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25.07.2008

Hot-Horse – avec moutarde

1977981918.jpg À tous ceux qui ne sont pas en vacances ou, mieux encore, aux parents qui ont envoyé leur progéniture en colo à Knok-le-Zout, je propose un week-end d’entraînement intensif… Demain (nous serons le 26 juillet), vous vous levez vers 10h00, et vous vous rendez au Haras du Pin – le cadre est magnifique, les écuries sont royales, le soleil est normand. Là, vous trouverez quelques dizaines de cavaliers internationaux qui tenteront de gagner une course d’endurance (125 Km) – je n’y serai pas, mon cheval s’entraîne pour les JO : il décale ses heures de sommeil dans la journée pour suivre l’intégralité des épreuves en direct, la nuit. Entre deux boucles (ce qui vous laisse une heure trente environ), vous ferez bien attention à optimiser l’angle de votre visage par rapport au soleil afin de bronzer au mieux, sachant, donc, que vous ne risquez pas la brûlure au deuxième degré... Et tout en évitant la buvette, d’une part parce qu’il vous faut garder des forces pour la suite des événements, ensuite parce que j’ai testé les gendarmes sur la route qui vous mènera vers Paris. Sont tatillons les gars… Vers 18h00, heure à laquelle normalement la majorité des cavaliers auront terminé leur course dans la sueur, vous récupérez votre automobile, direction Porte de Bagnolet (Paris XX). Vous allez directement à La Flèche d’Or – un lieu étonnant, ancienne gare ferroviaire de la petite ceinture, où accessoirement vous trouverez un restaurant, un bar et une bonbonne d’hélium à disposition pour parler comme l’affreux maire de Toonsville (en VF) dans Roger Rabbit. Au programme, un concert dont je ne peux pas dire grand-chose puisque Philippe Manœuvre ne critique plus que les amateurs : Horse meet Disco – It’s hot to trot ! Si. Comme je vous le dis. Un concept qui nous vient de Londres, où ni les rollers ni les vélos n’ont détrôné le classieux et fluorescent policier à cheval. PS. Je mets en grand l’affiche du concert dans l’album De l’art du cheval (ci-dessous à gauche). Qui vaut le détour. Et quel détour… Ici : http://vttsi.free.fr/Pages/Page_Pratique/Infos_Tourisme/I... Et là : http://www.flechedor.fr/

04.07.2008

Otherview

Voici quelques semaines j’ai envoyé un questionnaire à différentes personnalités de l’endurance équestre. Voici la première. Catherine Noël, championne du monde de show, compétitrice internationale d’endurance et grande spécialiste des gnocchis à la crème. Comment définir (objectivement ou non) l’équitation d’endurance ? Il s’agit d’une équitation ouverte à tous sur les petites distances, et puis plus on rajoute des kilomètres, plus cela demande de la technique, de l'entraînement, des compétences équestres, de l'expérience, du feeling... Pourquoi l’endurance plutôt que le saut, le cross ou le lasso argentin ? Si l’on compare l'endurance à un autre sport équestre, même réponse : pour les courtes distances, c’est un sport ouvert à tous, sans gros niveau d'équitation, sans gros moyen financier, sans super cheval mais avec tout le plaisir que procure l'équitation d'extérieur. Et si l’on compare l'endurance à n'importe quel autre sport… En fait non, ce n’est pas comparable ! Quel principal argument utiliser pour convaincre des avantages de ce sport ? L’équitation d'extérieur. Un sport qui ne demande pas un très gros entraînement physique personnel, même à haut niveau, pas de limite d'age. Mais qui nécessite une parfaite symbiose du binôme... (Je viens de voir que la question est au singulier : il ne faut qu'un seul avantage ?) J'ajouterais néanmoins un inconvénient : c'est un sport qui se pratique à deux, ce qui veut dire qu'il y a deux fois plus de probabilités pour que rien ne se passe comme prévu. Et le binôme doit être au top le jour J. Pas simple… Les qualités (ou les défauts) d’un bon cavalier d’endurance ? Les qualités : être patient (beaucoup de préparation pour une course), froid, compétitif, observateur (de son cheval et de ceux des autres), respectueux de sa monture, capable de se remettre perpétuellement en question, calculateur, humble (comme tout cavalier digne de ce nom), ne jamais s'écouter, et être un peu casse-cou. Quant au défaut : être un peu casse-cou, justement. Même question que la précédente mais pour son cheval ? Hormis les « atouts » physiques, les qualités du cheval doivent rester comparables à celles du cavalier : avoir du caractère, être battant, courageux, persévérant, et ne pas s'écouter. Qualités qui peuvent se transformer en défaut dans la mesure où les bons, souvent, ont tendance à être un peu difficile à gérer... À quoi ressemblera l’endurance de demain ? Des parcours rapides et moins techniques, avec des pilotes plus que des cavaliers, et des machines plus que des chevaux... Voilà. Aucun commentaire. Je vous laisse réfléchir...

25.06.2008

Penser très sport

464772769.jpg (Photo : Spencer Tunick – They won't allow any naked people on the grass, Vienna's Ernst Happel stadium, Euro 2008) Puisqu’il faut entraîner son cerveau qui est un muscle à l’image du poignet droit d’Herbert von Karajan, je réfléchis depuis quelques semaines avec l’agence pourquoitucours au sein d’un groupe de travail. Le thème : « Marketing sportif – les nouvelles règles du jeu ». (Paradoxalement le temps que nous y passons interdit la moindre séance de jogging. D’un autre côté j’ai perdu mon short Adidas en 1976.) L’objectif de cette étude est de se demander si aujourd’hui, à l’heure où l’on compte dix millions de millionnaires dans le monde, le sport garde encore ses valeurs intrinsèques, et si non, comment les marques pensent les sportifs – et réciproquement. Bref, sur le lien discutable entre le sport et la modernité (terme que personnellement je prends au sens baudelairien non ce n’est pas une dissertation je vous en prie restez…). Sans vouloir vendre la peau du dernier ours des Pyrénées qui n’en a pas eu, je voudrais ici vous faire part de mes premières réflexions dans la mesure où je tente d’y vendre l’équitation d’endurance (comme on dit à Florac : « un Adidas de perdu, un StudOne de retrouvé ») comme un « sport de demain ». Dans un style épicurien mâtiné de paraboles post-modernes qui a fait ma gloire de la 6ème B à la 4ème C je pose les galons d’un sport qui en mériterait davantage. Donc, voilà qu’est-ce que je dis. L’éthique du sport correspond à la culture d’une société – la corrida ne ressemble en rien au ski de fond. La question de la modernité dans le sport correspond plutôt, à mon sens, à la façon de faire coïncider les valeurs sportives admises (depuis les Grecs) – volonté de se dépasser, honnêteté, beauté du geste, éloge du corps, sens de l’équipe, motivation à la victoire (car le sport est compétition) – avec la valeur actuelle : la mondialisation. La modernité vue par le prisme du sport revient donc à imposer une éthique globale, donc à imposer des sports qui y correspondent : les sports « populaires ». Individuels ou par équipe, ces sports populaires génèrent des valeurs fédératrices – souvent liées à la morale religieuse (tu ne tricheras pas) ou au pathos (un « petit » Éthiopien sans chaussures gagne le marathon). Valeurs fédératrices nées du sport qui profitent aux sportifs et aux producteurs d’événements. Une boucle. QUELS SONT LES SPORTS DE DEMAIN ? Autre valeur fédératrice (après la mondialisation) : l’environnement. Retour aux sources de la terre (romantisme). Interrogations sur l’avenir (pragmatisme). Propositions créatrices (idéalisme). Je pense à un sport au carrefour de la nature, de la compétition et du temps politique. L’équitation d’endurance. Redécouverte du monde, de soi, du vivant. Sport individuel et d’équipe (cavalier plus cheval). Ouverture sur les innovations techniques ou génétiques. Réflexion (justement) sur la « modernité ». Voilà, vous pouvez respirer… Maintenant je souhaiterais vous mettre à contribution. La présentation des résultats de nos réflexions (parce que là je ne vous montre qu’une toute petite synthèse c’est après que ça se complique) a lieu demain (26 juin) soir. Alors si vous avez un message, une idée supplémentaire, une approche différente du sujet, je propose d’en débattre en direct avec le public. Ou mieux encore, je vous invite à venir participer aux débats. Ça se passe à la Scène Bastille (Paris) à partir de 19h00. Et comme il faut s’inscrire avant (enfin, en théorie…), je vous donne une adresse secrète – concentrez-vous, le site en question est quelque peu chaotique. Ici : http://www.levidepoches.fr/courtscircuits/

28.05.2008

Endurance aux bulles

1507559918.jpg (Photo : Roland Brucher) Tandis que je goûtais perplexe un cocktail mangue concombre et sa pointe, timide, de vodka russe, hier soir à l’occasion de l’ouverture d’un nouveau site communautaire et musical, grandcrew*, qui risque de sortir Paris de sa routine néo-libérale, j’ai causé polo avec un jeune garçon qui revient d’Argentine. Argentine égale polo. Pour lui, la situation est simple. Il y a le polo, donc, qui génère je cite « un rapport particulier au cheval », et le reste de l’équitation, à savoir le dressage. Le CSO, le cross, l’attelage ou les films de cow-boys, ça n’existe pas. Bon. Soit. J’aborde alors l’endurance – sans trop m’attarder sur ma dernière chute (voir post du 19/05), histoire d’être à la hauteur de la conversation. Et là, je m’aperçois que ce garçon, dont la culture équestre vaut bien la mienne et celle de Léon Zitrone réunis, n’en a jamais entendu parler. Et moi de lui exposer les caractéristiques fusionnelles indispensables à une bonne pratique d’un sport qui demande, lui aussi, des nerfs des muscles et un cheval de compétition – un seul cheval, quand un seul match de polo en use quatre ou cinq par cavalier… Après une heure d’argumentation et quelques coupes de champagne (pour oublier le jus de concombre), j’avais réussi à le convaincre – en tout cas de l’existence d’une autre équitation. Épuisé, je me suis souvenu d’une aventure similaire, voici quelques semaines, avec un trader millionnaire bien que trentenaire, propriétaire de chevaux de course en Normandie. Normandie égale yearling. Lui non plus, n’avait jamais eu vent de l’endurance. Mais après une heure d’argumentation etc, etc. (Vous comprendrez maintenant pourquoi je milite pour la défiscalisation du Dom Pérignon). J’en déduis que, aujourd’hui, l’endurance est à l’équitation ce que le web 2.0 est à TF1. * (parce que je ne mets pas, comme ça, des * par hasard), grandcrew c’est ici : http://www.grandcrew.com/blog/