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25.03.2010

Zapping au trotting

BANSKY3.jpg(Illustration : Banksy)

Si le tiercé l’utilise depuis Léon Zitrone, le tennis ou le football ont découvert voici (relativement) peu de temps les avantages de « l’arbitrage vidéo ». Une technologie fiable qui vient non pas se substituer aux juges mais les soulager dans leurs décisions. Soit en montrant ce qui n’a pas été vu, soit en démontrant (ou en démentant) ce qui a été énoncé. Voire les deux dans le cas de Thierry Henry jouant au basket sur un terrain de foot… Une méthode juridiquement indiscutable dans la mesure où l’image ne ment jamais – un ralenti en 3D figurant la trajectoire de la balle de service lancée à 192 Km/h hors du carré de son adversaire par Amélie Mauresmo suffit à prouver aux quinze millions de téléspectateurs scotchés devant Roland Garros que la joueuse souffre effectivement d’un double lumbago métacarpien à l’auriculaire gauche. Imparable vérité numérisée à jamais sur l’écran de télévision. Or, en matière d’endurance équestre il semble que cette formule technico-judiciaire retienne actuellement l’attention de la Fédération Internationale d’Équitation (FEI), qui demande aux fédérations nationales de tester la chose à l’occasion de quelques épreuves. En France, la FFE s’est donc tout naturellement tournée vers les principaux juges de la discipline : les vétérinaires. Aussi les membres de l’AFVEE (Association Française des Vétérinaires d’Endurance Équestre) ont-ils commencé à réfléchir aux conditions d’utilisation du système. Premier objectif, définir l’utilité de la méthode. Les conclusions préliminaires aboutissent à un paradigme clair : « faire accepter aux cavaliers l’élimination de leur cheval ». Une acception comparable au principe de la preuve à charge. La vidéo ne servirait ici qu’à démontrer le bien-fondé d’une décision négative en cas de réclamation du cavalier (deux au maximum par course, suivant la nouvelle réglementation liée à l’usage de ladite vidéo). Ainsi, dans la mesure où la boiterie d’un cheval peut dépendre d’une allure naturellement imparfaite (on parle alors de « défaut d’allure »), l’observation vidéo devra pallier la mémoire éventuellement défaillante des vétérinaires après le contrôle initial. C’est pourquoi les vétérinaires prévoient (sans jeu de mot) d’enregistrer ce premier contrôle, afin de le comparer, en cas de litige, au contrôle éliminatoire. Un juge suprême préalablement nommé devra alors trancher au regard des deux trottings. Une solution techniquement pertinente, mais juridiquement attaquable, notamment si le cavalier voit dans sa disqualification une raison liée à sa « personne » – car le juge dernier se trouvera également sur le terrain, en contact avec le cavalier, et pourra apparaître comme étant non objectif. La solution se trouve peut-être, alors, dans une technologie plus pointue, capable de transmettre en temps réel la vidéo du trotting problématique, qu’une équipe étrangère à l’organisation, voire à la fédération concernée, étudierait à distance – pourquoi pas directement à la FEI ? (Nous n’aborderons pas ici le sujet, pourtant primordial, de la qualité de la prise de vue, et notamment le choix de l’angle de la caméra, sujet qui nous emmènerait dans des considérations dignes des Cahiers du Cinéma ce n’est pas le débat du jour…)

Second problème, et non des moindres : qui paye le matériel et le technicien ? La location d’une caméra et de son caméraman bénévole revient environ à 500€ (prix d’ami) – dans l’hypothèse bien entendu où personne pendant les trottings ne prendrait son virage trop large, car ladite caméra devra être placée à l’extrémité des couloirs. Une question subsidiaire reste en suspens, celle de savoir combien il faudra de caméras pour atteindre un niveau de méthodologie suffisant, car un seul couloir de trotting ne suffit pas… A priori, ce sont les organisateurs de l’épreuve qui prendront en charge ces quelques centaines d’euros. Pour y parvenir financièrement, ils n’auront d’autre choix que d’imposer une contrepartie, soit une réduction des honoraires vétérinaires, qui représentent une part importante du budget global d’un événement d’endurance, soit une augmentation des frais d’inscription, qui risque de refroidir de nombreux cavaliers. Aux différents acteurs, donc, de s’entendre. Des discussions discrètes sont en cours. Et dans la mesure où cette disposition deviendrait obligatoire, la marge de manœuvre semble réduite. Donc, si vous avez l’intention de courir l’une des cinq « courses test » du calendrier toujours officieux (Castelsagrat, Rambouillet, Corlay, Villefranche du Périgord et Monpazier), n’oubliez pas de sourire, car vous serez filmé…

24.03.2010

McDo placé dans la septième

FranckUyttenhove.jpg(Photo : Franck Uyttenhove)

Les publicitaires polis ne parlent plus aujourd’hui de «cibles», mais de «prescripteurs», c’est-à-dire une cible capable d’influencer une sous-cible. Malheureusement pour eux, les plus grands prescripteurs de la planète vivent encore à l’état sauvage. Les enfants. Vous aurez remarqué, déjà, la hauteur à laquelle sont placés leurs articles préférés, qui se mangent qui se boivent qui s’ouvrent ou qui se cassent, dans les rayons de supermarchés. Car l’enfant, à l’instar de la buse à aigrette cendrée, ne quitte jamais du regard la proie qu’il a en ligne de mire, et la poursuit jusqu’à l’obtenir – ou jusqu’à finir les deux mains scotchées au chatterton sur la barre du caddie, ça dépend des jours. Les publicitaires donc, polis mais professionnels, le savent. Et quel que soit le produit à vendre, ils cherchent le lien avec ces têtes blondes au cerveau hyper disponible dès qu’il s’agit de devenir Batman ou championne du Monde de coiffure sur hamster. Or vous n’aurez pas manqué de remarquer aussi un phénomène universel, les enfants aiment par-dessus tout deux éléments plus ou moins naturels : le sucre et l’espace. Le second servant généralement d’argument pour éviter le premier. – Non tu n’auras pas de Carambar si tu veux pleurer tu sors et si tu arrives à attraper un pigeon je te donnerai un Malabar. (L’adulte se montre parfois vicieux, mais c’est souvent de bonne guerre.) Aussi, conseillée par l’une des meilleures agences de communication parisienne, la société France Galop axe sa nouvelle campagne pour les «Dimanches Au Galop» (7ème édition – du 21 mars au 23 mai 2010) sur cette population-là, qui présente en outre une spécificité unique : elle ne sort jamais sans ses parents. Attirer un enfant, c’est attirer une moyenne (approximative) de 1,78 adulte. Mais que vend France Galop, au juste? Des courses. Donc de l’espace – rempli, accessoirement, de chevaux, qui représentent le troisième élément fédérateur au sein de la population « moins de dix ans », car les animaux c’est beau ça court vite c’est fort et on peut leur tirer les poils sinon on les écrase mais ça dégouline c’est horrible mon préféré c’est les dauphins. En l’occurrence, ils se contenteront de chevaux qui, malgré cette concurrence déloyale des dauphins, les passionnent, tout comme leur 1,78 parent, certes venu là pour trouver de quoi occuper les petits un dimanche ensoleillé en évitant le square gavé de septuagénaires bavardes, mais également pour admirer, parier, vibrer. Néanmoins, un cheval de course n’a rien à voir avec un poney. Difficile de tresser la crinière d’un pur-sang anglais qui toise à un mètre soixante-dix, et pas question de lui tirer la queue pour s’en faire un masque de Shrek. Aussi faut-il attirer les enfants, « prescripteurs » de leurs parents, conquis par l’idée de joindre l’utile à l’indispensable. C’est pourquoi France Galop a passé un accord avec les restaurants McDonald’s, qui savent attirer les enfants comme la BMW série 3 cabriolet attire le coiffeur divorcé. En langage marketing : « McDonald's et les Dimanches au Galop partagent des valeurs communes sur la famille et les enfants ». Dans les faits, les McDo proches des hippodromes de Longchamp et Auteuil vont distribuer 400 000 flyers et 12 000 « Pass VIJ –Very Important Jockey », délicatement glissés dans les boîtes de Happy Meals. Ce qui dessine un parcours dominical inextricable : déjeuner d’un double cheese, visiter l’hippodrome, assister à une course (deux si le petit dernier arrive à s’endormir au fond d’une poussette insuffisamment insonorisée pour supporter les 900 décibels ambiants), quitter les lieux au bout de trois heures, rentrer en bus sans étrangler personne. Mais le ciel était bleu. Et vous savez dorénavant que votre progéniture, quand elle sera grande, sera jockey. Parce que les jockeys travaillent près d’un McDo.

23.03.2010

Les sous de Palm Beach

ErikChevalier.jpg(Photo : Erik Chevalier)

Deux milles chevaux, soixante hectares, trente nationalités, douze semaines de concours, deux flics à Miami… Palm Beach (Floride, USA), officiellement candidate à l’organisation des Jeux Équestres Mondiaux (JEM) 2018, se place en position de leader. D’autant que Michael Stone, directeur de la société ESP, en charge du développement de la ville, qui a déjà dépensé 20M$ pour améliorer son complexe dédié aux Sports Équestres, assure n’avoir besoin d’aucun soutien financier s’il lui fallait organiser l’événement. Argument de poids pour la Fédération Équestre Internationale (FEI). Néanmoins, un contre argument tout aussi pesant commence à trotter dans les lointains paddocks européens. Après Lexington en 2010, les États-Unis se verraient attribuer l’organisation de deux des trois derniers JEM – entre les deux, la Normandie en 2014. Les Jeux Équestres Mondiaux, décidément, aiment le sable fin… Alors, si l’argument économique vient primer sur les autres, n’oublions pas, dans ce cas, qu’il existe des plages ailleurs. Des plages climatisées, même…

Comportement étanche

HubertusHamm.jpg(Photo : Hubertus Hamm)

Faisons une expérience. Un cheval fait une sieste dans son box. Je crie, de loin, « carotte ». Rien. (Il s’agit néanmoins d’un cheval normalement constitué.) Maintenant, je rentre dans le box et je dis « cassoulet » en lui montrant la carotte. Évidemment le cheval engloutit la carotte – croyant éventuellement avaler un cassoulet. Expérience ridicule me direz-vous. C’est vrai. Pourtant, c’est le genre d’expérimentation que, depuis toujours, nous faisons subir à l’animal, confortant ainsi notre conscience humaine de l’identité de cet autre naturellement inférieur. Comme disait Georges Canguilhem, philosophe à Strasbourg jusqu’avant les dernières régionales : « sans doute l’animal ne sait-il pas résoudre tous les problèmes que nous lui posons, mais c’est parce que ce sont les nôtres et non les siens ». En d’autres termes, nos expérimentations s’appuient sur des facteurs extérieurs à leur objet, annulant les facultés normales du sujet. Voici la thèse que défend la philosophe Florence Burgat dans son dernier opus, Penser le comportement animal. Contribution à une critique du réductionnisme (Éditions de la Maison des Sciences de l’Homme/ Éditions Quae). Une étude qui pose donc un postulat simple : avant d’étudier un comportement, étudier ce qu’est un comportement. Car les méthodes existantes présentent « un défaut commun : chercher à expliquer un comportement en le traitant comme la résultante d’un faisceau et d’un jeu de combinaisons et d’interactions de réflexes, en négligeant tout à fait le rapport spécifique de l’organisme vivant avec son environnement qu’il contribue à constituer, qu’il organise, et auquel il réagit de manière créatrice. » Sorti de son environnement, l’animal devient étranger à lui-même. Ailleurs que dans son box, dans un restaurant de Neuilly-sur-Seine par exemple, notre cheval de tout à l’heure pourrait très bien demander du feu pour allumer sa carotte. L’objectif scientifique devient alors de « mesurer la variation du comportement animal soumis à tel ou tel facteur pour ensuite configurer une sorte de modèle stabilisé de schèmes comportementaux, c’est-à-dire un modèle à portée générale capable de se répéter au sein de n’importe quel groupe de la même espèce et avec n’importe quel individu. » Vingt chevaux dans un restaurant ne le transforment pas nécessairement en fumoir. Ainsi, malgré nos certitudes ménagées par la méthode Coué, le « bien-être » animal ne dépend pas de ce que nous pensons des situations dans lesquelles nous les plaçons – un cheval peut s’ennuyer dans son box, une poule peut déprimer dans une batterie. L’affirmation paraît sans doute évidente, pourtant nos chevaux dorment entre quatre murs et nos poulets rôtis n’ont jamais vu le jour… «L’industrie alimentaire a poussé à sa dernière extrémité l’avilissement d’organismes doués de sens, capables de mouvement, sensibles et plein d’énergie vitale en les réduisant à l’état de machines à pondre et de machines à viande, privés d’environnement, enfermés à vie, artificiellement éclairés, alimentés automatiquement.» Attention, le but de Florence Burgat n’est pas de faire pleurer dans les chaumières ou de recruter des végétariens, mais de critiquer la méthode jusqu’alors admise, qui « expose l’organisme à des excitations isolées en s’ingéniant par ailleurs à agencer les conditions expérimentales de telle façon que le phénomène qui correspond à une excitation donnée puisse se dérouler dans un isolement aussi parfait que possible. Ce principe ne peut être appliqué dans des conditions idéales que si l’on détache de l’organisme total cette partie que l’on veut examiner. » Demandons-nous alors ce que peut bien être un box « idéal ».

18.03.2010

FFE point com

DominikVonWinterfeld.jpg(Photo : Dominik von Winterfeld)

Après ces quelques semaines de mise au point nécessaires, arrêtons-nous le temps d’un reload sur le « nouveau » site de la Fédération Française d’Équitation – www.ffe.com. Plus aéré que le précédent. Plus ergonomique. Plus esthétique. Pas forcément plus complet, mais un problème à la fois. Car quoi qu’il en soit, la forme autorise quelques réflexions sur le fond. Notamment le bandeau supérieur. Un bandeau défilant… « Panneau » N°1, une photo de trois cavaliers d’endurance, reconnaissables au champ large, aux casques, aux dossards, aux chevaux. Une accroche, dans un rectangle vert : «Vous êtes compétiteur / Découvrez l’espace compétiteur >>>». Imparable logique d’un rédacteur sec… Et un positionnement des plus originaux. La FFE considère les acteurs de l’endurance comme des « compétiteurs », et les premiers parmi l’ensemble de ses cavaliers. Une conclusion étonnante au regard d’une discipline pas plus olympique que médiatique, mais une reconsidération pertinente si l’on considère l’endurance en tant que seconde discipline au classement des pratiques nationales, derrière le CSO. Tiens, d’ailleurs, où le webmaster a-t-il bien pu le cacher, le CSO ? « Panneau » N°2. Une douzaine de randonneurs et leur monture au milieu d’une clairière à la lumière acidulée. Une accroche, dans un rectangle toujours vert : «Adepte du grand air / Découvrez l’onglet Tourisme Équestre >>>». Après l’endurance, première discipline d’équitation extérieure, la randonnée, discipline historique de l’équitation – jusqu’à la fabrication de la 4L pour aller pique-niquer le dimanche. Le fléchage « tourisme équestre » aurait-il pris le pas sur les autres ? « Panneau » N°3. Enfin, un sauteur saute. Haut et décontracté. Accroche du rectangle qui reste vert : « Olivier Guillon et Kikuyu du Coty / Découvrez l'espace Équipes de France >>> ». Si l’endurance représente le sport et la rando le loisir, le CSO symbolise une équitation nationale. Le CSO reste la discipline qui brille et nous fait briller. Une mise en abîme de notre passé, de nos stars, de nos clubs. Inconsciemment, l’équitation c’est le grand saut. « Panneau » N°4. Des enfants s’éloignent sur leurs poneys, suivis par une adulte à pied collée à son téléphone. Accroche verte : « Dirigeants, enseignants, animateurs / Découvrez l'espace club >>> ». Pour briller, il faut apprendre à la génération d’après à jouer avec des allumettes, en l’encadrant par des professionnels ouverts au Monde. Une conception qui se tient. À ceci près que le « club » répond à des normes davantage alignées sur le plaisir que sur l’efficacité pédagogique. Pour sauver l’équitation, les clubs ont remplacé les leçons par des cours. Mais alors, si le plaisir remplace le travail, comment briller ? Par la volonté individuelle. « Panneau » N°5. Une jeune femme aux yeux sombres franchit un obstacle hors champ sur un cheval à bonnet. Inscrit en énorme, Grand National. Accroche rectangulaire : « Grand National / Retrouvez l'actualité du Grand National >>> ». « Panneau » N°6. Un jeune homme grimace concentré sous son haut-de-forme sur un cheval coiffé dressé brossé. Inscrit en toujours énorme, Grand National. Même accroche. Que nous disent les regards déterminés de ces deux cavaliers de compétition ? Que le principal, c’est de participer à la vie sociale à travers l’équitation, et de projeter une vision de soi-même en correspondance avec le temps – en l’occurrence le temps de la concurrence… Les vainqueurs d’un côté, symbole d’une volonté de réussite (et parfois de succès accomplis – la France a ses champions). D’un autre côté, les compétiteurs, représentants d’un sport passion de masse (sur le « panneau » N°1, les cavaliers d’endurance sont plusieurs, ce qui n’est pas le cas des images figurant les autres disciplines). À croire que la FFE se pose la question de savoir où s’inscrit l’avenir. Dans l’effort ou dans le plaisir ? Dans l’ambition personnelle ou dans le rapport aux autres ? Dedans ou dehors ? Le genre de questions qu’il est toujours sain de se poser quand on a la charge de développer un sport qui talonne le football et le tennis…

08.03.2010

Droit dans ses jarretières

JBMondino.jpg(Photo : Jean-Baptiste Mondino)

Marquée d’une pierre blanche, notamment dans le Sud-Est où toute une génération de cigales découvre les joies du ski, cette journée internationale du droit des Femmes, la centième d’une série impulsée par des Européennes de tous poils (au premier rang desquelles une allemande, donc), se voit perturbée par une décision sans appel de plusieurs régies publicitaires concernant le dernier album de Damien Saez. Le musicien français, auteur des fameux Jeune et con ou encore de On n’a pas la thune, a en effet choisi d’illustrer son CD avec une photo du célébrissime Jean-Baptiste Mondino présentant une femme nue dans un caddie de supermarché – photo qui sert également de support de communication pour ses concerts au Zénith, les 5 et 6 juin prochains vous ne pourrez pas y aller puisque c’est le week-end du Raid Yvelines à Rambouillet dommage. Titre de l’album : J’accuse, en référence au grand Émile Zola qui, déjà au XIXème siècle, dénonçait avec raison l’absence d’un rayon casher dans les rayons de son épicerie habituelle. Un message que lesdites régies, à commencer par celle de la RATP, qui dernièrement refusait d’étaler sur ses murs une photo de Serge Gainsbourg au prétexte qu’il y fume, ont une fois de plus décidé d’interdire en raison d’une approche politiquement très incorrecte. Car elles voient dans cette image l’exploitation commerciale de la Femme, que justement vient dénoncer le photographe – et avec lui le chanteur. Une réaction qui pose une question : comment faire prendre conscience d’une réalité sans la montrer ? Comment, sans les montrer, lutter contre le travail des enfants, contre la maltraitance animale, contre la lèpre ? Une seule photo a le pouvoir de faire vomir toute une rame de métro – bien que ce ne soit pas le but du jeu, d’où l’obligation de ne pas (trop) choquer le public. Ici, régies publicitaires et supports (à l’exception notoire du journal Libération) démontrent leur propension à considérer les consommateurs comme des niais, incapables de prendre du recul. Ce qui s’avère très énervant, même pour les non-fans de Damien Saez… Que se passera-t-il quand nos « régisseurs » liront le dernier ouvrage d’Évelyne Pisier, Les droits des femmes (collection Dalloz), y découvrant qu’une loi, toujours en vigueur depuis 1800, interdit aux femmes, et particulièrement aux Parisiennes, de porter « tout autre pantalon que celui d'équitation » – et pour « prouver qu'il s'agit bien d'un costume d'équitation, la femme devra tenir à la main une cravache » ? Les régies publicitaires imposeront-elles alors la jupe, pas trop courte, sur toute campagne utilisant l’image (positivement correcte) d’une femme ? Ou, forcées de céder aux contraintes de la réalité, exigeront-elles la cravache dès qu’il y pantalon ? Auquel cas il faudra également interdire les pantalons de cuir, matière qui risquerait de conférer à cet accessoire un rôle des plus connoté depuis le premier vinyle des Village People… Peut-être devrions-nous réfléchir à une journée du pantalon, donc de l’équitation, donc des cavaliers, donc des cavalières, donc des chevaux. Ou, plus globalement, à une journée du Droit.

À noter, en ce jour XX, plusieurs événements délicatement pointus.

Le dixième anniversaire du magazine Femme Cheval Passion, qui comme son nom l’indique traite avec passion des femmes de cheval, qui laissent néanmoins entrer quelques hommes dans leur club.

La création d’un « réseau social 100% féminin », Femibook, sorte de Facebook centré sur le beau sexe. Le mien y étant interdit de séjour, je ne peux pas en dire davantage.

Une série de documentaires sur Equidia. Des femmes dans la course, de Christine Stromboni, portrait de trois driveuses de trot. Les amazones du polo, de Nina Barbier, qui présente Lia Salvo, la Maradona de la discipline. Mémoires de sable (Peignoir Prod.), à la rencontre de chevaux retournés à l’état sauvage sur Sable, une île aussi venteuse du Canada enneigé. Enfin, Le cheval au féminin, de Valérie Perrey, qui pose un regard féminin (what else ?) sur l’équitation actuelle à travers les témoignages de femmes de cheval, intellectuelles, responsables institutionnelles, cavalières – dont quelques figures de l’endurance, comme Morgane Payen ou Cécile Demierre.

Drapeau vert

JonathanGlynn-Smith.jpg(Photo : Jonathan Glynn-Smith)

« Le premier responsable de la Fédération a fait cavalier seul, en décidant à la place des nombreux techniciens et responsables de club qui, apparemment, ont été mis à l’écart de toute décision relative aux sports équestres. Le président devrait prendre en considération les nombreuses doléances portées à son attention. Avec le manque criant des compétitions (obstacle et endurance), beaucoup de cavaliers, qui s’investissent au quotidien dans le sport équestre, se demandent, avec appréhension, comment nos équipes nationales vont pouvoir obtenir des résultats satisfaisants dans les prochaines échéances. » Et oui, la colère gronde sur le site algérien planetesport, depuis que la course de Zéralda, « raid d’endurance pourtant très attendu par les cavaliers », a été annulé le week-end dernier. Une annulation « amplement prévisible » dans la mesure où le calendrier fédéral des compétitions a été arrêté sans concertation. La Fédération algérienne, menée par son président Hassen Bouabid et Hmida Bougandoura, équivalent de notre directeur technique national, semble souffrir d’un cruel manque de communication. Comme quoi la Méditerranée se traverse facilement à la rame.

Logotomatique

À défaut de prophétiser Hollywood, la France remporte l’Oscar du court-métrage. Logorama, de François Alaux, Hervé de Crécy et Ludovic Houplain. Dans une ville désespérément marquée par les publicités, des enfants Haribo visitent un zoo où vivent les seuls crocodiles français qui ne finiront pas en sac à main. Tandis que des Bidendum Michelin courent après M. McDonald. Extrait.

 

 

Innovation Galop 2

MicheleGastl.jpg(Photo : Michele Gastl)

Toujours à la proue de l’innovation dans son ciré jaune, HyppoBlog soutient depuis ses débuts le concours équidéfi – « premier concours de projets innovant pour la filière équine », dont la seconde édition a été officiellement lancée dimanche dernier, profitant du calme plat de l’ouverture du Salon de l’Agriculture. Organisé conjointement par l’Institut Français du Cheval et de l’Équitation (IFCE), Normandie Incubation et le Pôle de compétitivité Filière équine, l’objectif du concours reste de développer les deux projets innovants victorieux («création d'entreprise innovante» et «projet R&D d'entreprise») – tous les deux liés au cheval et « susceptibles de se développer en Basse-Normandie ou avec un partenaire bas normand ». Sachant que les projets retenus lors de la première édition étaient déjà bien sentis, cet épisode 2 pourrait peut-être révéler un nouveau Léonard de Vinci, qui pourtant connaissait peu de choses à l’équitation…
Pour tout savoir du concours et tenter votre chance : www.equidefi.com

06.03.2010

Rio Bravo Galliano

Vendredi soir Dior déclarait l’hiver au carrousel du Louvre. Pour ouvrir le bal de cette collection 2010/2011, John Galliano, gourou loufoque et magistral de la marque j’adore, offrait au Monde la somptueuse Karlie Kloss en cow-girl urbaine – vestes d’écuyères, chapeaux (signés Stephen Jones), bas de mohair, robe de dentelles, rubans mathématiques. John Wayne aurait adoré.

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