14.04.2011
Yaya Rocket
(Photo : Lisa Jack - Barack Obama, Occidental College, N°25, 1980)
Il s’appelle Aoual Yaya Alioum et « s’apprête à devenir le premier cavalier noir à participer en dressage à la grande messe olympique » – dixit le site cameroonvoice.com, qui voit là « une petite révolution : au Cameroun, berceau de nombreux athlètes et footballeurs de grande qualité, l’absence de cavalier est flagrante », un « phénomène notable pour toute l’Afrique noire, grande absente des Jeux équestres mondiaux de Lexington ». De son côté, depuis le Haras de la Ferrandière (Eure) où il s’entraîne, le cavalier se considère lui-même « comme un pionnier » dans « une discipline réservée aux nantis ». Mais une fois passées ces considérations philosophiques, Aoual redevient homme de cheval qui, voici quelques années, a « réussi à amadouer Chef, un barbe soudanais – d’un cheval méchant, j’avais fait un cheval gentil ». Depuis, le garçon n’a pas quitté sa selle, ni Vasco, « hongre belge de 12 ans » qu’il compte bien mené aux JO de Londres l’année prochaine. Mais personne ne se fait d’illusion, Aoual Yaya Alioum « ne sera jamais champion olympique, bien loin des ténors néerlandais et allemands – pour autant, cavalier noir montant un cheval gris, il entend ne pas être ridicule »… D’autant que le cavalier camerounais « connaît trop bien les retombées négatives provoquées par la participation marketing de quelques nageurs et skieurs noirs aux Jeux Olympiques, pour le seul bonheur des internautes qui se délectent de leur maladresse. » Au point d’y voir «une parodie». Le syndrome Rasta Rocket, probablement – un film, dédicace drôle à tous les sportifs inattendus, qui devrait être obligatoire à l’école… Heureusement, le cavalier le concède : « on apprécie mon travail, que j’essaie de faire dans la légèreté et le respect de l’animal ». Et encore plus paradoxalement, l’article conclut par une cinglante analyse. « Dans cette disposition, [Aoual] ne refuserait pas une invitation de la Fédération équestre internationale (FEI), dont la préoccupation est d’élargir la base des pays pour conserver son label olympique. » Une fin qui pose une question simple sur l’équitation mondiale : qui a besoin de qui ?






Trackbacks
Voici l'URL pour faire un trackback sur cette note : http://hyppoblog.blogscheval.net/trackback/33088
Écrire un commentaire
NB : Les commentaires de ce blog sont modérés.