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19.05.2008

Vol plané sur Voldenuit

Hier, alors que des grêlons de la taille d’une pastèque nous tombaient sur la bombe, Voldenuit (arabe dans la force de l’âge qui m’arrive de Milan), mon cheval, et moi-même faisions une séance d’entraînement classique en préparation d’une non moins traditionnelle quarante kilomètres que nous espérons tous les deux sous le soleil. Là, à l’orée de ce bois qui annonçait un répit relatif après vingt bonnes minutes de pastèques au milieu de la plaine, une barrière en travers du chemin. Une barrière comme toutes les barrières. Il y en a des dizaines, des barrières – on ne sait pas pourquoi mais elles sont là. Nous approchons. Je suis trempé ça caille je n’aime pas l’eau. Nous amorçons le contournement par la gauche. Je ne fais pas attention, et Voldenuit, comme toujours, colle l’intérieur du virage. Mon genou reste coincé en faisant un petit bruit métallique, genre une mouche qui se pose sur une cloche. Radical. Le cheval part au galop, me laissant suspendu à ladite barrière, horizontal, ridicule. La fraction de seconde qui suivait, j’étais vautré sur le dos, dans une mare de bouillasse froide et molle beurk. Un trou dans le genou gauche (et dans mon Stud One – putain, non !), une épaule à droite, une vertèbre dans les cailloux… J’ai rattrapé Voldenuit cent mètres plus loin, qui broutait une poignée de fougères en décoction. Moralité : le cheval nécessite une concentration de tous les instants. Ça faisait bien cinq ans que je ne m’étais pas vautré comme ça. Enfin, depuis un cheval…