28.07.2008
Blog de cheval
Exit la version bêta, voici en ligne le tout nouveau portail de blogs signé Haras Nationaux, BlogsCheval.net – grâce auquel, ou à cause duquel vous rayez la mention inutile, je noircis quelques lignes dans la blogosphère (j’aurais pu aller ailleurs mais où mieux qu’ici aurais-je pu parler cheval ?). Alors si vous êtes vous-même chevalier, et a fortiori cavalier cavalière dresseur dompteuse clown équestre ou sœur jumelle de Nicolas Touzaint, exprimez-vous… Le fin du fin restant de convaincre votre cheval d’ouvrir le sien, de blog, mais c’est une autre affaire – essayez d’écrire « avoine » sur un clavier avec un sabot.
Ici : http://www.blogscheval.net/
12:37 Publié dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : haras nationaux, blogscheval, nicolas touzaint, cheval, cavalier, dressage, blog de cheval
17.07.2008
Vie de couple
Du 2 au 4 août à Dublin (Irlande – pas de glace dans le whisky si vous y allez) aura lieu la 4ème Conférence Internationale sur la Science de l'Équitation (ISES 2008). Le thème cette année : « Couple homme-cheval : comment améliorer notre compréhension de la gestion simultanée du dressage, des performances et du bien-être des chevaux ». Au programme, conférences et présentations orales sur l'élevage, la production, l'équitation, les performances, le comportement, le dressage et le bien-être de l'animal – sans oublier les sessions « pratiques et interactives » avec chevaux, cavaliers et présentateurs. Pour ma part je ne pourrai pas m’y rendre, je travaille à une amélioration de ma compréhension de la propension de mon cheval à devenir neurasthénique quand il voit une barrière métallique… Pour en savoir plus, ici : http://www.equitationscience.com/dublininformation.html
19:11 Publié dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : cheval, couple homme-cheval, dublin, ises 2008
12.07.2008
Tête de C
(Photo : Éric Roux-Fontaine)
De son voyage en Inde il a rapporté une sorte de proverbe expliquant qu'un homme à tête de cheval n'attire jamais l'amour. Certes – il faut dire, aussi, que les centaures de la mythologie grecque ont passé leur temps à boire ou violer des vierges prépubères, et forcément ça énervait la bourgeoisie homérienne qui, ignorant tout du pétrole à 150€ le baril, poursuivait ces malheureuses créatures à travers tous les Club Med du Moyen Orient. Donc, celui dont je parle ici s’appelle Éric Roux-Fontaine, principalement photographe de son état. Et il voyage beaucoup, Éric. Et là où il était la dernière fois, loin de l’endroit d’où il venait, il a rencontré des Rroms. (Dans les JT français, bien qu’on y parle parfois breton, on dit « gens du voyage ».) Or, qui davantage que les Rroms, perdus parmi nous, européens grégaires, souffre de ce rejet social que nous croyions disparu depuis les lépreux de Tancarville en 1712 (je cite au hasard) ? Éric Roux-Fontaine a donc shooté ces hommes ces femmes ces enfants mal aimés. Et qui dit « mal aimé » dit « tête de cheval » en indien. Vous suivez ? Au final, un travail étonnant – une série intitulée Sans maison, sans tombe, hommage au poète serbe Rajko Djuric. Des photos apparemment (impossible de savoir dans quel lieu) exposées cet été aux Rencontres photographiques d'Arles.
Et tant que vous serez en Arles (j’ai eu le malheur de dire à Arles, un jour à un vieil arlésien, il a fallu changer son pacemaker), rendez-vous donc au Magasin électrique – Parc des Ateliers. Là seront exposées des photographies inédites présentant une dizaine des artistes écuyers de l’Académie du spectacle équestre, fondée en 2003 par le patron créateur du Théâtre Zingaro, l’incomparable Bartabas. Un homme cheval, mais sans la tête. Qui aime à reprendre une phrase du violoniste Yehudi Menuhin : Parce que cela doit être aussi naturel que pour un oiseau de voler. Est-ce que vous avez déjà vu un oiseau qui se lève le matin et qui se dit : Oh, aujourd’hui je suis un peu fatigué, je ne vais pas voler !?
Ici : http://www.eric-roux-fontaine.com/
Ou là : http://www.rencontres-arles.com/ARL/C.aspx?VP3=Renderer_V...
11:55 Publié dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : eric roux-fontaine, cheval, homme à tête de cheval, centaure, sans maison sans tombe, rajko djuric, bartabas
11.07.2008
Gros bizz au vainqueur
Personnellement j’étais chez Anouar ce soir-là, sans mon cheval (qui habitait chez sa mère à l’époque). Sans voix non plus, faute de cordes vocales, qui ont cédé au second but, un peu comme une corde à linge portant des draps sous la neige. Et il était content Anouar, quand la fanfare improvisée des enfants de la rue de Clignancourt est entrée dans son restaurant – qui ressemblait plutôt, alors, à la Cigale après un concert d’Arno. Bref, je me souviens très bien de cette nuit de et-un-et-deux-et-trois-zéros on est les champions on est on est. 1998, donc, dont on fête les dix ans – à croire que nous n’avons rien gagné depuis, qu’il faille chanter les heures de gloire d’une génération dorénavant retraitée. Mais je ne suis pas le seul à me rappeler. En effet, considérant cette (rarissime) victoire des Bleus comme le déclencheur de l'industrie du sport en France, TNS Sport (qui vend du sponsoring de A à Z) et NZ Consulting (qui fait pareil mais à partir de N seulement) viennent de créer le « Prix de la personnalité du sport business français de la décennie 1998-2008 ». Bon, immédiatement je pense à Zidane (mais je me méfie de moi-même, je donnerais tous les prix à Zidane – sauf peut-être le Nobel de cuisine je ne suis pas fan de bouillabaisse). Ce prix-là va récompenser, pour son action de « meilleure contribution au développement économique du sport professionnel », soit un dirigeant d'institution sportive (club, fédération, ligue), soit un organisateur privé d'événements sportifs, soit un fabricant d'articles de sport, soit une entreprise sponsor – comme vous le constatez le prisme est large. Le lauréat sera élu par « ses pairs » (terme aussi flou qu’un sens interdit après douze vodkas) via une étude menée par TNS Sport sur la base d'une liste établie par un comité d'experts (publication de ladite liste en octobre). Si je lis entre les lignes de la phrase que je viens de recopier, il s’agirait plutôt d’un sondage à questions fermées – il faudra choisir parmi les noms d’une liste. (Je fais immédiatement une remarque objective : le fait que ce sondage soit réalisé par TNS et non par l’institut CSA, dont Vincent Bolloré vient ce jour d’acquérir 100% du capital, je me permets de penser que le gagnant pourra être autre que David Douillet, Alain Prost ou Amélie Mauresmo… Peut-être pas Thierry Henry non plus, diplomatie oblige.) Remise du prix en décembre. Si, hors comité d’experts, entre nous, l’on vous posait la question aujourd’hui, vous diriez qui, vous ?
18:52 Publié dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : cheval, tns sport, nz consulting, sport buziness, zidane, vincent bolloré, csa
04.07.2008
Otherview
Voici quelques semaines j’ai envoyé un questionnaire à différentes personnalités de l’endurance équestre. Voici la première. Catherine Noël, championne du monde de show, compétitrice internationale d’endurance et grande spécialiste des gnocchis à la crème. Comment définir (objectivement ou non) l’équitation d’endurance ? Il s’agit d’une équitation ouverte à tous sur les petites distances, et puis plus on rajoute des kilomètres, plus cela demande de la technique, de l'entraînement, des compétences équestres, de l'expérience, du feeling... Pourquoi l’endurance plutôt que le saut, le cross ou le lasso argentin ? Si l’on compare l'endurance à un autre sport équestre, même réponse : pour les courtes distances, c’est un sport ouvert à tous, sans gros niveau d'équitation, sans gros moyen financier, sans super cheval mais avec tout le plaisir que procure l'équitation d'extérieur. Et si l’on compare l'endurance à n'importe quel autre sport… En fait non, ce n’est pas comparable ! Quel principal argument utiliser pour convaincre des avantages de ce sport ? L’équitation d'extérieur. Un sport qui ne demande pas un très gros entraînement physique personnel, même à haut niveau, pas de limite d'age. Mais qui nécessite une parfaite symbiose du binôme... (Je viens de voir que la question est au singulier : il ne faut qu'un seul avantage ?) J'ajouterais néanmoins un inconvénient : c'est un sport qui se pratique à deux, ce qui veut dire qu'il y a deux fois plus de probabilités pour que rien ne se passe comme prévu. Et le binôme doit être au top le jour J. Pas simple… Les qualités (ou les défauts) d’un bon cavalier d’endurance ? Les qualités : être patient (beaucoup de préparation pour une course), froid, compétitif, observateur (de son cheval et de ceux des autres), respectueux de sa monture, capable de se remettre perpétuellement en question, calculateur, humble (comme tout cavalier digne de ce nom), ne jamais s'écouter, et être un peu casse-cou. Quant au défaut : être un peu casse-cou, justement. Même question que la précédente mais pour son cheval ? Hormis les « atouts » physiques, les qualités du cheval doivent rester comparables à celles du cavalier : avoir du caractère, être battant, courageux, persévérant, et ne pas s'écouter. Qualités qui peuvent se transformer en défaut dans la mesure où les bons, souvent, ont tendance à être un peu difficile à gérer... À quoi ressemblera l’endurance de demain ? Des parcours rapides et moins techniques, avec des pilotes plus que des cavaliers, et des machines plus que des chevaux... Voilà. Aucun commentaire. Je vous laisse réfléchir...
11:14 Publié dans Équitation d'Endurance | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : catherine noël, équitation d'endurance, cheval, binôme cheval, sport équestre
03.07.2008
CO CO
Ce n’est pas (complètement) parce que le temps se fait rare, mais plutôt parce qu’il en vaut la peine – je fais ici allusion à l’article « complètement cheval » paru ce jour dans le journal l’Humanité. (Non pas que je sois abonné aux quotidiens historiques, mais en ce moment je lis ce journal-ci en faisant le plein de ma voiture. Je ne sais pas pourquoi…) Un article signé Marie-Noëlle Bertrand, qui décrit très bien, compte tenu de ses lecteurs qu’on peut imaginer ailleurs qu’à Longchamp le dimanche, le concours complet – qui s’affiche comme le phare de l’équitation française à Pékin d’ici peu. Je vous laisse en lire quelques passages, et reviens vers vous après.
« Une ivresse raisonnable. Ou, disons, une pondération fervente. Les cavaliers du concours complet parlent en piaffer. Prudents, ils savent que la distance qui sépare le succès de la chute est ténue et rechignent à s’afficher trop confiants. Hardis, ils ne brident aucuns de leurs espoirs chinois et les expriment sans forfanteries : une médaille pour l’équipe. L’or, tant qu’à faire le déplacement. Pareil, voire plus, en individuel. Pas d’emballement, ni de cabotinage. Juste un regard posé sur leurs dernières victoires qui les autorisent à tout croire, les forcent à tout redouter, et hissent leur discipline au rang de celles les plus attendues lors des prochains JO.
[Ce qui sort la discipline], du même coup, de la discrétion tamisée dans laquelle elle restait confinée. Non que le complet ait été oublié ou snobé. Mais longtemps, le concours de saut d’obstacles (CO) a brillé plus que lui. Certains, pour illustrer, usent de comparaisons. Le CO serait à l’équitation ce que la Formule 1 est aux sports mécaniques et le foot aux sports collectifs. Médiatique et lucratif. Comme le rallye et le rugby, le complet a quant à lui progressé en toute confidence, les deux pieds les deux mains dans la boue, loin des paillettes et des jeux d’argent.
C’est une discipline d’excellence dans laquelle les Français ont toujours brillé, explique Pascal Dubois, directeur technique national de la Fédération française d’équitation. Une affaire d’exigences éclectiques, héritière de l’équitation militaire. Chevaux et cavaliers devaient pouvoir défiler sur les Champs-Élysées, charger sur les champs de bataille, et récupérer leur capacité dès le lendemain, poursuit-il.
Traduction sportive et pacifiste : le dressage s’impose généralement en première épreuve. En finesse. Elle exige de tendre sa monture, de lui donner du ressort. Le trot est aérien, le galop rassemblé, et le pas cadencé. Le juge observera le liant des transitions, la régularité de l’allure, la légèreté des aides. Deuxième temps : le cross. Physique, endurant et risqué. Les obstacles naturels s’égrènent sur quelques kilomètres. Les chevaux forcent leur allure, allongent les galops, ventre à terre, et étirent leurs sauts. S’affirment téméraires, aussi, face aux masses et aux vides. Troisième temps : le saut d’obstacles. Les barres sont moins hautes et les enchaînements moins techniques que pour un CO classique. Là, tout se joue sur la capacité de récupération de la monture. Sa faculté à revenir au calme pour se tendre à nouveau, sans rien lâcher de sa puissance.
Et sur tout cela, ne montrer aucun point faible. Le complet est la synthèse de trois disciplines, conclut Thierry Touzaint, entraîneur national et sélectionneur de l’équipe de France. Depuis 1993 qu’il occupe cette fonction, il a ramené 19 médailles à la France. Une expérience de l’oeil, qui veut que le sien repère non seulement les bons chevaux et les bons cavaliers, mais ceux qui, ensemble, formeront le bon duo.
Car le complet est aussi une affaire de couple. Un cheval, un cavalier. Une rencontre et des années de travail. Avec Espoir de la Mare, le déclic a été immédiat, raconte Jean Teulère. En 2002, l’homme et son cheval étaient sacrés champions du monde. En 2004, ils étaient champions olympiques par équipe. Des hauts, après des bas depuis leurs débuts, en 1994. Je l’ai essayé. Et j’ai senti. Des capacités évidentes. Une propulsion, un équilibre. Une habilité à résoudre un problème face à un enchaînement d’obstacles.
Un foutu caractère, également. Disons qu’il avait une opinion de l’équitation différente de la mienne… Plusieurs années de travail avant de trouver le bon consensus. Des espoirs, des gadins. Et, depuis six ans, des victoires à la chaîne. Symbiose acquise entre l’homme et sa monture ? Les mots dithyrambiques ne sont pas nécessaires, rectifie le cavalier. Il s’agit juste de réussir à capter l’attention du cheval, à le faire adhérer aux exercices qu’on lui propose… À faire qu’une aide grossière devienne un effleurement, presqu’une pensée. Une habitude. »
Attention c’est moi… Outre le fait qu’un quotidien généraliste puisse ainsi prescrire l’équitation comme remède culturel, une remarque m’envahit. Quasiment partout, dans cet article, nous pourrions remplacer CO par Endurance. Et pourtant non, c’est bien CO. Pourquoi ? Peut-être devrais-je poser la question à Marie-Noëlle Bertrand. Mais peut-être, aussi, ne connaît-elle pas ladite discipline. Il est vrai qu’elle ne figure pas au catalogue JO. Pourtant, Pékin aurait été la bonne place pour faire cette révolution-là.
22:14 Publié dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : coco, l'humanité, marie-noëlle bertrand, longchamp, complètement cheval, cheval, concour complet
27.06.2008
Hareng-rouge
Ce dessin, là, sur votre gauche, reste une énigme. Des cheveux mal coiffés une oreille mal lavée une trompe d’Eustache schématisée un cheval qui en sort. Un mystère. Ou plutôt un teaser – un message énigmatique qui capte l’attention du public jusqu’à sa révélation qui généralement nous fait dire Ah ! C’était une pub ! suivi souvent d’un Bon bin y’avait pas de quoi en faire un plat… Mais cette fois il y a un cheval. Et pourquoi un cheval ? Pourquoi pas un lion ou un crocodile – vous me direz ce serait trop simple ce serait une publicité pour une barre chocolatée qui colle aux dents carnivores ou pour les polos d’un champion de tennis français très à la mode jusqu’à l’invention de la Wii. Et bien je ne sais pourquoi un cheval – enfin j’ai bien une idée mais j’aime beaucoup le côté suspens de la chose… Suspens insoutenable à supporter jusqu’au mercredi 2 juillet, date à laquelle aura lieu, si j’entends bien les bruits qui courent sur le blog 3girlsinparis, une grosse soirée qui révélera, donc, la marque qui se cache derrière – une fête qui sera la bienvenue après le vernissage, le même jour, de l’exposition Red Line, présentée par Jean Dolande, qui, si elle peut valoir le détour, s’annonce intellectuellement alarmiste en dénonçant les différents « états d’urgence » de la société. Pendant ce temps-là, les chinois s’ouvrent au marché du caviar, qui prévoient d’en produire 80 tonnes par an d’ici 2010. Ça changera des tartines de Nutella…
Pour tenter de résoudre le mystère, ici : http://3girlsinparis.blogspot.com/2008/06/mystre-boule-de...
13:35 Publié dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (4) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : cheval, wii, 3girlsinparis, red line, caviar, caviar chinois, nutella
18.06.2008
Seraincourt de philo
Peut-on désirer sans souffrir ? Je vous rassure je vais bien je ne suis pas sous Valium (de toute façon je préfère la vodka). Je ne fais ici que citer le sujet libre du bac philosophie de cette semaine. Et pour me faire une idée de ce que j’aurais pu répondre si j’avais eu moi aussi à trimballer mon stylo plume entre les poids lourds en grève, je m’en vais réfléchir tout haut à travers une parabole (je parle de la figure de style et non pas d’une antenne ronde qui ressemble à une boîte de coulommiers géante je dis ça pour les CE2 qui me lisent le samedi matin en repeignant leur couette de corn flakes). Donc, dimanche, je participais à une course d’endurance, quarante kilomètres à Seraincourt dans le Val d’Oise. Ce que je désirais : gagner. Bin oui, quoi d’autre ? Notre stratégie était simple. Première boucle à 13,5 Km/h avec Canyon (un trotteur français gagneur) devant. Deuxième boucle à 14 avec Voldenuit (mon cheval – un arabe pur jus) en tête. Mais en arrivant sur place, à l’aube vers 9h30, nous rencontrons une copine et son cheval (Cyrano – un selle français), discutons, et décidons de courir ensemble, à trois, donc, si je compte bien. En attendant le départ, nous nous occupons comme nous pouvons. Voldenuit, pensant peut-être apercevoir un lombric psychopathe, cabre et arrache l’anneau de son filet-licol (que nous réparons avec un mousqueton – merci Christine), et m’ampute au passage de l’annulaire droit. Nous passons néanmoins le vet gate dans la joie. Départ. Canyon et Cyrano partent devant. Voldenuit et moi-même suivons à une cinquantaine de mètres. Et là, je m’aperçois que ces deux C sont des trotteurs. Et un trotteur, ça trotte. Ça trotte même à la vitesse d’un cheval au galop. Sauf qu’un cheval au galop galope plus vite qu’un trotteur trottant. Vous suivez ? Donc vous comprendrez combien j’ai souffert pour désirer jusqu’au bout. Trois heures durant je me suis battu pour maintenir mon cheval à un petit galop correspondant au grand trot des deux C – car petit galop vaut mieux que grand trot, comme on dit dans le bas-Poitou, où l’on pratique beaucoup l’endurance. C’est comme suivre une 504 diesel avec une Renault Fuego (pour ne froisser personne je choisis volontairement des modèles disparus depuis 1913). Malgré un terrain probablement importé des Flandres hivernales, où les VTT ne vivent pas vieux, nous avons tenu une moyenne supérieure à 14. Certes, je désirais les 15 – vitesse maximale autorisée dans ce genre d’épreuve. Mon cheval ayant une faculté de récupération de sportif, je pouvais donc imaginer un podium. Mais voilà. Le problème, dans une course, ce sont les concurrents. Comme disait Jean-Paul Sartre, terrassier visionnaire d’avant l’interdiction de fumer dans les lieux publics : L’enfer c’est les autres. Et justement, trois d’entre les autres avaient atteint les 15. Ah souffrance ! Ah désir ! Ah là là. Voldenuit et moi-même finissions quatrièmes, derrière – consolation – trois champions de la discipline (dont le vainqueur de la 90 de Rambouillet). Alors, perdu dans les affres d’une douleur brûlante au désir (et à mon annulaire droit qui ressemble alors à un genou), abattu par cette impression d’échec que connaissent bien les traders qui reçoivent une prime hebdomadaire inférieure à douze millions, portant sans cœur mon lot de consolation (une plaque en plastique noir et blanc), las, sans voix, j’ai pris une décision grave. Avaler une seconde assiette de cette excellente paella, qui m’a redonné goût au monde animal – moules, crevettes, poulets et chevaux. S’il faut souffrir pour désirer, il faut désirer pour désirer souffrir encore.
12:06 Publié dans Équitation d'Endurance | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : seraincourt, course d'endurance, endurance, vitesse endurance, cheval, rambouillet, bac philo
09.06.2008
Sur le bon cheval
Bon et bien voilà. La fin d’une époque. Celle des bérets du dimanche matin, maïs éteinte (pour les plus jeunes et les plus sportifs d’entre vous, la maïs est une cigarette orange qu’il faut rallumer environ 800 fois avant de l’écraser, ou de s’endormir) au coin des lèvres, yeux rivés sur des journaux roses et jaunes. L’époque de nos grands-pères (enfin pour ce qui me concerne, vous pouvez remplacer par tout autre généalogie), disparaissant à l’heure de la messe jusqu’à celle du rôti de porc (enfin pour ce qui me concerne, vous pouvez remplacer par tout autre blanquette de veau). Bref, le gouvernement vient d’annoncer un projet de loi (soumis au Parlement courant automne 2008) sur l’ouverture en 2009 des paris en ligne – sous la pression de la Commission européenne, qui menaçait la France de sanctions cause monopole de la Française des Jeux et du PMU. Donc, second semestre 2009, ouverture « partielle » du marché des jeux et des paris sportifs sur Internet. « Partiel », car pour le ministre du Budget, Eric Woerth, « cette évolution ne concernera pas les jeux et paris dans le réseau physique ». C’est sûr. Personnellement je vais quand même parier sur le web – car on pourra toujours fumer une Gitane (maïs, donc) devant son écran…
11:53 Publié dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : cheval, paris en ligne, loi sur les paris en ligne, commission européenne, française des jeux, pmu, éric woerth
04.06.2008
Les éponges anonymes
Le Massachusetts Institute of Technology (MIT pour ceux qui n’auraient pas le temps de tout lire) vient de mettre au point un buvard capable d’avaler les marées noires. Une feuille hydrophobe (qui n’aime pas l’eau donc – j’en connais d’autres…), constituée de nanofibres (des fibres nanopetites donc), qui peut absorber vingt fois son poids en huile ou en hydrocarbure. Du coup elle peut « extraire un polluant d'un milieu aqueux sans jamais s'imbiber d'eau ». Je ne sais pas comment ça marche mais ça marche. Avec une mégafeuille (j’invente le terme hein, ne le recopiez pas dans vos dissert’), on éponge n’importe quelle fuite en provenance d’un cargo incontinent. Très fort. Je me demande, toujours pragmatique, si je pourrais en tapisser le sol du box de mon cheval…
11:40 Publié dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : massachusetts institute of technology, mit, buvard, box, cheval



