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11.10.2008

Mon cheval en rouge à lèvres

80119764.jpg(Photo : Cécile Septet)

J’étais voici 48 heures parmi la centaine de blogueuses de la Wii-filles, quatrième du nom, dans une galerie très coquette de la place des Vosges. (La Wii-filles, pour ceux qui écoutent encore RTL, c’est la soirée, organisée par l'agence Balistik Art, qui regroupe les principales relais d’information web sur les secteurs mode, cosmétique et luxe). Peut-être vous posez-vous la question de savoir ce que je faisais là, dans une soirée de filles. C’est légitime. Je vais commencer par lever quelques suspicions : non, je ne traîne pas mes shaps sur les traces de jupettes fraîches ; non je ne poursuis pas les boums où boire à l’œil (je l’ai fait, voici longtemps, comme tout adolescent parisien qui dépense tout son argent de poche dans la dernière Fred Perry import) ; non je ne suis pas insomniaque, tant que mon voisin ne répète pas Chopin avec sa flûte traversière électronique. Cela dit, je ne regrette pas cette soirée au cours de laquelle même les cocktails étaient rose (personnellement je suis resté au blanc, par goût et/ou par réflexe masculin…). Pourquoi j’étais là, donc (hormis le plaisir, quand même, de discuter avec deux ou trois copains tous sexes confondus, et de me détendre cinq minutes au milieu d’une baignoire de marbre agrémentée de ses naïades) ? Suivez mon raisonnement.
Un cavalier sur deux est une cavalière. Une cavalière est une femme. Une femme (globalement) porte une importance particulière à tout ce qui touche son corps (des tongs en osier au shampoing aux herbes). Pourquoi, dans ces conditions, les magazines féminins, intégralement dédiés aux produits pour nous les femmes, ne s’intéressent absolument pas à une équitation complètement féminisée ?
Or, je n’ignorais pas la présence de plusieurs journalistes (fille, évidemment), dans l’assistance. J’ai donc réalisé un petit sondage, et le résultat ne m’étonne pas. Aucune, parmi les journalistes (charmantes) interrogées, malgré le caractère CSP+++ des grands rendez-vous équestres (Qatar Arc de Triomphe, Deauville, polo, etc – événements synonymes de luxe en tant que lieux réservés à une upper-class), n’a conscience de la surféminisation d’un « sport de cow-boys et de Bidochon au PMU ». Quant à l’endurance, toutes se trouvèrent bouche bée (une certaine fierté m’envahit en écrivant ces mots je ne sais pas pourquoi) à l’annonce de mon estimation de la taille des chèques qui peuvent y circuler. Si la femme est l’avenir de l’Homme, il y a encore, semble-t-il, du travail pour en faire le futur de l’équitation. D’ailleurs mon cheval refuse toujours de porter un tapis de selle rose. C’est un signe…