencia, isabelle musnik, facebook, radiations facebook, radiation abbé pierre sur facebook, hyppoblog sur facebook, hyppoblog sur twitter, ballots de paille







Trackbacks
Voici l'URL pour faire un trackback sur cette note : http://hyppoblog.blogscheval.net/trackback/3349
Commentaires
Facebook se meurt, bienvenue sur Twitter!
Plus sérieusement, utilisant Facebook depuis deux bonnes années, je me rend compte que seul mes amis proches vus très régulièrement correspondent encore avec moi. Les autres correspondent sans doute avec leurs propres amis proches. Pour rencontrer de l'improbable Twitter est pas mal. C'est d'ailleurs grâe à twitter que j'ai découvert hyppoblog...
Écrit par : leonard | 23.11.2009
Cher Léonard, ne reste plus sur Twitter qu'à inventer le "bar virtuel" - et improbable...
Écrit par : HyppoBlogueur | 23.11.2009
Écrire un commentaire
NB : Les commentaires de ce blog sont modérés.