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09.10.2008

Bréviaires est un autre jour

Si vous n’y étiez pas, et nous le saurons à l’absence de Kleenex dans vos poubelles (je fais ici allusion à un article paru hier dans Ouest-France qui mettait en garde ses lecteurs contre la recrudescence des hold-up d’ordures ménagères, susceptibles de pouvoir renseigner les malfaisants sur vos coordonnées bancaires paranoïa quand tu nous tiens tu nous tiens bien), la course d’endurance des Bréviaires, les courses, même, se sont parfaitement déroulées. Hormis, comme le laisse comprendre cette phrase d’introduction que Word trouve trop longue, la pluie du matin, le vent de l’après-midi et le noir du soir. Personnellement j’ai beaucoup souffert des deux premiers, vu qu’à la nuit tombée je me suis réfugié, pour la remise des prix, au fond du manège de ce haras (national) post-mitterrandien (j’ai lu ça sur un des panneaux retraçant l’histoire du lieu : inauguration en 1981, quand je pensais voir surgir le fantôme de Louis XIV). Donc j’avais ma part de responsabilité dans le déroulé de l’événement, en tant que membre (activé pour l’occasion) de l’association Enduro Cheval, par ailleurs organisatrice du Raid Yvelines. J’étais donc sur place, dimanche, à 6h30 heure locale bien que mes paupières eurent été aussi lourdes dans n’importe quel autre hémisphère. Un certain nombre de cavaliers étaient déjà là (sur le parking que Christine, GO du jour, m’avait confié), pour certains encore endormis sous leur tente. Les chevaux présents bien réveillés dans les vans, malgré un départ prévu pour 8h00 – un conseil, offrez à votre monture une montre pour Noël, il vous laissera peut-être dormir un peu les jours de compétition. Durant cette heure et demi d’attente, je dois avouer avoir été victime d’une grande solitude, perdu dans la pénombre entre une pluie sans pitié et un vent sans un gendarme pour l’arrêter. Mais vers dix heures j’étais sec, les 123 participants avaient pris le départ, et les cavaliers de la 90Km avaient presque tous terminé leur première boucle. Le vent continuait de prendre du poids, soulevant gentiment la bâche couvrant l’espace buvette, qu’il faut toujours savoir repérer. Après quelque café sandwich pâté, Patrick, chef du vet gate, me tombait dessus pour me confier la délicate mission de noter l’heure d’entrée des chevaux dans le carré vétérinaire.
– Alors tu regardes l’heure tu la reportes sur cette feuille-là et sur le carnet, là.
– Là ?
– Oui, là.
– Bon.

Bon. Deux heures durant, donc, dans le froid de ce vent du nord t’as voulu voir Vesoul, j’ai dû réchauffer l’encre de mon feutre entre mes doigts stalagmités. Mes oreilles tombèrent les unes après les autres (je n’ai pas compté combien). Les poils de mon torse se figèrent jusqu’à ressembler à un tapis de fakir. Mon nez ressemblait à une balle de tennis servie par Nadal dans une assiette de ketchup. Et bien figurez-vous que ces petites gênes n’étaient rien comparé à ma frustration de ne pas courir sur ce parcours que tout le monde qualifiait de « top » – onomatopée postillonnante synonyme de l’expression plus populaire dans les cours d’école : « grave trop bien ». Et puis j’aurais apprécié que mon cheval se sorte les doigts du nez (expression rarement utilisée pour un cheval on se demande pourquoi) pour concurrencer les premiers, voire la première, en la personne de Michka de Navarre, montée par Jean Michel Jorelle. Quoi qu’il en soit, bravo à eux deux – aux autres aussi mais je ne peux pas citer tout le monde alors si vous voulez la liste complète des résultats, vous allez là : http://endurodesbreviaires.blogscheval.net/

Un bémol néanmoins – indépendant de notre (très forte) volonté. La remise des prix, qui n’a pu avoir lieu que deux heures après l’arrivée du dernier concurrent. Deux heures pendant lesquelles il a fallu gaver un ordinateur des tartines chiffrées des chronos et autres rythmes cardiaques. Nous avons ainsi répertorié 19 typologies de course (Amateur, Pro, semi-Pro, quart d’Amateurs vitesse libre, demi-huitième de semi-Pro vitesse imposée, Pro junior semi Amateur 3, etc, etc). Ce qui représente 10 puissance 19 (j’arrondis) lignes à se palucher sur Excell. Or, pour être validés, les résultats, dont dépend la carrière des chevaux, doivent obligatoirement – dixit le règlement FFE qu’on imagine parfois troublée – être énoncés devant l’ensemble des participants (sous peine de réclamation et d’annulation de la course). Mais après deux heures d’attente, la moitié des cavaliers étaient partis sans leur prix (en espérant que la FFE considère la moitié des participants comme étant représentative de l’ensemble). Je lance donc un appel à notre Fédération Française d’Équitation : de grâce, facilitez la vie des concours (je me permets d’évoquer les autres disciplines, notamment le CSO, dont les rendez-vous peuvent rassembler 500 cavaliers – doivent-ils louer la moitié des PC de la NASA pour calculer le gagnant ?) en simplifiant vos règlements, auquel seuls les Bacs+17 comprennent ne serait-ce que le sommaire. D’avance merci.