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25.11.2009

Politique au Salon

OleGraf.jpg(Photo : Ole Graf)

La communication, vous l’aurez remarqué, s’appuie souvent sur l’actualité. S’il existait un Salon de la clé, votre serrurier en profiterait sûrement pour passer à la télé. Il en va de même pour le cheval. À la veille de son Salon parisien, il devient le centre d’intérêt de nombreux relais d’information – et c’est tant mieux. Ainsi, profitant de la dynamique du sujet, un article du Courrier Picard daté d’hier se voit aujourd’hui distribuer un peu partout sur le web. Fait étrange si on oublie que Compiègne, mégalopole picarde, représente un haut lieu de l’endurance équestre, l’article en question concerne la commune d'Astaffort dans le Lot-et-Garonne – à huit heures d’autoroute en Porsche Cayenne de la Picardie, donc. Là, cinq pur-sang arabes ont été abandonnés par leur propriétaire, un « Émirati très discret ». La commune, qui « depuis des mois » a pris en charge les équidés, ainsi que les « dégâts sur des cultures et des véhicules » qu’ils ont causés, veut maintenant « rentrer dans ses frais » en vendant lesdits chevaux aux enchères. Et André Garros, maire d'Astaffort, d’en faire la promotion. « Ils ont de bonnes origines, et depuis que l'affaire a été révélée par la presse locale, le secrétariat de la mairie a reçu des tas d'appels d'acheteurs potentiels ». Quoi qu’il en soit, M. Garros a choisi le bon moment pour sortir l’affaire. D’autant qu’elle est reprise par la Fondation 30 millions d’Amis, qui profite du Salon du Cheval de Paris-Villepinte pour « revenir sur ses actions en faveur des équidés et ses partenariats 2009 ». Dans sa page web dédiée, très prolixe en compliments sur le Salon en question, la Fondation rappelle qu’elle « n'oublie pas qu'à quelques kilomètres seulement des crinières bien peignées et des robes chatoyantes, d'autres sont tristement laissées à l'abandon au fond d'un pré. Le cheval souffre de son regain de popularité et ce ne sont pas forcément les moins fortunés qui s'en occupent le plus mal. » Une profession de foi étayée par la mise en avant du scandale d'Astaffort, « qui a retenu notre attention », et d’un autre, pire encore, concernant « un notable » de Dargies, toujours en Picardie, qui a laissé dépérir deux chevaux depuis euthanasiés, et contre lequel la Fondation s’est portée partie civile. En matière de communication, nous assistons ici à un bel exemple de recadrage vers la cible populaire des amis de Mabrouk. Mais la fin excuse parfois les moyens. Quant à la Fondation concurrente, celle de la rebelle Brigitte Bardot, et bien qu’elle en soit « interdite d’accès », elle profite également du Salon pour lancer, « dans les transports en commun parisiens » qui mènent à Villepinte et sur son « stand itinérant », sa nouvelle campagne au slogan très lapidaire : « Ne mangez pas de cheval ». C’est synthétique, mais parrainé par Mathilde Seigner – le film, visible sur jenemangepasdecheval.com, est, lui, par contre, beaucoup plus incisif avec la filière viande incriminée. (Par ailleurs, ceux qui souhaitent prendre part à la cause peuvent commander un autocollant ad hoc en se connectant sur le site de l’Antenne de l'Association Éthique du Cheval de la Bourgogne – AEC 89). C’est là tout le paradoxe d’un salon équestre. Depuis les marques de prestige qui le sponsorisent jusqu’aux militants de luxe qui le crédibilisent, tous en profitent. L’édition parisienne, plutôt diminuée lors de ses dernières éditions, en a peut-être pris conscience cette année en organisant une série de conférences autour d’un thème qui en dit long sur une éventuelle nouvelle stratégie : « le cheval, animal politique ». Tout un programme.

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Commentaires

Je vais jouer les oiseaux de mauvaise augure ou les avocats du diable, bref, effectivement le sujet vaut la peine de sensibiliser le commun des mortels d'attirer l'attention. Mais pourquoi encore une fois culpabiliser les gens qui mangent du cheval ......si une catégorie de la population aime manger du cheval pourquoi l'en empêcher !
Quand au reste, pas besoin de polluer les pauvres juridictions de notre pays, bien évidemment il est inconcevable de maltraiter son animal, de le laisser se dépérir ect....n'empêche que passer en audience correctionnelle après un mec qui a tapé sa femme ou violé sa cousine, ou un ivrogne qui a blessé trois personnes. Il faut être un peu réaliste. Encore une fois c'est du second degré.

Ecrit par : Arkadia | 25.11.2009

Arkadia, le problème, effectivement, n'est pas en l'occurrence de savoir si c'est mal ou bien de manger du cheval, ou du boeuf ou du lapin ou même des moules, espèces qui effectivement tapent rarement sur leurs femelles proches, mais, paradoxalement, d'imposer un minimum d'humanité dans l'exploitation de leur viande. D'où le film, pour une fois sans pathos, de BB. Or il s'avère qu'à l'époque de Jean Valjean on mangeait peu de viande. Aujourd'hui on en fait venir des tonnes de Pologne, à peu près vivantes c'est plus facile à transporter. Alors faut-il devenir végétarien ? D'accord mais je commence demain. Faut-il légiférer davantage ? J'aurais tendance à dire appliquons davantage les textes existants (européens) pour les professionnels, et non pour les particuliers, qui de toute façon se voient déjà confrontés à une série de lois contre la maltraitance - animale, parentale, familiale, etc. Maintenant, difficile de connaître le sort que ces particuliers réservent à leur tortue naine, le soir dans les toilettes. Cela dit la tortue dans une baignoire passe plus inaperçue qu'un cheval dans son garage...

Ecrit par : HyppoBlogueur | 25.11.2009

Ce que je ne supporte pas, ce n'est pas de manger de la viande c'est la façon dont ces animaux sont traités avant d'être abattus, là en effet je crois que je pourrai devenir végétarienne très rapidement (J'ai vu les reportages mettant en cause la société Charal, et c'est immonde).
La meilleure solution serait de manger nos propre animaux sur notre territoire national, éviter d'importer et imposer des règlements qui doivent exister pour le bien être des animaux destinés à être mangés.
Lé encore c'est un vaste combat qui ne peut exister que par la sensibilisation du consommateur. Seule solution élever son bœuf dans son jardin ou son cochon (ça fera moins de détritus dans les poubelles).
Quand aux animaux battus, comment veux tu imposer à un abruti qui tape sa femme, boit sa kro devant un match de foot....de ne pas enfermer son chien...il y a bien des cavaliers qui laissent leurs chevaux en box après un concours sans en prendre soin ou pire encore qui les font euthanasier pcq ça leur coute cher.
Je me rappelle aussi d'un reportage où de pompiers couraient après des visons d'Europe échappés...tout ça pour de la fourrure.
Les valeurs se perdent mon capitaine ! le progrès fait rage l'époque n'est pas vraiment moderne.

Ecrit par : Arkadia | 25.11.2009

Le seul véhicule non polluant et parfaitement recyclable ... Aaaah mais, je plaisante !

Ecrit par : marie breucq | 27.11.2009

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