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28/11/2013

20% de TVA, 80% de politique

TVA équestre,manifestation 11 novembre(Manifestants parisiens, le 11 novembre – photo personnelle)

Rendons-lui hommage, la Fédération française d’équitation (FFE) a su y faire. La France entière sait dorénavant que les « centres équestres » vont souffrir d’un relèvement de leur taux de TVA. Les éléments de langage ont fait leur effet. Faillites, chômage, pouvoir d’achat, équarrissage, dé-démocratisation de l’équitation. Chaque élu, chaque média, chaque citoyen a bien en tête l’ampleur de l’hécatombe annoncée. Et les manifestations passées, en cours et à venir sont là pour le prouver, dont tout cavalier connecté se fait le relais. Au paddock les bonnets ont remplacé certains casques. Equitaxe, écho galopant d’une Ecotaxe. Quelques milliers de cavaliers un 11 novembre à battre le pavé parisien, quelques autres le 24. Jamais les poneys n’avaient à ce point envahi les esprits. Jamais la communauté équestre n’avait porté autant de banderoles. Non, le cheval n’est pas une niche fiscale. Non, l’équitation n’est pas un sport de riches. Oui, c’est la faute à ce gouvernement « traître » et « menteur », qui a abandonné l’équitation française à l’administration mortifère européenne, qui pourtant ne demandait rien. Les éléments de langage ont fait leur effet, l’ambiance générale a fait le reste.

Les Clubs défendent leur bifteck. Certains d’entre eux ne pourront pas « absorber » ces 13% de TVA supplémentaires qui vont faire mal aux cavaliers, à leurs parents surtout, qui risquent de revenir à la raison du ping-pong. Le gouvernement le sait, lui aussi. Pierre Moscovici, ministre de l’Economie, a dû intégrer le lobbying de ces derniers mois, et entendre par voie de presse les sabots de la République. L’hémicycle de l’Assemblée nationale en résonne encore : jusque fin 2014 les contrats signés avant le 1er janvier resteront taxés à 7% et un « fonds cheval » versera une vingtaine de millions « à la filière », en charge de les « gérer ». Message d’apaisement. Mais un message destiné à qui ? Aux dirigeants de Clubs ou aux cavaliers ? A l’instar des habitants d’un quartier qui soutiennent leurs artisans « sacrifiés », les cavaliers s’identifient aux Clubs. Clients et prestataires de service ne font qu’un. Manifestations de consommateurs autant que de professionnels. Aussi une question se pose. Quels intérêts défend la Fédération française d’équitation ? Ceux des Clubs, dont les dirigeants élisent le staff fédéral qui justement laisse planer l’idée de les soutenir financièrement, ou l’intérêt des cavaliers, qui font vivre les Clubs et donc la Fédération elle-même ? Peut-on imaginer plus simple réponse que celle-ci : la fédération défend ses propres intérêts.

Revoyons le scénario. Début octobre 2011 – non, le problème ne date pas d’hier – la FFE se décidait à rejoindre le collectif L’équitation en péril et sa pétition publique en ligne, pour devenir le porte-étendard d’une revendication déjà inextricable : au gouvernement de faire plier Bruxelles. Quelques jours plus tard les députés votaient un amendement, « contre l’avis du gouvernement », visant à sécuriser le taux réduit de TVA équestre. Fort de sa victoire, Serge Lecomte, alors et toujours président de la FFE, proposait rien de moins qu’une modification du code des impôts… 2012, année d’élection présidentielle faut-il le rappeler, à l’Elysée comme à Lamotte-Beuvron (où se trouve le siège administratif de la Fédération). La communication se fait sensible. Les tractations se font discrètes. Les promesses se font à huis-clos. Et la nouvelle tombe, le 8 mars. Bruxelles veut que la France mette en conformité fiscale ses entreprises équestres qui ne produisent pas de viande. Le 8 mars, sous le gouvernement Fillon, donc. Mais qu’importe. Qu’importe, sauf à considérer le principal argument des opposants « politiques » à l’Equitaxe, ici très souvent dans l’opposition et à Bruxelles très majoritairement sous l’étiquette libérale du PPE : cette mesure est le fait du gouvernement actuel, auquel l’UE n’impose rien. Ou si peu… Début octobre 2013, la presse s’emballe. Une agence de communication leur fait parvenir des communiqués alarmants. Le gouvernement va relever le taux de TVA équestre à 20%, va tuer des entreprises, des emplois, des chevaux, des espoirs par milliers, éléments de langage, toujours les mêmes, et chiffres à l’appui. Et les articles s’enchaînent. Et des groupes se forment, sur des forums ou sur Facebook. Et le message parfois dérape. Rien que de bien classique, en fait. Aussi mieux vaut-il prendre un peu de recul.

Oui, la situation est grave pour qui aime l’équitation, et pire encore, pour ceux qui en vivent. Oui, il faut sauver nos chevaux. Oui, il faut faire quelque chose, et manifester est une solution, ne serait-ce que pour motiver ceux qui le peuvent ici à agir politiquement à Bruxelles, mais surtout pour appeler à une communauté large, européenne, susceptible de mener le combat décisif pour une harmonisation continentale autour d’une taxation ad hoc – l’occasion pour la Fédération européenne d’équitation (EEF) de s'exprimer… Oui, l’équitation doit rester un sport accessible, et avant tout être considérée comme tel par le gouvernement, quel qu’il soit. Mais non, les ministres de Jean-Marc Ayrault, lancés dans un chantier pharaonique de redressement budgétaire, n’ont pas spécifiquement abusé de leur pouvoir, en tout cas pas plus que dans d’autres secteurs, et la liste est longue. Ils agissent, bien que leurs détracteurs, et encore, pas tous, disent le contraire, sous la contrainte d’une amende carabinée infligée, à court ou moyen terme, par l’Europe – qui a déjà condamné pour les mêmes raisons plusieurs de ses pays membres, désormais taxés à taux plein, et qu’il est injuste de concurrencer par ce biais. Enfin ils agissent en pensant à cette année 2014 de réforme européenne sur les taux de TVA, à l’occasion de laquelle ils espèrent pouvoir négocier quelques aménagements. Certes, rien ne dit que la stratégie aboutira…

Communication, donc, d’un côté comme de l’autre. Celle d’un gouvernement qui vise une « opération blanche » (pour reprendre LeCanard enchaîné), en d’autres termes se mettre en conformité avec Bruxelles tout en reversant à la filière 20M€ de la recette générée par cette hausse de TVA, que les calculatrices estiment à 30M€. Et la communication d’une filière équestre qui a décidé, le temps s’y prête, de descendre dans la rue, poussée par la FFE et ses organes déconcentrés – comités fédéraux et autres instances dédiées. Mais alors quelle est, cette fois, la stratégie de Serge Lecomte, aux commandes de la Fédération, en but à des critiques de moins en moins voilées ? Faire diversion ? Gagner en image auprès de licenciés habituellement très peu intéressés par l’action fédérale, et par là même affirmer son leadership auprès des professionnels, ses électeurs ? Politiser son rapport aux institutions ? Un peu tout ça en même temps, probablement, puisque dans les faits la Fédération agit comme une association de défense de consommateurs avec ses licenciés, comme un syndicat avec les entreprises équestres, et comme un parti d’opposition avec ses ministères de tutelle. Sur ce dernier point, comment M. Lecomte pourrait-il faire autrement sachant que, hormis quelques écologistes, les opposants à cette TVA, qui en leur temps ont su jouer la montre, s’opposent avant tout au gouvernement. Comme l’analyse Le Figaro, « aujourd’hui la colère est de droite », et le débat n’a d’autre option que le clivage.

Institutionnellement (Assemblée nationale ou Sénat), le cheval aussi est de droite. S’il a toujours su marier la chèvre et le chou, la carotte et le poney, Serge Lecomte se trouve aujourd’hui sur le champ de bataille aux côtés des chevaliers bleus qui assiègent un donjon rose dont il possède la clé. Le monde équestre est complexe. Une autoroute sur laquelle une dizaine de Porsche Cayenne doublent des centaines de Dacia Duster, mais on ne voit que les Porsche. D’où la « démocratisation » de l’équitation, qui depuis des mois est devenue LE cheval de bataille fédéral, vœu médiatique en phase avec l’actuel ministère des Sports et avec une large partie de la cible. D’où aussi cet argument massue, et objectif : le caractère meurtrier de cette TVA vient du fait qu’elle touche principalement une classe moyenne de licenciés, et de très modestes entreprises – sans préciser que la classe moyenne et les PME/TPE existent dans tous les secteurs, et qu’une taxe européenne se doit d’être la même dans toute l’Europe… Fastidieux exercice que celui-là, défendre une « exception sportive française » à vocation universelle et démocratique, même si elle semble plutôt destinée aux associations qu’aux entreprises privées (qui constituent le gros des Clubs), tout en se protégeant des critiques trop bruyamment démocrates en maîtrisant les micros, sans abandonner complètement l’idée prisée dans quelque club-house d’une exception de l’équitation, qui la dé-démocratise rien que d’y penser. La politique, ici, est gymnastique, et a pour seul mérite de poser cette question : en quoi la FFE est-elle représentative de la communauté équestre ?

Et s’il se veut force de propositions constructives, comme la révision du code des impôts, toujours d’actualité, ou l’instauration d’une « exception sportive française », sorte de nouvelle culture physique, Serge Lecomte, qui à l’origine refusait d’exposer sa Fédération en ne participant pas aux mouvements de protestation, dérive à son tour. En devenant partie prenante du débat, en faisant appeler la FFE à manifester, en défilant face caméras, et surtout en laissant filer, volontairement ou par défaut d’autorité, des références qui ne sont pas officiellement les siennes. Les slogans se lâchent contre le gouvernement en place. Réflexe normal pour de jeunes manifestants – en 1986, M. Devaquet aussi, savait où ils la lui mettaient, sa réforme… Rengaine bon enfant, au même titre que ces « Tous ensemble tous ensemble, ouais, ouais » importés du Poitou. Mais la dérive s’avère beaucoup plus saumâtre quand retentit sans raison évidente La Marseillaise en tête du cortège parisien, ou lorsque la référence au « On lâche rien » de la Manif pour tous gagne les réseaux sociaux. Mélange des genres, effet de mode, ou récupération subliminale ? Ce n’est pas sans raison que le journaliste Sylvain Courage appelle à se méfier du danger que représente le « poujadisme catégoriel » qui plane sur nos trottoirs depuis ces dernières semaines – de quelque secteur qu’il vienne.

Aussi faut-il se rendre à quelques évidences concrètes : le monde équestre n’est pas un monde parallèle, le monde équestre est multiple, les taxes et les impôts c’est la galère mais le système fonctionne comme ça, l’UE est ce qu’elle est mais nous sommes Européens, manifester sert avant tout à souder une communauté, et Serge Lecomte n’a plus d’autre option que Bruxelles, que le TGV ne relie pas encore à Lamotte-Beuvron. La TVA à 20% s’appliquera bien au secteur équestre à partir du 1er janvier 2014, dans les conditions diplomates énoncées par M. Moscovici, ce qui repousse l’échéance, pour ceux qui n’auront pas changé leur contrat 2013, au 31 décembre 2014. Dans le meilleur des cas Bruxelles aura d’ici là entendu la voix, si elle est unique et si elle sait se faire entendre, des entreprises équestres européennes, tandis que les (petits) Clubs français, soutenus ou non par ce « fonds cheval », auront su s’adapter en innovant. Sans doute y aura-t-il de la casse en route, mais espérons-le beaucoup moins qu’annoncé, et au lieu d’une botte nos chevaux n’auront plus que deux carottes en fin de séance. Dans le pire des cas la communauté équestre, cavaliers et entreprises, n’aura pas compris que la solution vient d’elle-même. Car elle seule peut se redessiner, elle seule peut réinventer la ou les équitations qu’elle imagine, elle seule peut se libérer des contraintes internes, elle seule peut se professionnaliser, elle seule peut faire évoluer son image. Ce n’est pas l’équitation qu’il faut défendre, c’est sa créativité.

Commentaires

discours d'une personne ne vivant pas de l'équitation ou alors d'un bureau bien confortable...
Simple : l'Etat doit plier devant Bruxelles pour quelques millions d'€ d'amende ??
alors pourquoi ce même état résiste t il à Bruxelles pour 450 millions d'€ d'amende dans le cadre de la gestion de la SNCM (liaison corse-continent)?
Apportez la réponse et votre courrier sera plus crédible.

Écrit par : p le comte | 29/11/2013

c est bonnet blanc et blanc bonnet..tout nos dirigeants sont dans un confort on vise son renouvellement a son poste on ecrase sobn prochain ....je suis ecoeure heureusement mes chevaux m apporte tout ce que reste me degoute...va t il falloir tout bruler ...pour ce faire entendre..mais par qui,,,,?????? trop c est trop ...le monde est en marche les chevaux c est du passee....y a rien a voir circuler bande de rengeart ...voila ce que l on pense de nous àpitie je retourne discuter avec mes chevaux a moins eux y sont pas cons ....

Écrit par : berges | 29/11/2013

Votre analyse de la situation est EXCELLENTE et je la partage pleinement. Bravo !

Écrit par : Frédérick Halm | 29/11/2013

Cher/Chère « p », aucun « discours » ici, juste les réflexions du simple propriétaire d’un cheval que je suis, qui certes ne vis pas d’une écurie, mais qui en tant que tel se sent un rien concerné – depuis son bureau dont le fauteuil aurait besoin de quelques ressorts neufs…
Pour ce qui est de la SNCM, étant peu au fait des liaisons Bruxelles-Ajaccio-Paris, je ne peux que lire les journaux, en l’occurrence Les Echos : « La France a deux mois pour répondre aux préoccupations de Bruxelles exprimées dans une lettre de mise en demeure de la Commission, faute de quoi l’exécutif européen pourrait hausser le ton et envoyer un avis motivé, dernière étape avant la Cour de justice de l’Union européenne. » Donc vous avez raison, la Corse résiste, mais combien de temps encore ?
Je ne dis pas qu’il ne faut pas résister (la preuve en est : M. Le Foll vient d’annoncer à l’instant « des mesures pour épargner l’éducation équestre »), je dis que la résistance doit prendre un sens au-delà d’elle-même dans la mesure où elle aboutit dans le meilleur des cas à un compromis plus ou moins durable. L’après-résistance, c’est l’adaptation d’une situation donnée à une autre, nouvelle.
D’où la nécessité d’innover, et mieux vaut y réfléchir le plus tôt possible. Le principe vaut pour l’équitation, qui aujourd’hui, à mon avis, n’invente pas suffisamment – accessoirement freinée par une fédération (cela dit le problème n’est pas propre à notre sport) dont l’objectif est de préserver entières ses prérogatives.
C’est pourquoi je dis qu’il faut défendre avant tout la créativité de l’équitation, c’est-à-dire son pouvoir de créer une « offre » et une image en phase avec le monde qui l’entoure, qui bouge. Comme, par exemple (simple mais réel et qui marche), un Club destiné aux adultes dans un environnement ad hoc, avec des services ciblés, autour d’une communication adaptée.
M. Lecomte axe sa « communication de crise » sur l’économie (TPE et classe moyenne). J’en fais autant. Nous n’avons juste pas la même analyse. Lui veut la continuité, je prône l’innovation. Je ne sais pas si cette réponse rend mon raisonnement « plus crédible », mais j’espère au moins qu’elle en aura précisé la teneur…

Écrit par : HyppoBlog | 29/11/2013

Cher Frédérick, merci. Pas très innovante ma réponse, mais synthétique...

Écrit par : HyppoBlog | 29/11/2013

Cher Jacky, offrez-leur une carotte de ma part...

Écrit par : HyppoBlog | 29/11/2013

Bonjour,
il me semble tout comme vous l'avez souligné que la discussion au parlement européen est engagée depuis très longtemps et que nous avons été amené à appliquer ce que nous avons décidé à ce niveau là, collectivement, à défaut nous aurions été condamné à payer des amendes... ce qui est coutumier de la France.
Il m'eut été agréable que la FFE se remue pour faire un lobbying actif en amont, il y a longtemps, mais à temps.
Je crains que nous ne fassions les frais d'un défaut de dynamisme de notre fédération. Mais je me trompe certainement. Je serai donc ravi de découvrir les actions entreprises par notre fédération pour soutenir la filière cheval au sein de l'Europe : nombre de lobbyistes, actions de communications, nombre de contacts avec des députés européens... Je lui ai posé la question mais j'attends encore la réponse.
Malheureusement j'étais loin de la métropole à la date de la dernière manifestation. La FFE a su pour la première fois m'envoyer un message pour m'inviter à manifester, mais quand m'informera-t-elle de ses actions pour que nos activités soient relayées par les médias nationaux pas uniquement lorsque nous nous décidons à manifester ?
Vous montrez que la FFE a su trouver des relais médiatiques forts pour donner un écho à la manifestation parisienne. Certes, mais les entre filets régionaux me semblent avoir été un peu limités.
Je continue le sport équestre, donc je continue à adhérer à la FFE. Je poursuis mes activités de loisir d'élevage et je porte de plus en plus de considération aux professionnels de la filière cheval qui sont représentés par des fédérations si peu médiatiques.
Pour en venir à votre dernier article, je partage votre analyse, de votre point de vue quelles innovations pourrions nous développer avec ou sans l'aide de notre fédération ?

Cordialement,
Denis van der Putten

Écrit par : van der Putten | 29/11/2013

Cher Denis, épineuse question que celle du lobbying fédéral et de ses relations médias – je relie les deux sujets, le lobbying étant de la communication, les médias pouvant y jouer leur part. Question que je posais d’ailleurs dernièrement, au cours d’un échange sur Twitter avec « un organe déconcentré » qui évoquait le fait que « les représentants de la filière équestre n’ont pas été invités aux discussions avec le gouvernement ». Là, deux options : soit il n’y a pas eu d’échange du tout, soit les échanges se sont faits avec quelqu’un qui ne représente pas la filière – ce qui paraîtrait pour le moins surprenant… Auquel j’ai demandé si la FFE « n’a jamais fait le moindre lobbying ». Réponse : « La FFE a pris toutes les mesures possibles dont les lobbyistes ». Voilà, je n’en sais pas plus. Si ce n’est que, logiquement, M. Lecomte a du s’appuyer sur les députés et sénateurs des commissions concernées, qui eux-mêmes ont relayé à quelques proches, dont certains à Bruxelles, et qui tous ont sauté sur l’occasion pour « charger » le gouvernement. Avec le résultat que l’on sait, même s’il évolue chaque jour…
Pour ce qui est de la communication plus traditionnelle, disons que la FFE ne considère que ses supports internes, et intervient à l’extérieur principalement en temps de crise. Avant celle de la TVA il y avait eu celle des JO, qui s’est avérée, à mon sens, une catastrophe médiatique. Sinon, en temps normal, rien. A croire que la fédération, celle-ci ou une autre (je pense à la FFF), considère le média d'abord comme un ennemi – au prétexte, je n’en vois pas d’autre, qu’il faut bien un jour lui parler d'autre chose que du beau temps...
Enfin, l’innovation. Vaste sujet qui mériterait une thèse, même si la créativité n’a pas spécifiquement besoin d’un Bac+8. Le principe est simple : l’innovation peut toucher tous les aspects d’une entreprise, même équestre… Elle peut concerner la commercialisation (offre adaptée, nouvelle, parallèle), la communication (notamment Web), le financement (crowdfunding), le produit (technologie, industrie, design), le procédé (Clubs itinérants, chaîne), l’aspect social (contrats locaux), et que sais-je encore. Il s’agit « simplement » d’inventer des solutions propres, ou d’appliquer à l’équitation ce qui se crée ailleurs.
Initiatives personnelles d’entrepreneurs inventifs qui n’empêchent pas, bien au contraire, un certain « management de l’innovation », via pourquoi pas une structure indépendante qui aiderait, corrigerait le projet – éventuellement pourrait-on s’inspirer (en soulageant un peu son côté administratif) du Pôle de Compétitivité filière Equine mis sur pied, entre autres intervenants, par l’IFCE.
C’est l’avantage de l’innovation : tout est à inventer…

Écrit par : HyppoBlog | 29/11/2013

Bonjour,
Merci pour cet article. Il est - bien malheureusement - rare de lire un papier sur le sujet de la TVA qui dépasse le simple "6000 chômeurs"/"la faute à l'ue-le gouvernement". La FFE sert effectivement ses propres intérêts et ça en est presque rageant de constater la pauvreté de leur action dans un moment aussi crucial pour l'équitation en France.
Malgré cela, j'apprécie énormément votre positivisme - que je partage - quand à l'avenir de l'équitation en France. Les clubs/pensions ont énormément évolué au cours des dernières décennies. IIs ont appris à proposer plus de services et à augmenter le panier d'achat moyen (stages, initiations, concours...).
Comme me le faisait remarquer un moniteur, les clubs perdent énormément de clients à l'initiation (un sport complexe...). C'est ici qu'une fédération (la notre ou une entité supérieure) devrait être présente pour accompagner les clubs dans une démarche plus pédagogique.

Écrit par : Mélanie Blog-Cheval | 09/12/2013

Chère Mélanie, vous me lancez là dans quelques réflexions pointues – à l’heure de l’apéro…
Attirer le client, intéresser le client, fidéliser le client : une règle de « marketing » assez basique, que l’équitation peut largement appliquer – davantage peut-être, même, que tout autre sport, où aucun cheval ne vient renforcer une passion extérieure, en tout cas parallèle à la pratique elle-même…
Attirer le client, pour un Club, revient très souvent à proposer des baptêmes aux enfants (cf. les campagnes TV de la FFE – sa seule action de communication…), dont l’intérêt principal est de présenter le « jouet poney ». Mais de mercredi en mercredi, le poney reste un poney, et l’enfant ne voit rapidement plus que l’aspect « apprentissage ». Il faut alors un bon animateur, c’est-à-dire de bonnes idées, pour ne pas le décourager – un peu comme avec le piano. Reste les autres cibles, que les Clubs devront aller « draguer » eux-mêmes.
Intéresser le débutant sur le moyen terme nécessite donc une pédagogie « vivante » et « sur mesure ». En la matière, seuls les Clubs sont responsables de leur succès, et eux seuls peuvent innover.
Fidéliser à long terme le cavalier s’avère plus compliqué. Il faut pouvoir lui proposer autre chose – proportionnellement à ses progrès, à ses objectifs, à ses envies de compétition. Deux options, alors : un « gros » Club capable de proposer une offre large, ou plusieurs Clubs plus modestes unis par un « partenariat » économiquement pertinent.
Oui, il faut rester positifs. Et pas uniquement à l’heure de l’apéro…

Écrit par : HyppoBlog | 09/12/2013

Entièrement d'accord avec votre réponse mais j'y apporterai des nuances. Ma formation "marketing" me donne un oeil plus enclin à un peu d'assistanat. Il est certain que seuls les clubs sont responsables/acteurs de leur succès. Par contre, des formations et une analyse régulière du volet "apprentissage" pourraient être intéressantes. Mon instructeur - un homme brillant - disait qu'on se formait toute sa vie ; et ce n'est pas qu'une question d'équitation. Adopter des équipements plus accessibles (comme les rênes pédagogiques vu au Salon de Paris) ne me semble pas dénué de bon sens ; par exemple. La FFE me donne juste l'impression d'avoir une logique quantitative mais pas qualitative...

Écrit par : Mélanie | 18/02/2014

Chère Mélanie, en effet l'innovation passe également par la formation - qui par définition nous apprend ce que nous ne savons pas encore, ne serait-ce que parce que c'est nouveau.
Et pour rebondir sur votre analyse d'une logique fédérale "quantitative et non qualitative" je dirai simplement que oui, la litote est un art...

Écrit par : HyppoBlog | 18/02/2014

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