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02.08.2008

Du coq à l’âne

533475135.2.jpg(Photo : Staudinger+Franke pour Nike)

Tandis qu’Adidas prévoit de délocaliser son usine chinoise de production vers des contrées meilleur marché (Inde, Laos, Cambodge, Vietnam et Europe de l'est – vu que « en Chine les salaires fixés par le gouvernement sont progressivement devenus trop élevés », dixit Herbert Hainer, le chef des trois bandes), le Coq Sportif investit les Jeux Olympiques. Le 8 août, jour J des JO, la Gaule sportive lancera une série de dix-huit mini-films web : Le coq loves China. Titre qui vient confirmer, remarquez bien, cet amour des Français pour la basse-cour laquée – de Belleville à la Porte d’Italie. Personnellement je préfère les travers de porc poivre et sel ou le Bô Boun. Mais là n’est pas le sujet je vous l’accorde. Le Coq Sportif, donc, va tenter de surfer sur la vague olympique. La houle, plutôt. Je cite le représentant de la marque : « La Chine n’a certainement pas besoin du soutien du Coq Sportif mais, après les turbulences liées au passage de la flamme à Paris, la marque française a pensé que prendre le contre-pied de la tendance réactionnaire nationale serait son humble contribution afin de modérer le comportement bas du front de certains de ses compatriotes. » Bas du front toi-même. Mais, toujours objectif, je pense que le principe général de la série peut donner quelques films drôles, puisqu’il s’agit d’un journaliste (français bien sûr, joué par Julien Cazarre – Action Discrète, Canal Plus) qui, n’ayant pas reçu son accréditation de la part des autorités chinoises (ah bon pourquoi ?), décide de réaliser ses sujets dans le XIIIème arrondissement (surnommé le China Town parisien j’y ai mangé un excellent Bô Boun la semaine dernière – il n’y avait pas de travers de porc). Bien entendu tout ça étant de la comm’, l’objectif reste de créer du buzz – qu’on en cause un max, donc. Aussi la marque au coq et son grand reporter parisien ont-ils l’appui de quelques noms sportifs comme Yannick et Joakim Noah, Frédéric Michalak tout seul et Potito Starace. Qui joue au tennis. Vous remarquerez l’absence de tout représentant de l’équitation, qui pourtant devrait nous rapporter des médailles… Enfin bon, le marketing a ses raisons que la raison ignore.

Et si tout ceci (l’omni-communication, les omni-Jeux Olympiques, les omnivores…) vous agace, vient de paraître un site de réseau antisocial, Hatebook, sur lequel, comme son nom l’indique, vous détestez qui vous voulez. Je vais de ce pas, avec mon cheval, créer le groupe « J’ai la haine des barrières métalliques de la forêt de Rambouillet ».

Ici : http://www.lecoqloveschina.com/
Ou là : http://www.hatebook.org/
 

 

25.06.2008

Penser très sport

464772769.jpg (Photo : Spencer Tunick – They won't allow any naked people on the grass, Vienna's Ernst Happel stadium, Euro 2008) Puisqu’il faut entraîner son cerveau qui est un muscle à l’image du poignet droit d’Herbert von Karajan, je réfléchis depuis quelques semaines avec l’agence pourquoitucours au sein d’un groupe de travail. Le thème : « Marketing sportif – les nouvelles règles du jeu ». (Paradoxalement le temps que nous y passons interdit la moindre séance de jogging. D’un autre côté j’ai perdu mon short Adidas en 1976.) L’objectif de cette étude est de se demander si aujourd’hui, à l’heure où l’on compte dix millions de millionnaires dans le monde, le sport garde encore ses valeurs intrinsèques, et si non, comment les marques pensent les sportifs – et réciproquement. Bref, sur le lien discutable entre le sport et la modernité (terme que personnellement je prends au sens baudelairien non ce n’est pas une dissertation je vous en prie restez…). Sans vouloir vendre la peau du dernier ours des Pyrénées qui n’en a pas eu, je voudrais ici vous faire part de mes premières réflexions dans la mesure où je tente d’y vendre l’équitation d’endurance (comme on dit à Florac : « un Adidas de perdu, un StudOne de retrouvé ») comme un « sport de demain ». Dans un style épicurien mâtiné de paraboles post-modernes qui a fait ma gloire de la 6ème B à la 4ème C je pose les galons d’un sport qui en mériterait davantage. Donc, voilà qu’est-ce que je dis. L’éthique du sport correspond à la culture d’une société – la corrida ne ressemble en rien au ski de fond. La question de la modernité dans le sport correspond plutôt, à mon sens, à la façon de faire coïncider les valeurs sportives admises (depuis les Grecs) – volonté de se dépasser, honnêteté, beauté du geste, éloge du corps, sens de l’équipe, motivation à la victoire (car le sport est compétition) – avec la valeur actuelle : la mondialisation. La modernité vue par le prisme du sport revient donc à imposer une éthique globale, donc à imposer des sports qui y correspondent : les sports « populaires ». Individuels ou par équipe, ces sports populaires génèrent des valeurs fédératrices – souvent liées à la morale religieuse (tu ne tricheras pas) ou au pathos (un « petit » Éthiopien sans chaussures gagne le marathon). Valeurs fédératrices nées du sport qui profitent aux sportifs et aux producteurs d’événements. Une boucle. QUELS SONT LES SPORTS DE DEMAIN ? Autre valeur fédératrice (après la mondialisation) : l’environnement. Retour aux sources de la terre (romantisme). Interrogations sur l’avenir (pragmatisme). Propositions créatrices (idéalisme). Je pense à un sport au carrefour de la nature, de la compétition et du temps politique. L’équitation d’endurance. Redécouverte du monde, de soi, du vivant. Sport individuel et d’équipe (cavalier plus cheval). Ouverture sur les innovations techniques ou génétiques. Réflexion (justement) sur la « modernité ». Voilà, vous pouvez respirer… Maintenant je souhaiterais vous mettre à contribution. La présentation des résultats de nos réflexions (parce que là je ne vous montre qu’une toute petite synthèse c’est après que ça se complique) a lieu demain (26 juin) soir. Alors si vous avez un message, une idée supplémentaire, une approche différente du sujet, je propose d’en débattre en direct avec le public. Ou mieux encore, je vous invite à venir participer aux débats. Ça se passe à la Scène Bastille (Paris) à partir de 19h00. Et comme il faut s’inscrire avant (enfin, en théorie…), je vous donne une adresse secrète – concentrez-vous, le site en question est quelque peu chaotique. Ici : http://www.levidepoches.fr/courtscircuits/