05.09.2011
Faire piaffer le buzz
L’équitation génère-t-elle naturellement une image de luxe, ou est-ce l’industrie du luxe, quasiment seule aujourd’hui à s’y identifier, qui pousse l’équitation vers les derniers retranchements d’un sport socialement très marqué CSP++ ? La question n’est pas nouvelle, notamment ici – et plus précisément, là. Quant à la réponse, elle se dessine lentement : le cheval en tant qu’animal symbolise ce qui se fait de mieux en matière de liberté, de puissance, de grâce, et l’équitation en tant que sport pourrait a minima représenter les mêmes valeurs que les autres – attirant par là même un champ beaucoup plus large d’annonceurs ou de sponsors. Cependant, le (toujours excellent) blog BUZZ2LUXE vient peaufiner l’équation à travers un post bien rythmé, « La danse, nouvelle dynamique pour les marques de luxe ? » La danse, qui libère les corps, qui rythme l’espace, énergie du beau… Or il s’avère que le cheval aussi, danse. Avec ou sans nous, mais surtout sous la selle de certains cavaliers d’exception, chorégraphes (Bartabas, Mario Luraschi), mais surtout dresseurs (Edward Gal, Isabell Werth), génies des corps doubles. Auquel cas les marques de luxe pourraient tout à fait s’intéresser à un « sixième art » bis. Hermès, Gucci, Rolex, depuis longtemps habités par le cheval et ses mythes, pourraient ainsi, un jour bientôt, détourner les regards vers une légèreté plus fusionnelle encore… Une hypothèse originale qui soulève une question nouvelle dans le débat sur le luxe de l’équitation – la plupart du temps lié à une discipline en particulier, paradoxalement la plus populaire, le Saut d’obstacle : les annonceurs ont-ils raison d’aborder l’équitation comme un tout ? Car si l’équitation consiste à tenir sur un cheval (et encore, parfois le cavalier reste piéton), toutes les équitations ne se ressemblent pas, loin de là. Ainsi le Saut d’obstacle pourrait s’assimiler à un sport de masse comme le footing, le Horse-Ball à un sport d’équipe comme le basket, l’Endurance à un sport de pleine nature comme le trekking, etc. Le Dressage, discipline très ondoyante qui cherche à rendre au cheval ses atouts les plus esthétiques, occuperait alors la place d’un sport sensible et codé, aux frontières de l’art, proche de la danse. D’autant que 80% des cavaliers sont des cavalières, et que le marché du Dressage atteint depuis peu des records que lui envieraient parfois les commissaires de l’Hôtel Drouot. Ainsi en 2010, au lendemain des World Equestrian Games de Lexington (USA), le cheval Totilas, monture triplement médaillée du Hollandais volant Edward Gal, se vendait en Allemagne entre 21 et 36 millions d’euros (suivant les sources). Et voici deux semaines le tout jeune poulain A la Dressage (qui porte bien son nom) se négociait, toujours en Allemagne, 200 000 euros – le prix d’une saillie, d’ailleurs, du grand Totilas… Rapport culturel doublé d’un rapport économique (à l’inverse, par exemple, du Polo, simplement élitiste – tout du moins en termes d’image), le Dressage et ses chevaux danseurs aurait donc toute sa place dans le monde scintillant du luxe. Transcendé par les caméras, il symboliserait alors ce rapport à la beauté, à l’art, à l’exceptionnel, à l’unique. Œuvre à dompter, ce cheval s’appellerait Prada, Lanvin, Chanel ou Saint-Laurent…
18:26 Publié dans Communication | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : buzz2luxe, buzz2luxe et equitation, marketing equestre, equitation et luxe, marques de luxe et communication, dressage, dressage et luxe, danse et équitation, hermès, gucci, rolex, prada, lanvin, chanel, saint-laurent, totilas, totilas et luxe, a la dressage







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